Abdel1 Administrateur

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Joined: 08 Jun 2008 Posts: 161 
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Posted: Mon 22 Sep - 22:11 Post subject: Traduire : les enjeux |
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La traduction est un art à part entière. C'est aussi un métier qui a sa propre déontologie.
L'éventail de la traduction est large. On part de la simple traduction littérale d'un mot, à celle d'un texte selon sa nature : littéraire, juridique, technique, scientifique...
La traduction peut être spontannée et orale , ou écrite. La portée demeure inchangée : respecter le contenu traduit, en respecter l'esprit et la lettre.
La traduction n'est pas un acte fortuit ou désintéressé, car elle engage tout un fond de devoirs , de droits, d'acquis, de bienséance. Tout un système scientifique qui a ses règles propres.
Rechercher le mot juste qui traduit un droit, une sanction, une approbation, une désapprobation, une invitation voilée, un refus ou une acceptation tacite, n'est pas une mince affaire mais affaire de spécialiste. L'enjeu est de taille selon la destination de ce qui sera traduit, l'instance qui recueillera la traduction, l'autorité qui l'approuvera, la personne qui en bénéficiera, celle qui en sera défavorisée.
La traduction touche donc la véracité du texte, la signification exacte qu'il porte. Elle peut induire en erreur si elle est mal menée ou malmenée.
L'aspect technique de la chose traduite n'échappe pas non plus à cette rigueur : un schéma ou un dosage mal traduits auront des conséquences néfastes.
En diplomatie, on interprète plus qu'on traduit, le discours étant plus codé que clair, et un mot mal traduit peut avoir des conséquences difficiles à dissiper par la suite.
Bref, traduire n'est pas simple et n'est pas innocent. Une rigueur morale et une neutralité absolue, associées à une maîtrise du métier, sont à observer en tout temps.
Et pour la littérature et la poésie ?
L'enjeu majeur , à mon sens, est de ne pas dénaturer la portée artistique ou humaine du texte initial.
Rendre compte des sentiments et sensations de l'auteur, produire le même effet dans une autre langue nécessitent également du grand art, de la minutie des mots exacts à proposer.
Peut-être que l'enjeu est moins important, sauf à porter tort au texte initial et donc à l'auteur, et donc à de potentiels lecteurs-admirateurs, et donc de nouveau à l'auteur...
En littérature et poésie, je pense qu'on ne devrait traduire que ce que l'on aime vraiment et que l'on pense utile à transmettre dans une autre langue. Cette charge d'amour du texte, d'émerveillement , peut être garante d'une bonne traduction d'un vécu ou d'un ressenti face au texte.
Il s'agira alors non pas de traduire un texte dans l'absolu, mais de traduire son propre ressenti, sa propre réaction, qu'un autre traduira différemment ...
Mince alors ! ce qui revient à dire que la aussi il faut plus de rigueur, de neutralité, de connaissances fines des mots à proposer, sinon l'auteur visé serait l'objet de traductions multiples et contradictoires, donc n'aboutissant à rien sauf à ternir sa notoriété d'origine.
Néanmoins, s'exercer à traduire n'est pas un mal en soi, d'autant qu'il permet d'ouvrir des fenêtres sur d'autres mondes, d'autres styles, d'autres formes de pensées et de modes de vie. C'est un moyen de permettre le dialogue, la communication et la compréhension entre tenants d'aspects civilisationnels différents, de valeurs culturelles différentes.
L'instrument, même s'il manque d'efficacité, aura le mérite de tenter de rapprocher, de se faire entendre et s'apprécier mutuellement.
Un beau métier, facteur de cohésion, d'entente et de partage du progrès et des valeurs universelles. _________________ La passion nous persuade toujours qu'elle fait nos affaires, et ne fait jamais que les siennes. Compte de Belvèze |
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