http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: Zak et Lehla (1)
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Zak et Lehla (1)
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yasmina
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MessagePosté le: Dim 19 Oct 2008 - 10:46    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Bonjour, voilà j'ai retravaillé mes premier et deuxième chapitre, j'avance très lentement parce que mes études de droit sont très prenantes, enfin doucement mais surement j'espere!
Bref, il y a d ptites erreurs de frappe... J'espere ke vous ne m'en tiendrez par rigueur!
En tout cas je laisse ce texte à votre libre appréciation! Ne vous efforcez pas d'être gentil les critiques sont constructives!!







ZAK ET LEHLA       






Introduction  




La vie est un peu une route sablonneuse conduisant vers le Soleil. Si parfois il y a du brouillard, très vite le ciel se dégage à nouveau et l’espoir renaît.  

Mais la nature peut être viciée.  

De temps en temps, une étoile très brillante se pointe à l’horizon. Alors on la suit, persuadé d’avoir trouvé ce que l’on cherchait. Elle nous détourne de notre chemin, et pourtant on ne se pose pas de question. On se contente d’aller vers elle, éblouit par sa grâce et sa lumière, jusqu’à ce que l’on se saisisse d’elle et que sa beauté se change en pierre noire immonde. Alors elle nous éclate au visage, et si ces blessures finissent par disparaître, la plaie de notre cœur demeure éternellement.  

Puis c’est comme le réveil. On ouvre les yeux et on se rend compte qu’on s’est égaré dans une forêt dense aux arbres morts, enracinés jusqu’aux entrailles de la Terre, et dont la cime touche les cieux. Un lieu plongé dans l’obscurité, et le silence le plus total.  

Notre chemin est loin. Le Soleil également. Il n’y a plus d’espoir.  











1       
       
       
« La serrure protège la porte, la sagesse protège la fille »       


             Il était presque midi, et sous un soleil haut et brûlant, Lehla avançait, un immense cabas à carreau dans une main, un pan de sa djellaba dans l’autre pour pouvoir accélérer le pas à sa guise sans risquer de trébucher.
Les yeux rivés sur le sol jaune sablonneux et parsemé de détritus, elle se répétait la liste des courses une énième fois afin de s’assurer n’avoir rien oublié. Elle shoota nonchalamment dans un pot de Raïbi* cent fois piétiné, il alla se cogner violemment contre un tas d’ordures recouvertes de poussière.
Epuisée par cette longue course au Souk par une telle chaleur, il lui tardait d'arriver chez elle pour pouvoir s'assoir au frais. Sillonnant les rues presque vides de son quartier, elle tourna sur une petite ruelle à sa droite et s’avança entre les vieilles bâtisses aux murs gris et jaunes.

« Tu veux que je t’aide, ma sœur ? » entendit-elle une voix masculine lui demander poliment.

           Surprise, elle sursauta. Elle n’avait pas entendu les pas légers derrière elle.

« Non merci », répondit-elle aussitôt sèchement, sans lever son regard du sol aux pavés maladroitement disposés.
 
           Lehla maudit son ton cassant. Après tout, il avait une jolie voix, cet homme qui lui avait gentiment proposé son aide, mais elle doutait qu’il ait fait cela par simple altruisme. Les hommes étaient ainsi, ils voyaient un intérêt dans chaque entreprise, chaque proposition, la plus futile fût-elle. Et les femmes devaient apprendre à s’en méfier et à déceler chacune de leurs intentions.
Par exemple il était clair qu’à la façon dont il avait susurré sa demande, et celle dont Lehla avait sentit ce jeune homme la détailler du regard des pieds à la tête, cet idiot ne se serait pas contenté de la raccompagner aimablement chez elle ! Il lui aurait fait entendre à la fin de la tâche que tout travail méritait récompense « tu ne crois pas, Zine ** ? », n’aurait-il pas manqué d’ajouter. Et elle aurait mis un temps fou à se débarrasser de ce parasite qui aurait sûrement persisté en continuant à rôder sur les lieux les jours qui suivraient, tel une abeille autour d’une ruche. D’ailleurs elle n’avait jamais compris ce comportement. Qu’espéraient-ils, au juste, à attendre bêtement devant la porte d’innocentes jeunes filles, et à passer et repasser en face des dizaines de fois sans apparemment jamais se lasser ? S’imaginaient-ils qu’elles changeraient d’avis ? Qu’un jour, après mûre réflexion, elles se jetteraient dans leurs bras ? Ou peut-être se disaient-ils qu’à force, de peur qu’ils n’attirent l’attention de leurs frères ou autres hommes de la famille, elles ne se résigneraient à les voir rien qu’une minute, s’attendant à ce qu’ils laissent tomber leurs magouilles ? Alors ils sauteraient sur l’occasion tels des fauves qui avaient attendu patiemment leur proie, et useraient de leurs baratins pour les attirer dans leurs filets… Et ils savaient malheureusement se montrer très convaincants. Voilà pourquoi il ne fallait leur laisser aucune chance !
Arrivée au coin de la rue, Lehla se tourna pour jeter un bref coup d’œil à son interlocuteur. Il la guettait toujours de loin, affichant un sourire benêt.

            « C’est pas vrai ! » s’exclama la jeune fille avec rage, furieuse contre elle-même.

