http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ?
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La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ?

 
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Abdel
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MessagePosté le: Ven 26 Déc 2008 - 22:54    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ?

Il n'est plus possible de nos jours de créer un forum littéraire sans s'exposer à une avalanche de littérature trash. . Les jeunes talents, soucieux de percer et de se faire découvrir par les éditeurs,  ayant en exemple le succès commercial frappant d'une telle littérature, foncent tête baissée sur les récits autobiographiques et les écrits les plus noirs sur  la misère morale  de la société et de ses mœurs en décadence.

C'est dans l'air du temps: on ne se formalise plus de soigner le style ou le langage, ni de faire appel à l'imagination créatrice. Il suffit de décrire et de raconter tout, avec un cynisme et une cruauté presque inhumaine, pour intéresser les autres, pour faire vendre son écrit.

L'art d'écrire prend une nouvelle dimension : celle de la dissection méthodique, la micro-chirrurgie des angoisses, des peurs, des refoulements, de la violence, de la haine, des tabous, des blocages, des complexes, des phobies…

Le lecteur n'est plus interpellé par la suggestion, l'imagination, le conseil, la morale, l'exemple à suivre, le culte du beau , l'équilibre intérieur, la recherche de la perfection… pour reconstruire sa réalité sur de nouvelles bases.

Il est confronté à la réalité de manière brusque, il est  secoué, ébranlé sans ménagements, sans pudeur, sans politesse, sans précautions, sans excuses….

C'est parce que le lecteur le veut ? C'est parce qu'il ne se fie plus à cette littérature endormante qui le berce dans un monde coupé de la réalité sociale actuelle ? Peut-être. Je me borne à me demander pourquoi il y eut ce brusque revirement des tendances littéraires..

Je me borne à constater que le lecteur est friand de ce genre de littérature qui le gifle et le réveille de sa torpeur, qui lui renvoie  en miroir la réalité de sa décadence morale s'opérant au beau  milieu  d 'un essor technologique et scientifique sans précédent.

Le mot "trash" dans ma langue maternelle, l'arabe,  signifie deux choses : être sourd et gifler . Ajoutés à sa signification de caniveau, ces deux sens conviennent bien à la nouvelle  littérature. L'écrivain contemporain est sourd à la beauté et à l'imaginaire, sourd  à la politesse et à la pudeur élémentaires. Il se gifle et gifle le lecteur par son écrit . Mais encore faudrait-il qu'il y 'ait  ces deux gifles à la fois ! La nuance est de taille !

Rares en effet sont les auteurs trash qui ont vraiment l'intention de gifler pour faire du bien, qui ont l'intention  de corriger les errements de la civilisation  et de la promiscuité, les inégalités et les tabous, de nous réveiller ,en somme, de notre somme, par et pour un soubressaut salutaire. On applaudirait à la gifle magistrale et on attribuerait des prix littéraires pour insigne honneur d'avoir tenté de sauver l'humanité de sa déchéance !

Dans ce cas rarissime, la littérature trash serait une thérapie individuelle et collective, un anti- art de l'art qui serait devenu  stérile qui n'a plus d'effet sur l'évolution des mœurs, une correction de l'incapacité de la littérature à suivre le mouvement d'évolution sociale en phase descendante vers le négatif, une incapacité des écrivains eux -mêmes à se surpasser , à descendre de leur tour d'ivoire et à se pencher sur nos misères cachés et visibles, avec plus de réalisme et de solutions adaptées.

Dans ce cas là, alors, c'est le lecteur qui devient écrivain. Il prend son destin en main et se soigne lui-même en avouant publiquement son mal-être et ses ravages, chose que n'a pu satisfaire le langage châtié de l'écrivain institué, et son imaginaire-alibi pour éluder la réalité crûe . Cette littérature serait-elle donc populaire, par et pour le peuple angoissé ? Finie l'ère de l'écrivain armé de ses milles règles précautionneuses de bienséance et de prosodie ? Qui n'aboutit qu'à un dialogue de sourd entre un écrit idyllique et un vécu douloureux ?

Les écrits de " L'invincible armada" de ces jeunes littérateurs qui ont eu du succès sans pour autant avoir un style méritant, ni avoir eu à se soucier des techniques d'écritures d'usage pour chaque genre littéraire, semblent confirmer ce caractère populaire de l'écriture, à portée de main et des yeux. Une prise en charge "littéraire" du citoyen par lui-même, par le biais de ces nouvelles facilités qu'offrent l'Internet pour se faire lire , voir et écouter.