            Pourquoi avait-il fallu qu’elle tourne la tête ? Elle grimaça, pressant le pas pour semer l’individu. Maintenant qu’elle avait croisé son regard, cet abruti s’imaginerait sûrement qu’il lui plaisait, et il se mettrait à la suivre ! Mais elle ne faisait pas partie de ce genre de fille qui


*Raïbi est une marque connue de yaourts.
** Zine, cela veut dire "beauté" en arabe.




recherchait une simple amourette. Elle attendait le grand Amour. Un de ces amours bollywoodiens platonique où il suffisait aux deux personnages de se regarder dans les yeux pour s’éprendre l’un de l’autre, comme Sharukh Khan et Kajol dans Kabi khuchi kabi gham, ou encore Kuch kuch hota hai.
Elle jeta un rapide coup d’œil derrière elle. Le garçon n’était plus là. Elle ralentit le pas en soupirant. Elle avait été ridicule. Peut-être après tout avait-il simplement voulu l’aider ? Elle haussa les épaules. De toute façon, elle arrivait chez elle. Elle voyait la grande porte grise décorée de losanges bleus lui faire face. Le sol autour du perron de pierre était mouillé, sa mère avait sûrement profité de l’absence de tout le monde pour faire le ménage. Elle poussa la porte et entra sur la pointe des pieds.

« Maman ? lança-t-elle.
_ Vas-y entre, c’est sec », répondit immédiatement sa mère, de la cuisine.

            La maison était construite comme toutes les vieilles bâtisses traditionnelles, autour d’un patio central. Mais si dans les plus riches demeures marocaines il était doté d’une fontaine, le leur, étroit et très modeste, était simplement décoré de plantes en pots, des cactus, et on y avait mis l’immense four à pain car il n’y avait pas de place dans la cuisine. De plus on y trouvait quatre chaises de jardin blanches et une grande table, que sa mère avait eu l’idée de placer là pour les doux soirs d’été.
Il s’en dégageait pour lors une bonne odeur de pain aux sésames tout juste sortis du four.
Lehla alla fermer la porte du patio à contrecœur, il faisait trop chaud pour profiter de la lumière qu’il offrait à toute la maisonnée. Elle s’affala sur le canapé d’une pièce centrale devenue terne par son obscurité, malgré les zelliges jaune et bleu décorant les murs comme les étoiles ornaient le ciel. A droite, le patio donnait directement sur la cuisine, beaucoup plus petite, et pavée de la même faïence. Lehla vit sa mère en sortir, impatiente, les mains sur les hanches.

« Alors, qu’est ce que tu attends ? Que la bonne vienne récupérer le sac peut-être ? »

            La jeune fille sourit, traînant les pieds jusqu’à la cuisine.

« Il est lourd ton sac, qu’est ce que tu crois ? » s’exclama-t-elle.

            Sa mère en extirpa la pastèque et les deux kilos de tomate, ainsi que celui de poivrons verts. En théorie, dans la famille, c’était à l’homme de la maison de se rendre au Souk pour faire les courses, mais depuis la mort de son père, deux ans plus tôt, Lehla et sa mère devaient se coltiner le sale boulot. Elles auraient pu envoyer son frère Yazid, mais il n’était jamais à la maison, à croire qu’il passait son temps à faire Dieu savait quoi. Enfin il travaillait parfois, seulement des petits emplois passagers, rien de bien sérieux. Le reste du temps, il le passait à la Medina ou à Hamria avec ses amis, si ce n’était à l’espace multimédia du coin à surfer sur internet. Mais personne n’arrivait à lui en vouloir longtemps, car bien au-delà de sa fainéantise, il était très généreux. Juste le mois dernier, il lui avait offert cette jolie paire de sandales dorée tant convoitée, alors qu’il aurait très bien pu s’offrir cette belle sacoche beige de contrefaçon qu’il voyait tous les jours en passant devant le hanout* d’Hassan, au bout de la rue.

« Ca a été ? Jamal ne t’as pas monté le prix des pastèques ? l’interrogea sa mère.
_ Non, cinq dirhams l’une ».

            Sa mère acquiesça en signe d’approbation.

« Va ranger le salon, tes grands parents ne vont pas tarder à revenir », lança-t-elle avant d’aller dans le patio, sortir le pain du fourneau.

            Lehla passa dans le patio et se rendit dans le salon aux murs beiges. Elle avait retiré ses sandales à l’entrée pour éviter d’en salir le tapis à grands motifs persans rouges et verts. Au centre de la pièce, une vaste table basse en moucharabieh de forme octogonale s’imposait, entourée de poufs orange et bruns en cuir de chèvre. Quatre banquettes de moucharabieh surmontées de petits matelas bruns et décorées de multitudes de coussins assortis longeaient trois des murs, le quatrième étant réservé à la grande étagère de fer forgé qui portait la vieille télévision. Et dans les coins, l’on pouvait remarquer quatre guéridons en thuya, recouverts de petites nappes de dentelle blanche.
Lehla s’efforça d’arranger les housses des matelas qui avaient glissé pendant la nuit. Parfois, ses grands parents dormaient sur les banquettes dans le salon, à cause de l’insupportable chaleur. Ils n’avaient pas trop le choix, leur chambre à coucher était située à l’étage, et là-haut, la température était d’autant plus accablante.
La jeune fille vivait avec ses grands parents depuis la mort de son père, sa mère avait décidé de quitter la maison où ils avaient vécu tant d’années à cause des souvenirs douloureux qui l’y suivaient. Lehla aussi avait ressenti cela, longtemps elle avait eu le sentiment que son père était toujours présent. Il était là en chaque objet, même le plus anodin. Elle le voyait à chaque coin de la maison. Il avait été assis sur ce fauteuil, avait visionné cette télé, avait bu dans ce verre, s’était épongé le front avec cette serviette… Tous ces souvenirs, toutes ces images avaient rendu la vie là-bas impossible. Alors après avoir vendu la maison à quelques autres personnes dont la vie était encore pleine d’ambitions, sa mère avait décidé d’aller s’installer chez ses parents avec ses enfants. Sa seule aspiration dans la vie n’allant guère plus loin que de les voir se marier et fonder une famille à leur tour. La concernant, elle n’avait aucunement le désir de refaire sa vie.
Une fois sa corvée finie, Lehla gagna la pièce qui lui avait été affectée dans la maison, la seule chambre du rez-de-chaussée, à côté de la salle de bain. Elle était assez petite, et la peinture beige sur les murs s’effritait par endroits, c’était une pièce assez pauvre en mobilier et en décorations, elle possédait pour tout équipement deux vieilles banquettes, dont l’une servait à la jeune fille de couche, et une ancienne armoire dont la serrure avait été détériorée par le temps et l’usage. Seul un miroir en fer forgé ornait l’un des murs. Malgré cela, la jeune fille aimait y passer du temps. Elle s’y sentait tranquille, et c’était la seule pièce où elle pouvait rêvasser sans y être dérangée…

« Lehla, t’as rangé le salon ? » lança sa mère dans l’entrebâillement de la porte après l’avoir ouverte violemment.

           Enfin presque…

« Oui maman, je l’ai rangé ! »

           Sa mère avait déjà claqué la porte sans même attendre la réponse, Lehla entendait ses sandales claquer contre le sol plus loin dans l’entrée.
Ainsi, en général, cette pièce lui était réservée. Elle se pointa devant le miroir de forme rectangulaire, observant son allure d’ensemble ce jour là, ses cheveux noirs plaqués en chignon, ses petits yeux bruns cernés de khôl, son nez épaté et ses sourcils épais. Elle grimaça.

« Si je pouvais changer tout ça ! » se dit-elle à elle-même.

            Elle soupira, et traînant les pieds, alla s’allonger sur l’une des deux banquettes.
Puis cette voix lui revint à l’esprit, celle du garçon qui avait voulu l’aider à porter son cabas tout à l’heure. Elle savait qu’il était comme tous les autres, une espèce de pervers, mais elle se plaisait à penser que tout de même, il l’avait trouvée jolie.
Des cris venant de la fenêtre la projetèrent hors de ses pensées, il s’agissait d’adolescentes qui gloussaient. Lehla se redressa pour jeter un coup d’œil à la rue, curieuse de savoir ce qu’il se passait. Elles étaient toutes les trois très maquillées, et légèrement vêtues, de tops qui laissaient dévoiler leurs épaules, de jeans très moulants…l’une portait même une minijupe. Lehla ne voulait pas ressembler à ce genre de filles malfamées. Elle entendait souvent son entourage dire du mal d’elles, les voisines en parlaient avec dédain. On les traitait d’allumeuses et parfois les propos allaient bien au-delà. Ces filles là se plaisaient à séduire tout ce qui bougeait. Parfois Lehla les croisait à Hamria lorsqu’elle se baladait avec sa mère, et elle les voyait toujours accompagnées de garçons différents, en direction de la Rue de Paris, une rue de Meknès où tous les jeunes se retrouvaient les soirs, lorsque l’atmosphère se rafraîchissait. Les garçons s’y rendaient dans l’espoir de faire quelques nouvelles rencontres féminines, espérant flirter ou même davantage plus tard dans la soirée, et les filles s’y pâmaient avec la soif de plaire, et pourquoi pas le désir d’y rencontrer l’âme sœur. Mais il ne fallait pas se leurrer, au final, elles ne rencontraient que des idiots auxquels elles s’abandonnaient non pas par contrainte, mais par bêtise, probablement afin de ne pas ressentir la déception du chasseur qui rentre bredouille. Elles devaient se mettre quelque chose sous la dent, et cette chose serait le premier imbécile venu, espérant que cette histoire ne s’ébruite jamais. Les garçons, eux, rentraient fiers, impatients de raconter tout cela aux copains le lendemain…
Ainsi, Lehla croisait toujours ces filles avec divers garçons, leurs souriant, jouant de leurs charmes, sautillant d’un pied sur l’autre et entortillant leurs cheveux autour de leur index en inclinant légèrement la tête sur le côté et souriant niaisement. La jeune fille se souvenait que l’une d’elles s’appelait Louisa. La plus jolie. Car indéniablement, elles l’étaient. Louisa était celle qui portait la minijupe. Lehla ne pût s’empêcher de penser, en la regardant par la fenêtre, qu’elle gâchait sa beauté inutilement. Si elle avait été mois aguicheuse, plus discrète, plus décente, tous les hommes auraient sûrement été à ses pieds. Par « tous les hommes », Lehla entendait tous les hommes biens. Les hommes sérieux, responsables et raisonnés, ceux qui voyaient au-delà du sexe. Mais telle qu’apparaissait Louisa, ces hommes-là, aussi bons fussent-ils, auraient toujours – et c’était compréhensible – peur de s’engager dans une relation sérieuse. Lehla était bien placée pour le savoir, elle entendait souvent son grand frère parler de femmes avec ses amis, et avec le genre de Louisa, il était clair qu’ils ne cherchaient qu’à s’amuser.
L’adolescente se leva et se posta à nouveau devant la glace. Elle se regarda, et du bout de ses doigts, extirpa une mèche de cheveux de son chignon qu’elle commença à entortiller entre l’index et le majeur, inclinant légèrement la tête sur le côté et souriant bêtement. Au comble du ridicule, elle feignit mâchouiller un chewing-gum, comme Louisa le faisait souvent, mais n’en pouvant plus, elle explosa de rire. Pourquoi fait par elle, tout avait l’air si comique quand c’était si sensuel chez Louisa ? La jeune fille secoua violemment la tête, comme pour bannir définitivement cette idée stupide de son esprit. Louisa et ses copines étaient des aguicheuses, point final. Il n’y avait pas lieu de réfléchir là-dessus. Plus tard, Lehla aurait l’embarras du choix, des centaines d’hommes beaux et intelligents se bousculeraient à sa porte parce qu’elle sera restée pure, et ces petites séductrices invétérées finiraient seules, parce que les hommes ne voulaient pas de femmes souillées, et c’était ce qu’elles étaient. Souillées jusqu’au plus profond de leur âme.