La littérature trash reviendrait donc à faire du mal pour du bien, à psychanalyser, à dénouer les nœuds, à mettre le doigt sur les plaies individuelles et collectives, à mettre en exergue les racines des maux, à les extirper, les dénoncer, les apprivoiser, les rendre vivables et supportables à force de les banaliser.

Cette littérature serait alors une source documentaire pour les spécialistes, une base de données pour endiguer les fléaux sociaux , pour corriger les dysfonctionnements individuels et collectifs...Bref, un moyen salutaire pour réorienter sainement les comportements, les instincts fragiles, les sens brouillés par le poids des tragédies affectives et morales ; à la limite, un refuge de réconfort, le sentiment de ne pas être seul, un paria, un incompris, d'être compris par les autres ou à travers le cas des autres.

Cette littérature serait écrite par des patients à la recherche de délivrance, de solutions, d'écoute, de prise en charge. Elle serait l'apanage d'un groupe précis de la société, groupe rejeté, avilis, non pris en charge, etc. Elle serait alors un moyen d'expression de la différence, un moyen de communication, de revendication, d'explication, d'explicitation de situations mal vécues et mal interprétées par les autres. Une littérature exorciste donc, thérapeutique, salvatrice…

Or, tant d'écrivains trash  ne se donnent pas pour objectif un tel dessein, ne l'avouent pas ou n'y pensent même pas. On ne peut attribuer ce degré de maturité et de noble idéal à de jeunes écrivains en mal de se faire éditer, ni à ceux ayant déjà eu du succès et qui ne se donnent pas la peine de cogiter sur le pourquoi des sujets traités. Il ne semble pas non plus exister une critique littéraire capable de canaliser ce flux de laideur écrite et décrite et d'en expliquer les tenants et les aboutissants pour éclairer notre curiosité ou notre perplexité face à ces écrits vomis dans la douleur ou dans la complaisance.

De tels écrits, sans dessein hautement civilisationnel, hautement rectificatif de la dérive individuelle et sociale, se réduirait donc à une seule gifle : celle que se donne l'auteur à soi-même. Son aventure se réduirait à sa propre déshumanisation, sa propre dénonciation ou la dénonciation des autres, un abus de confiance envers les personnages décrits, une atteinte à leur intimité, à leur crédibilité à leur droit à l'anonymat ou au simple respect dû à leur nature d'être humain.

L'écrivain deviendrait un spécialiste des affres individuelles et collectives, des dérives comportementales, de la négation de la moralité publique pour rectifier le sens de cette moralité et son envergure. A la limite il serait un instigateur à la violence, à la déprime, à l'impudeur, à l'irrespect, un "dévoileur" de secrets intimes sans permission préalable, s'adjugeant le pouvoir de parler au nom des autres pour exprimer leur déchéance.

Quelle différence y aurait -il alors avec cette vague de laideur qui balaie les arts, du cinéma à la télé en passant par la musique où tout est bon pour exposer l'intimité de l'être humain, où tout est permis pour exprimer par l'image, le son et la musique le droit à la différence, le droit de vivre en dehors des règles sociales qui  normalement soudent les sociétés et lui permettent de perdurer dans la sécurité et le confort affectif et moral ?

L'Internet et les chaînes télévisées sont envahies de pornographie, de clips à la limite du hot et du hard, de musique assourdissante pour exprimer un vide artistique, de monologues rythmés dans le  rap pour se faire entendre…. La littérature serait- elle devenue aussi ce monologue pour se faire entendre ?

Elle l'est depuis toujours, mais c'est le fond qui a changé et selon l'endroit où s'exprime cette littérature française, ou francophone s'entend. Elle est partout dans le monde et dans les autres langues, il faut en convenir. Mais on s'en tient à la langue française.

On aurait tendance à dire que c'est la littérature française et non francophone qui subit le raz de marée du genre trash. Quoique par effet de mimétisme ou pour but mercantile, des auteurs hors hexagone truffent leurs écrits de scènes croustillantes, à la limite du porno ou carrément dedans et carrément dans la souffrance toute crûe des cas particuliers, pour émerger du lot et se faire publier. Cependant, les sociétés n'étant pas les mêmes, le mal-être ou le mal-vivre étant différents de nature ou d'intensité, tout en prenant en considération les tabous, les religions et us et coutumes, les écrivains francophones continuent à produire à l'ancienne. Ils parviennent même à rafler des prix littéraires au nez des écrivains du centre. C'est que les jurys ne sont pas dupes et n'ont pas les mêmes préoccupations  des écrivains et éditeurs de la nouvelle vague.