* Hanout : petite épicerie qui peut vendre un tas de choses.









       
2       
       
       
« Le miel est amer dans la bouche du malade »       


               Il commençait à faire frais en ce début de soirée, Zak aimait sentir le rare souffle du vent balayer son visage aux pommettes et au nez rougis par le soleil.
Dans son pays, les gens ne vivaient qu’à partir du coucher du soleil. Ce n’était qu’alors que les rues s’emplissaient de centaines de personnes bavardant et riant de bon cœur, ou s’exposant leurs soucis quotidiens. Les hommes s’installaient au café, buvant un thé à la menthe ou un café aux épices, spécialités de Meknès, ou encore sirotant une limonade bien fraîche, du Pom’s, Hawaï ou Coca Cola pour les plus occidentalisés d’entre eux. Les femmes préféraient marcher, et pour la plupart, déambulaient de boutiques en boutiques ou de stands en stands, à la recherche de l’affaire du siècle.
Les rues s’illuminaient. Des multitudes de petites lumières s’allumaient qui éclairaient les sourires des passants. Dans les stands, chaque commerçant possédait sa petite ampoule ou sa lampe torche, les grilleurs de maïs, de chips ou de pois chiches se contentant simplement des lueurs des cendres incandescentes que crachaient leurs immenses poêles, et les boutiques étant ornées de guirlandes électriques de toutes les couleurs.
Des boulangeries se dégageaient la délicieuse odeur du pain au sésame et celle des gâteaux à la semoule garnis de miel. Sur les trottoirs, des vendeurs ambulants faisaient souffler du maïs ou épluchaient des figues de barbarie. L’odeur du raisin jaune, du melon, ou des gâteaux à la pâte d’amende chatouillait les narines des passants. L’on vendait aussi des amendes et des pépites noires ou blanches, glissées dans des cônes de papier, anciennes pages déchirées de journaux ou autres vieux périodiques.
Sur les routes, la circulation était dense, et de vieux bus déposaient des dizaines et des dizaines de personnes sur la grande place. Les autres venaient en taxi. Les grands taxis n’étaient pas individuels, c'est pourquoi il était peu coûteux d’y monter. On voyait souvent des personnes s’y entasser en vrac presque les unes sur les autres, dont les membres dépassaient par les fenêtres.
          Zak avançait d’un pas lent, les mains dans les poches, balayant la foule du regard. Il put apercevoir Adil, le voisin, en pleine conversation avec une jeune fille en décolleté. Il sautillait d’un pied sur l’autre, l’air nerveux, passant des mains promptes dans ses cheveux immobilisés par la moitié d’un pot de gel. Zak ne put s’empêcher de rire. Il voyait bien qu’Adil ne faisait que jouer un jeu, il n’avait rien du garçon timide et mal dans sa peau, contrairement à ce que pouvaient laisser croire ses gestes, il avait même énormément confiance en lui !

« Quelle fripouille ! » pensa Zak en souriant.

           La jeune fille paraissait attendrie devant son interlocuteur, elle souriait niaisement tout en tripotant ses cheveux.
Dans son pays, les garçons étaient de vils séducteurs, ils se plaisaient à séduire tout ce qui était en mouvement, et c’était même à celui qui en séduirait le plus dans la soirée. Marouane se trouvait être un redoutable adversaire, mais Zak gagnait tout de même quasiment toujours. Avec son teint mat, ses cheveux noirs et ses yeux d’un vert limpide, un seul regard lui suffisait pour faire tomber toutes les filles comme des mouches. Il avait aussi l’art du beau parleur imprégné en lui, il savait exactement ce que voulaient entendre les filles, et même le moment précis où il fallait le dire. Il parvenait à les manipuler, et il en profitait. Il n’avait de respect que pour celles qui lui résistaient, mais rares elles étaient.
Le jeune homme vit Adil finalement s’éloigner de la foule avec la fille, un bras autour de son épaule, se dirigeant vers des ruelles.
Zak secoua nonchalamment la tête dans un petit sourire. Il extirpa de sa poche un paquet de cigarettes, puis il en coinça une entre ses lèvres et se dépêcha de l’allumer, inspirant une bonne bouffée de nicotine, tout en balayant cette foule du regard.
Au loin, il croisa le regard d’une jeune fille blonde, une touriste. Elle avait l’air d’avoir à peine onze ans, pourtant, elle se faisait aborder par des garçons bien plus âgés. Ils étaient vraiment prêts à tout. Ils ressemblaient à des hyènes se disputant un vulgaire morceau de viande, avec leurs regards convoiteux à la limite de la voracité. Ils cherchaient son attention par tous moyens, c’était à celui qui, en moins de dix secondes, réussirait à la convaincre. Le combat ne s’arrêtait malheureusement pas là, il s’agissait ensuite de parvenir à lui passer la bague au doigt, signe d’alliance éternelle avec la terre d’Eldorado. Zak ressentit de la répulsion. Pourtant, il était déjà passé par là. Il avait été de ces vautours, autrefois. Aujourd’hui il se rendait compte du ridicule de la situation. Et de toute manière, il lui avait fallu peu de temps pour comprendre que ces jeunes filles étaient bien moins idiotes qu’il n’y paraissait. Loin d’elles l’idée de se marier, elles venaient en été pour s’amuser, se changer les idées, et ils n’étaient pour elles que ce que l’on appelait en Europe « amourettes de vacances ». Une fois l’été achevé, elles les balayaient de leurs souvenirs d’un simple revers de main s’adonnant alors à la « vraie vie ».
La jeune fille déambulait avec sa famille de stands en stands, émerveillée par l’artisanat marocain, brandissant de temps à autre un bracelet ou une babouche, sans jamais cesser de s’esclaffer, puis sa mère la rejoignait pour s’extasier à son tour. Pendant ce temps, les hommes scrutaient les bâtiments dans des regards admiratifs absolument grotesques.
Le jeune homme cracha par terre.

« Que d’illusions ! » songea-t-il amèrement.

            Meknès. Il y vivait depuis déjà vingt-et-un longues années, bien assez pour ne plus être dupé par la majesté de cette ville impériale. Sa splendeur, son architecture, sa grandeur, ce n’était qu’un attrape-touristes. Tout avait été édifié dans le seul but de les attirer. Zak en était persuadé, l’histoire du Maroc était basée sur l’ambition éternelle de se rapprocher de l’Europe un peu plus. Moulay Ismaïl lui-même, quand il avait fait bâtir cette ville, l’avait fait dans l’intérêt principal d’attirer la fille de Louis XIV dans ses draps! Et c’était une fatalité. Après tout, le détroit de Gibraltar ne se resserrait-il pas chaque année d’un millimètre ?
Meknès, « Capitale aux belles portes ». C’était ainsi qu’on l’appelait parfois, à cause des immenses portes qu’il fallait passer pour accéder à la vieille ville. Elle avait été entourée de hauts remparts il y avait de cela plusieurs décennies, à l’initiative de Moulay Ismaïl, par mesure de protection. Dans cette ville emmurée, Zak ne pouvait s’empêcher de se sentir prisonnier. Les portes, aussi grandes étaient-elles, n’y changeaient rien.
Chaque été, il vivait le même tourment. Le sentiment d’avoir été condamné à errer éternellement en ce même territoire. Les étrangers, chaque année, par milliers, venaient et repartaient à leur guise. Ils débarquaient avec un air radieux dans leurs jolies voitures scintillantes, dans leurs chaussures brillantes et leurs élégants vêtements à couleurs chatoyantes. Ils rayonnaient comme des étoiles dans un ciel noir. Le jeune homme les voyait souvent, riant aux éclats, guillerets, sans l’ombre d’un souci traversant même un instant leur regard. C’était cela l’Europe. La légèreté, l’insouciance, le bonheur.
Lui, pendant ce temps, n’évoluait pas. Chaque année, c’était le même Zak que ces touristes retrouvaient à leur arrivée. Mélancolique et brumeux, traînant les pieds dans ces mêmes ruelles de la vieille ville de Meknès en fumant indolemment une énième cigarette et en se demandant si un jour il réussirait à gagner enfin cette terre promise, cet Eldorado…


Dernière édition par yasmina le Mar 21 Avr 2009 - 19:13; édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 19 Oct 2008 - 10:46    Sujet du message: Publicité

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Abdel
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MessagePosté le: Dim 19 Oct 2008 - 18:35    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

 Un texte au style somptueux et impérial comme le décor qui lui sert de cadre.

Un bien charmant texte exhalant les arômes , les sons et les couleurs de la quatrième ville impériale du Maroc (avec Fès, Marrackech et Rabat) surnommée jadis le "Versailles du Maroc" et le "petit Paris", capitale adminstrative du Royaume sous le règne du sultan alaouite Moulay Ismail.

C'est dire qu'un récit ayant pour toile de fond une telle ville chargée d'histoire et de traditions purement marocaines , ne manque pas d'ingrédients  et de supports des us et coutumes locaux qui lui donnent une charge émotionnelle et un cachet local d'une authenticité éclatante.

Mais nous sommes loin  d 'un récit "exotique"  faits de "cartes postales" dont certains écrivains marocains nous en ont habitué.
Bien au contraire, il s'agit d'une approche stylistique qui donne l'importance au premier chef à la pureté de la langue et à celle des sentiments et émotions décrites. Donnant par là au récit une dimension universelle qui traite plus des  moeurs et de la vie sentimentale de jeunes adolescents, qu'aux  us et coutumes et décors ambiants qui ne sont là que pour exprimer le cadre exigu ou le carcan sociétal dans lequel s'expriment ces évolutions psychologiques et sentimentales des principaux personnages.

Votre approche de la langue et votre précision dans la description des états d'âme et des lieux,faisant corps et puisant du climat social ambiant, font de votre texte une approche d'un grand réalisme et d'une pureté qui se veut cinglante, sans fioritures, n'ayant pas froid aux yeux de libérer les tabous et d'exprimer les non-dits.

Un style libératoire et une approche psychosociale qui destinent votre texte à une lecture de haut intérêt : un plaisir pour la lecture d'un texte ciselé et une reflexion profonde sur un monde en pleine mutation, qui retient l'attention.