C'est ce que pense Jean Louis Gouraud, dans un article récent sur Jeune Afrique. Pour lui, on aurait dit que les français aurait délaissé leur propre langue "en aumône" aux écrivains francophones (voir ce lien : http://www.jeuneafrique.com/Article_ARTJAJA_2501_p091.xml1_-France-litterature-Le-francais-en-aumone.html )

Le contre poids de la littérature trash viendrait peut-être de la périphérie et la francophonie serait  rehaussée au lieu de toujours être considérée comme productrice de littérature de seconde zone La critique viendrait également par là pour faire le point sur la dérive , supposée, d'une littérature française qui a longtemps servi  le progrès intellectuel humain et continue malgré tout à le faire. A moins que l'effet de la mode ne fasse son effet  et ne tue dans l'œuf une telle "velléité " !

André Malraux avait dit que le 21ème siècle sera chrétien ou ne le sera pas. Cela concerne le centre et une partie de la périphérie francophone.  La littérature véhicule , elle aussi, des valeurs de fraternité, de solidarité et d'épanouissement individuel et collectif. Elle semble perdre ses repères , tout comme la société et ses écrivains. Mais le siècle ne fait que commencer. La littérature au service de l'homme, celle qui l'élève au dessus de la mêlée des autres animaux non doués de raison, a encore voix au chapitre. Elle saura peut-être faire sienne cette nouvelle tendance en lui trouvant  et en justifiant ses raisons d'être et ses objectifs et de l'y circonscrire.

Par Abdel (Maroc)

Voir ces liens pour d'autres lectures sur le même sujet :

-         http://www.zone-litteraire.com/zoom.php?art_id=161

-         http://www.fluctuat.net/6036-Rentree-litteraire-2008

-         http://www.isubway.fr/forums/index.php?showtopic=8590&pid=330612&mode=threaded&start

-         http://www.discordance.fr/Litterature-jeunesse-ou-va-t-on.html

-         http://www.aujourdhui.ma/magazine-details3082.html
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MessagePosté le: Ven 26 Déc 2008 - 22:54    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 24 Fév 2010 - 02:10    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant


Abdel a écrit:
André Malraux avait dit que le 21e siècle sera chrétien ou ne le sera pas.

Une petite précision. On lit souvent cette phrase de Malraux, citée avec autorité par plusieurs auteurs, sauf... qu'il ne l'a jamais dite !


On m'a fait dire : « le XXIe siècle sera religieux ». Je n'ai jamais dit cela bien entendu, car je n'en sais rien.
   — Malraux, dans une interview au Point le 10 novembre 1975 avec Pierre Desgraupes.


Voir la référence ici. Dans un sens on pourrait le dire, cependant, quand on constate la montée de la Droite religieuse et conservatrice un peu partout dans le monde et surtout aux États-Unis. J'ai quelques références à des articles sur le rapprochement effarant entre les chrétiens de Droite et les sionistes les plus extrémistes, par exemple, les deux groupes semblant prendre à la lettre les fables de La Fin des temps, tout cela sur fond de justification de la politique guerrière de certains États.

Quant à la littérature trash, je ne sais pas s'il faut lui accorder une grande importance... Bien sûr le niveau littéraire et culturel n'est pas comparable, mais les jeunes ont toujours protesté contre leurs parents, par exemple les dadaïstes Allemands, Roumains et Français après la première Guerre mondiale puis les surréalistes pendant et après la seconde. La différence est que ceux-là connaissaient ce qu'ils rejetaient, tandis que le trash me semble plus primitif dans le sens de inculte. Peut-être en sortira-t-il quelque chose ?
 


Dernière édition par Gilles le Jeu 25 Fév 2010 - 07:00; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 24 Fév 2010 - 16:44    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Cette phrase d'André Malraux je l'ai entendue de sa propre bouche sur une émission- interview de TV5 , il y a une vingtaine d'années. Elle résonne encore dans mon esprit avec sa voix de ventriloque qui la martelait. S'il ne s'en rappelait plus, c'était peut-être parce qu'il ne l'avait jamais écrite .
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Gilles


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MessagePosté le: Jeu 25 Fév 2010 - 02:24    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Abdel a écrit:
Cette phrase d'André Malraux je l'ai entendue de sa propre bouche sur une émission-interview de TV5, il y a une vingtaine d'années.