Des remarques ? Non,  franchement il n'y en pas pour ma part, sauf à mettre des notes de renvois  explicatives en bas du texte.
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yasmina
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MessagePosté le: Lun 20 Oct 2008 - 14:29    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

waw vous ne vous vous imaginez pas comme ça me fait plaisir!! J'accorde énormément  d'importance à votre avis! D'ailleurs j'ai eu ce que j'appellerais un "coup de foudre littéraire"   pour vous, lorsque j'ai lu vos écrits la première fois, juste avant de poster le début du mien. C'est pr ça que j'avais tenu absolument à ce que vous me donniez votre avis. Vous imaginez pas ce que ce message me fait plaisir !  J'ai enfin trouvé un juste milieu. C'est vrai j'aurais du donner plus d'explications, particulièrement sur hamria et la Medina. Une chance que vous soyez marocain et que vous puissiez comprendre!

En tt cas merci bcp!
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moon
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MessagePosté le: Dim 26 Oct 2008 - 00:33    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Pour ma part et en tant que novice dans le monde de la littérature, je trouve ces deux premiers chapitres très bien. On a envie de connaître la suite avec des personnages auxquels on s'attache rapidement. Je suis d'accord avec le commentaire précédent pour ce qui concerne les renvois en bas de pages, s'il yen à trop cela deviens vite lassant (on perd le fil) d'autant plus qu'on peut faire comprendre le sens du mot ou le dire directement au lecteur par une phrase.

Sinon, il ne s'agit là que d'un début, difficile de juger.Par la suite on espère des rebondissements et pas (en ce qui concerne les deux personnages principaux) un "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" à la fin du roman (ce qui serait téléphoner)ou du moins pas avant moultes péripéties.
Enfin, en ce qui concerne les descriptions, il est vrai que l'on si croirait, je pense que là c'est juste ce qu'il faut, mais attention à ne pas s'attarder trop non plus au risque que le lecteur se demande "bon quand est ce qu'on revient à l'histoire".

Pour la qualité de la narration et du français rien à dire pour ma part, la longueur des phrases?ca va mais pareil, attention pas trop longues au risque encore une fois que le lecteur se perde (après je pense que la cible des lecteurs c'est plutôt les 13-25 ans?? je sais pas) tu me diras (on peut se tutoyer lool??).


L'impression général est très bonne , on voit que c'est travaillé.

voila voila voila.

moon.
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Humphrey
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MessagePosté le: Lun 13 Avr 2009 - 18:55    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

A la demande de Yasmina, j'ai entrepris la lecture critique de "Zak et Lehla".

Je livrerai mes commentaires "à chaud" (je veux dire par là, directement après la lecture) et sans chichis, comme annoncé. Le but n'est pas de démolir ni d'encenser. C'est un avis de lecteur, donc discutable, et je n'ai aucune objection à ce que d'autres commentent mes commentaires !

Aujourd'hui, j'ai lu l'intro et le 1er chapitre.

Introduction :

Personnellement, je doute de sa réelle utilité mais si tu y tiens absolument, moi je commencerais directement par "De temps en temps une étoile…. " et je terminerais avec "(…) et le silence le plus total".  Ce sera nettement plus puissant, le reste n'apporte rien. Le premier paragraphe est un gros poncif un peu niais (pardon pour la franchise) et le dernier paragraphe a un accent un peu moralisateur-gentillet qui risque de te faire perdre d'emblée toute une série de lecteurs (sauf si ton livre s'adresse exclusivement à des jeunes filles de moins de 16 ans.)

Orthographe : "ébloui par sa grâce" sans "t". Il y a d'autres petites fautes par ci par là mais il n'est pas dans mon intention de les signaler toutes.

Chapitre 1

La mise en situation est très classique mais efficace. Hélas on bute (trop) vite sur un premier problème syntaxique : "Epuisée par cette longue course au Souk par une telle chaleur, il lui tardait d’être au frais."Le sujet de la phrase principale doit être le même que celui (sous-entendu) de épuisée.


Autre phrase qui m'a gêné, un peu plus loin : "Ou peut-être se disaient-ils qu’à force, de peur qu’ils n’attirent l’attention de leurs frères ou autres hommes de la famille, elles ne se résigneraient à les voir rien qu’une minute, s’attendant à ce qu’ils laissent tomber leurs magouilles ?"  Cette phrase est maladroite, j'ai dû la relire trois pour la comprendre, elle casse la lecture. A réécrire.

Malgré ce début en demi-teinte, voire inquiétant au niveau du français, j'ai trouvé le reste du 1er chapitre plutôt bien écrit. Agréable surprise ! Bon, ce n'est pas du Eric-Emmanuel Schmitt, mais ça coule, ça se laisse lire, c'est évocateur, on imagine bien les lieux que tu décris, on comprend bien aussi ce que pense Lehla. Et on a envie de lire la suite, ce qui est le principal !

Je lirai et commenterai la suite dans les prochains jours.
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MessagePosté le: Mar 14 Avr 2009 - 01:43    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Permettez-moi de faire remarquer que "épuisée" n'est pas un verbe mais un adjectif. Elle était comment ? épuisée. Et par quoi ? par cette longue marche . Par conséquent, il lui tardait d'être au frais.

Le verbe "tarder " est ici impersonnel avec un sujet apparent (il) . Il me tarde de = je suis impatient de.

Je vois donc que la phrase est correcte et formulée de manière littéraire très agréable.
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Humphrey
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MessagePosté le: Mar 14 Avr 2009 - 16:03    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Epuisé est le participe passé du verbe épuiser, utilisé ici comme épithète détaché. Mais notez que même s'il s'agissait d'un adjectif, le problème serait le même.

Je cite Maurice Grévisse ("Grammaire française"):

"La clarté demande que le participe (présent ou passé) placé au commencement d'une phrase ou d'un membre de phrase se rapporte au sujet base de la phrase.
Exemples:
Connaissant votre générosité, j'espère que vous ne repousserez pas ma demande.
Formé à l'école du malheur, il supporte stoïquement cette épreuve.

On ne dirait guère aujourd'hui :
Formé à l'école du malheur, on peut lui demander de supporter cette épreuve."

Lire également ceci, trouvé sur   http://www.lettres.org/files/anacoluthe.html

L'anacoluthe est une rupture de construction sur le plan de la syntaxe, c'est-à-dire une transformation, au milieu de la phrase, de la construction grammaticale que le début de la phrase laissait attendre. Il peut s'agir d'une faute involontaire à l'écrit:
Ex : Épuisés par cette longue journée, le bateau nous ramène vers le port. 
Ici : « Épuisés par cette longue journée » se rapporte à « nous ». Par conséquent, le sujet de la phrase devrait être « nous » (ex : nous rentrons) et non « Le bateau ». Il y a donc une rupture de construction, dans cette phrase. 

L'anacoluthe, sous la plume de grands écrivains peut devenir figure de style et renforcer l'énoncé et le mettre en valeur en créant un effet de surprise :
« Exilé sur le sol au milieu des huées /
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher »

(Baudelaire, « L'Albatros » dans Les Fleurs du Mal)

Le tout est donc de savoir si Yasmina a voulu faire une figure de style...
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MessagePosté le: Mar 14 Avr 2009 - 17:29    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Je ne te cherche pas la petite bête, Humphrey, loin de là. Au contraire je suis heureux que quelqu'un discute de points importants d'écriture. Cela est dans l'intérêt de tout le monde et en plus c'est très sympathique de ta part de faire cet effort de clarification très, très noble !

Mais dans tous les exemples que tu as cités, il n' y a pas de sujet apparent malheureusement .

Epuisé est bel et bien un adjectif  épithète mis , comme tu dis justement en  apposition. Mais dans toute la phrase qu'il n'ya qu'un seul et unique sujet ; c'est elle sous -entendu par l'expression "il lui tarde de"

La phrase ne prête à aucune équivoque.

Ce n'est pas la même chose que :

"Épuisés par cette longue journée, le bateau nous ramène vers le port"

Cela saute aux yeux, voyons !  L'adjectif "épuisés" ne se rapporte à rien. Même pas à "nous" sauf à le faire de force ! car "nous" est complément d'objet et non sujet. Mais dans notre cas, si ! Il se rapporte au sujet apparent "il " qui est  le personnage épuisé et qui veut rentrer chez lui sans tarder.

Mais rassure-toi, si je ne comprends pas , c'est de ma faute et non de la tienne, tu auras fait ton possible.

J'assume, et j'aurais toujours  l'occasion d'applaudir à chaque fois que quelqu'un m'aide à mieux comprendre .

J'applaudis déjà à ta bonne initiative, peu importe mes remarques.
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MessagePosté le: Mer 15 Avr 2009 - 09:16    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Relisons la phrase calmement :

"Epuisée par cette longue course au Souk par une telle chaleur, il lui tardait d’être au frais."

"Epuisée" se rapporte à "lui" qui est complément d'objet indirect, pour moi ça ne va pas, ce n'est pas le français que j'ai appris. Et le fait que le "il" soit impersonnel n'y change rien.

Mais admettons que je me trompe sur le plan grammatical.

Il n'en demeure pas moins que cette phrase heurte ma sensibilité linguistique de philologue et lecteur averti. On peut donc supposer qu'elle heurtera d'autres lecteurs moins tolérants ou moins progressistes qu'Abdel. Pour cette raison, je conseille à Yasmina de la réécrire. Même si, c'est vrai, il n'y a aucune équivoque possible au niveau du sens de la phrase. Mais je suis prêt à parier qu'un éditeur professionnel ne la laisserait pas passer (et je ne parle pas ici des éditeurs on-line qui publient tout et n'importe quoi.)

Deuxième raison de réécrire la phrase : les deux "par", un peu lourds, je trouve.
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MessagePosté le: Mer 15 Avr 2009 - 16:19    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Non je ne suis pas progressiste ou moins tolérant qu'un philologue. Tout simplement je ressens le côté poétique  des phrases, ce qui n'a rien à voir avec le sens aigu du philologue qui interprète les textes pour en authentifier l'origine, l'époque , l'auteur,etc.

Pour le lecteur averti, c'est d'accord, il n'est plus question de spécialité mais de goût.

On n'a donc pas le même ressenti.

Je persiste à soutenir le mien en disant que les deux "par" n'ont pas le même sens. L'une introduisant un complément d'agent et l'autre un complément de circonstance. De plus "par une telle chaleur " est une expression courante qui se retrouve poétiquement fortifiée  ici par son effet (épuisée) , par sa durée (durant une longue course) et par son intensité (il lui tardait d'en échapper en se mettant au frais).

Je ne lâcherais donc pour rien au monde la beauté poétique d'une telle phrase.