Je doute que Malraux ait oublié avoir dit une telle phrase, d'autant plus qu'il n'a pas cessé de la démentir... J'ai trouvé cette référence sur le site Blog Dei, je cite :

     Le titre du grand dossier de ce numéro de rentrée fait écho à la fameuse phrase attribuée à André Malraux : « Le XXIᵉ siècle sera religieux ou ne sera pas. » La formule fait mouche. Ressassée par tous les medias depuis une vingtaine d’années, elle est parfois retranscrite en un « le XXIᵉ siècle sera spirituel ou ne sera pas ». J’ai déjà assisté à des pugilats oratoires entre partisans des deux citations. Vain combat… puisque Malraux n’a jamais prononcé cette sentence !
     Aucune trace de la formule ni dans ses livres, ni dans ses notes manuscrites, ni dans ses discours ou dans ses interviews. Mieux encore, l’intéressé lui-même n’a cessé de démentir cette citation lorsqu’on commença à lui en attribuer la paternité au milieu des années cinquante. Notre ami et collaborateur Michel Cazenave, parmi d’autres témoins proches de Malraux, nous le rappelait encore récemment. Alors, qu’a dit au juste le grand écrivain pour qu’on ait eu l’idée de mettre dans sa bouche une telle prophétie ? Tout semble s’être joué en 1955 autour de deux textes.
     Répondant à une question envoyée par le journal danois Dagliga Nyhiter portant sur le fondement religieux de la morale, Malraux conclue ainsi sa réponse : « Depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux. »
     En mars de la même année, la revue Preuves publie deux rééditions d’entretiens parus en 1945 et 1946 qu’elle complète par un questionnaire envoyé à l’auteur de la Condition humaine. À la fin de cet entretien, Malraux déclare : « Le problème capital de la fin du siècle sera le problème religieux – sous une forme aussi différente de celle que nous connaissons, que le christianisme le fut des religions antiques. »
     C’est à partir de ces deux citations que s’est construite – sans qu’on sache par qui – la fameuse formule.

Quoi qu'il en soit, le XXIᵉ siècle ne fera pas l'économie de la question religieuse d'autant plus, comme tu l'écris que la société oublie les repères traditionnels.
 
 
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MessagePosté le: Ven 26 Fév 2010 - 02:14    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

"Ressassée par tous les medias depuis une vingtaine d’années"

Et moi j'ai entendu de sa bouche , il ya une vingtaine d'années. Curieuse coincidence !

On peut être sûr d'une chose, c'est que je n'ai jamais, je dis bien jamais, lu cette déclaration quelque part mais bel et bien entendue à la télé et dite par l'auteur lui-même !!! Je ne suis pas fou quand même !

Vous savez, les célébrités disent tant de choses qu'ils en oublient des bouts, surtout si ça les bousculent.

Tenez, on attribue cette déclaration à Alain Delon : "Plusieurs personnages cohabitent en moi et s'entendent mal entre eux". Mais lui, l'attribue à un autre.

Comme j'ai pris l'habitude récemment de noter les choses intéressantes que j'entends dans les interviews , j'avais noté cette phrase de Jean Pierre Raffarin, l'ancien premier ministre français :" Il n'y a pas d'action sans durée et il n'y a pas de durée sans épreuves". Si un jour il niera cette déclaration qui va en donner la preuve ?

Et la même chose pour ceci : J'avais noté cette phrase de Brigitte Bardot sur TV5 : "Ou bien on vieillit ou bien on est mort, alors il faut accepter de vieillir". Est ce qu'elle s'en rappellera si on le lui rappelle ?

Les paroles s'envolent, les écrits restent.
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MessagePosté le: Ven 26 Fév 2010 - 03:10    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Abdel a écrit:
[…] je n'ai jamais, je dis bien jamais, lu cette déclaration quelque part mais bel et bien entendue à la télé et dite par l'auteur lui-même ! Je ne suis pas fou quand même !

Je ne mets pas du tout ta parole en doute. Il est vrai qu'on ne peut pas se souvenir de tout ce qu'on a dit ! J'aimerais retrouver la vidéo, cependant. Les archives de TV5 ne sont pas accessibles facilement, et il faut utiliser Real Player qui est complètement dépassé !... peut-être sur le site de l'Institut National Audiovisuel ou à la Fondation Malraux.
 