Considérons que ce n'est pas une joute oratoire, mais des avis discordants au grand bénéfice de l'auteur. Et c'est très bien. Même si j'ai à avoir tort.
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MessagePosté le: Mer 15 Avr 2009 - 18:41    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Pas de problème, Abdel, c'est à l'auteur à décider de toutes façons. Je n'ai rien à ajouter pour l'instant.
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MessagePosté le: Mer 15 Avr 2009 - 20:36    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Je te remercie pour cet échange  limpide, fructueux à tous égards et je m'incline très bas devant ton sens du dialogue serein, désintéressé et profondément humain.
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MessagePosté le: Mer 15 Avr 2009 - 20:43    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

Pour ma part, je suis d'accord avec Abdel concernant le "par" qui serait répétitif. Je ne pense pas qu'il soit gênant dans le cas présent. "par une telle chaleur" est un groupe de mot, une expression entière. Cela dit, Humphrey m'a mis le doute sur le "essouflée par une telle chaleur il lui tardait d'être au frais". Bref. Pour plus de commodité, je changerai la phrase.
Concernant la seconde phrase qu'Humphrey a mis du temps à comprendre, je ne protesterai pas parce que j'ai moi même mis du temps à l'écrire sans cesser de buter dessus!!

Enfin, pour finir, vous avez visé juste Humphrey, je tiens à mon introduction, aussi inutile soit-elle! J'ai rarement l'âme poétique, et aussi étonnant que cela puisse paraître j'ai beaucoup d'affection pour ces quelques lignes. Mais je vois bien ce que vous voulez dire quand vous dites que les dernières lignes sont niaises.
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MessagePosté le: Mer 15 Avr 2009 - 23:14    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

J'ai eu un peu peur au début mais cela devient un plaisir de dialoguer sur ce forum.

Peu de membres, mais de qualité semble-t-il.
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MessagePosté le: Ven 17 Avr 2009 - 18:18    Sujet du message: Zak et Lehla (1) Répondre en citant

J'ai lu aujourd'hui le chapitre 2, qui introduit le personnage de Zak.

Sur le plan narratif, pas grand-chose à redire, les enchaînements sont logiques, on suit le fil sans problème. Le personnage de Zak n'est pas encore tout à fait clair dans mon esprit mais c'est normal, on vient à peine de faire sa connaissance. Ce qu'on en découvre invite à poursuivre la lecture, c'est tout bon.

Le style est dans la lignée du premier chapitre : assez simple, je veux dire par là que peu de mots rares ou sophistiqués sont utilisés, mais ce n'est pas un reproche. Je ne peux pas dire non plus que ce style soit très "personnel", mais développer un style vraiment "à soi", original et reconnaissable n'est pas une obligation pour écrire un bon roman.

La langue est globalement bien maîtrisée, c'est pourquoi je vais me permettre à nouveau de relever les quelques phrases ou choix de mots que j'ai trouvés moins réussis. Yasmina en fera ce qu'elle veut !

"Les grand taxis n'étaient pas individuels, c'était la raison pour laquelle il était peu coûteux d'y monter."
La formule est tout à fait correcte mais stylistiquement un peu lourde. Je suggère simplement "c'est pourquoi il était ..."

"Marouane se trouvait être un redoutable adversaire, mais Zak gagnait tout de même quasiment toujours. Avec son teint mat, ses cheveux noirs et ses yeux d’un vert limpide, un seul regard lui suffisait pour que les filles tombent toutes comme des mouches. "
Ne me demandez pas d'expliquer pourquoi, mais cette phrase me chipote (à cause du "lui").
Solution A : :"un seul des ses regards suffisait pour que les filles tombent comme des mouches. "
Solution B :"un seul regard lui suffisait pour faire tomber les filles comme des mouches. "

"Il n'avait de respect que pour celles qui lui résistaient, mais rares elles étaient."
Je sais qu'une inversion peut créer un bel effet dans certains cas mais ici je la trouve très "vieux français" et cela ne colle pas du tout avec le style général de ce texte. J'écrirais "elles étaient rares".

"Ils ressemblaient à des hyènes se battant un vulgaire morceau de viande"
C'est possible que le verbe "se battre" puisse s'utiliser comme ça mais c'est la première fois que je le lis et quand je le lis ça sonne bizarre.
Je dirais plutôt "se disputant un vulgaire morceau..."

"Pendant ce temps, les hommes scrutaient les bâtiments avec admiration dans des regards pétillants que Zak leur trouvait grotesque."
Cette phrase pose vraiment un problème, elle n'est pas claire du tout et pas juste non plus selon moi. D'abord il faut un "s" à grotesque, car je suppose que ce sont les regards qu'il trouve grotesques. Mais c'est surtout le "dans" et le "leur" qui ne vont pas.
Suggestion : "Pendant ce temps, les hommes scrutaient les bâtiments avec des regards pétillants que Zak trouvait grotesques."
Difficile de garder "avec admiration" car cela ferait deux "avec", beaucoup trop lourd. Mais ma suggestion n'est pas géniale, je le reconnais. A retravailler sans doute.

"Zak en était persuadé, l’histoire du Maroc était basée sur l’ambition éternelle de se rapprocher de l’Europe un peu plus. Moulay Ismaïl lui-même, quand il avait fait bâtir cette ville, l’avait fait dans l’intérêt principal d’attirer la fille de Louis XIV dans ses draps, alors il ne l’inventait pas !"
Il m'a fallu relire 3 fois pour comprendre qui était le " il " et ce qu'était le " l' ".
Cette fin de phrase peut être simplement supprimée sans nuire à la bonne compréhension.

C'est d'ailleurs - et je terminerai par ce petit conseil - la meilleure chose à faire si on veut acquérir le style le plus clair et le plus pur possible : se relire,  se relire et se relire encore et supprimer impitoyablement tout ce qui n'apporte aucun "plus" ni au niveau du fond ni au niveau de la forme.

Bonne soirée et à bientôt pour la suite...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:38    Sujet du message: Zak et Lehla (1)

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