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MessagePosté le: Mer 23 Oct 2013 - 21:52    Sujet du message: Et si c'était pas plutôt un mal pour un bien ? Répondre en citant

Bonjour Abdel,

Comme j'ai beaucoup aimé ton message et que, paradoxalement, j'ai l'impression d'être dans l'opposition, je ne peux pas m'empêcher de prêcher pour ma paroisse.

En effet, je m'essaie depuis quelques mois à cette littérature que tu appelles "trash", parce qu'elle parle sans détour, sans tabou...
Tu sembles la dénigrer légèrement, sans voir le bon côté de la chose, qui est celui du parler vrai, du parler franc dans cette sorte d'exutoire salutaire qu'est le net. En effet, dans une époque où, aux sommets de l'Etat, la langue de bois est plus que jamais de mise, ces outils démocratisés permettent d'exprimer son mécontentement, d'extérioriser ses frustrations et ses déceptions autrement que par la violence physique ou morale. Alors il faut saluer toutes ces initiatives, même si plus ou moins littéraires selon les critères de l'Académie française. Peut-être bien que fut un temps où l'on privilégiait plutôt la forme, aujourd'hui, on privilégie plutôt le fond. (Enfin si l'on généralise le phénomène des "blogs"). Et après tout, l'essence même d'un texte ne doit-elle pas être avant tout dans le propos et donc dans le fond ? Evidemment, avec la forme, cela va sans dire mais cela va mieux en le disant, c'est mieux.

Bref, pour expérimenter moi-même le support blog, je reconnais son côté bienfaisant dans la catharsis aussi grisante que libératrice qu'il propose et défends donc toutes les initiatives blogesques, parce que souvent, derrière, il y a des gens qui ont besoin de cet espace d'expression pour sortir leurs tripes de ce monde aseptisé et conformiste où rien ne doit dépasser.

Bises Abdel,

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MessagePosté le: Jeu 24 Oct 2013 - 00:42    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Bonjour, LFQRT, comme tu as "beaucoup aimé " mon message, je suis allé le relire, histoire  de me rouler dans ce bel amour propre qui aime à être flatté.

En relisant, j'ai été estomaqué. D'abord, je n'ai rien compris à plusieurs de mes tirades et il a fallu que je relise pour comprendre, donc chapeau si tu as pu suivre ces conneries avec intérêt soutenu. Ensuite, je me suis senti un fiéffé menteur, car je ne connais de la littérature trash que les maigres textes lus dans les forums. Pas trop fameux pour philosopher dessus et pavoiser de la sorte.

Je jure toutefois, ne pas avoir pensé dénigrer cette littérature. Si cela transparaît, c'est que la plume dément toujours la conscience trop aseptisée qui a tout simplement peur  de sortir de l'ordre établi. Elle se défend comme elle peut la pauvre, quitte à faire contredire l'étaleur de pensées.

Bref, je te donne raison sans hésiter. On a besoin du beau et du laid, comme du fort et du faible, ou encore du féminin et du masculin. Le ying et le yang quoi ! C'est dans l'ordre de la nature !

Enfin, je suis passé voir ton blog et j'ai lu le premier texte, celui sur les profils , je crois. J'ai constaté que d'emblée  ta façon d'écrire et d'imaginer les atouts de ton écrit, prend immédiatement au collet et vous entraîne. Pas moyen d'y échapper . Et j'ajoute que ce n'est pas du tout raté. La fille n'a pas raté sa passion d'écrire ni sa belle façon  de procéder.

Et un autre enfin (ils sont sans fin), je me suis identifié au profil du vieux bougre au visâge raviné par l'âge et qui veut rattrapper ce dernier. Quoi de plus beau qu'une écriture qui vous parle et vous fait identifier ( car personne ne se connait en fait jusqu'à ce qu'on le lui dise, le moi pompeux et menteur, mène toujours en bateau le soi perdu dans sa quête...).
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MessagePosté le: Jeu 24 Oct 2013 - 19:38    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Bonjour Abdel,

C'est amusant car je n'imaginais pas une réponse de ta part aussi conciliante. En même temps, en réfléchissant, c'est vrai que ton article laissait des ouvertures à ce monde en devenir des auteurs virtuels. Tu ne jetais pas l'anathème, et au fond, ton propos est tout à fait compréhensible. Il est évident qu'il ne suffit pas d'écrire pour écrire bien et que cette décharge émotionnelle souvent amateure véhiculée par les blogs n'a pas toujours un intérêt évident pour nos petites âmes de lecteurs nostalgiques des grands auteurs. En fait, finalement, si on approfondit et qu'on cherche un peu, on est plutôt d'accord. Enfin j'en suis persuadée après lecture de ta réponse.

Merci d'avoir jeté un oeil à mon blog. ;-) Et qu'il ne t'ait pas servi d'exemple dans ta démonstration précédente. Mais j'assume et je suis consciente également que je ne fais pas de la grande littérature. ;-)

En tous les cas, en ce qui me concerne, j'essaie de privilégier autant le fond que la forme, même si je me permets quelques petits (ou gros) écarts de langage parce qu'il n'y a pas mieux qu'un langage fleuri pour exprimer un sentiment fleuri. (c'est même ce que me disait un prof de français au lycée et sûrement cela m'a marquée, moi, petite fille policée et habituée à me fondre dans la masse)

Mais je reviens quand même sur le fait que tu poses des questions de fond. L'écrivain du dimanche va-t-il finir par éclipser les Monstres sacrés de la littérature ? Est-ce une angoisse justifiée, ou bien à nuancer avec le fait que le génie de notre Panthéon littéraire brille tellement que ce n'est pas un petit astéroïde luminescent qui passe par là qui éclipsera son éclat.

Bises !

LFQRT

http://lafillequirataittout.blogspot.fr/
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MessagePosté le: Ven 25 Oct 2013 - 00:07    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Bonjour,

Les monstres sacrés de la littérature n'avaient pas de blogs et n'écrivaient pas sur le web. Le blog est direct. Certains auteurs déjà édités ont leurs blogs. L'édition est un filtre . On s'occupe de nous choisir ce qu'il nous faut à notre place. Généralement, ce qu'il nous faut  c'est ce qui fait tourner financièrement leurs boutiques. tout ce qui fait vendre. Donc ils peuvent vendre leurs âmes au diable, et au diable la "bonne littérature".

Les lecteurs de manuscrits sont nos "élus" (parachutés d'en haut par les maisons d'éditions selon leurs critères), ils peuvent donc élire à l'édition tout ce qui leur plaît. Tant pis s'il ya eu des milliers de génies littéraires, à travers les époques, qui n'ont jamais été édités  et tant pis si des médiocres sont  passés à travers le filtre .

Pour l'édition, on propose son manuscrit à un petit groupe de "censeurs" d'une maison d'édition, ou plusieurs groupes si envoyé à plusieurs maisons. La réponse sera oui ou non . On peut par la suite avoir un peu de notoriété ou un peu d'argent gagné, ou un peu des deux.

Pour le blog, on propose son écrit à des milliers d'internautes et on attend des points de vue. Ce sera des oui et des non, des oui mais et des non mais.

Mais pourquoi faire ? Pour gagner de la notoriété ? de l'argent ? Ou de la pure reconnaissance de son talent ? Ou une satisfaction d'être lu, entendu et compris ? C'est donc libre, tout est possible. Avec le libre arbitre et sans contraintes. Au final, on sera satisfait de ce qu'on a proposé et on s'arrête là.

Ou bien alors, talonné par une notoriété naissante et encouragée, on va viser plus large et se tourner vers...l'édition !

Et la boucle sera bouclée. On aura contourné l'ecueil des lecteurs despotes des maisons d'édition et on aura un certificat de bonne conduite en écriture attestée par  la notoriété de son blog qu'on citera comme pièce maîtresse dans son cv d'écrivain en herbe.

Mais voilà que je récidive et que je raconte encore des conneries (le terme est trashien, pour rester collé au sujet). Ne m'en veuille pas trop.
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MessagePosté le: Sam 2 Nov 2013 - 15:27    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ? Répondre en citant

Eh bien voilà, je tombe sur cette discussion après avoir posté une première réponse à "la fille qui ratait tout" dans laquelle je me demandais si elle souhaitait vraiment venir dialoguer sur ce forum, et j'ai maintenant ma réponse.

Je voudrais revenir sur ce que tu dis plus haut :
la fille qui ratait tout a écrit:


(...) sans voir le bon côté de la chose, qui est celui du parler vrai, du parler franc dans cette sorte d'exutoire salutaire qu'est le net. En effet, dans une époque où, aux sommets de l'Etat, la langue de bois est plus que jamais de mise, ces outils démocratisés permettent d'exprimer son mécontentement, d'extérioriser ses frustrations et ses déceptions autrement que par la violence physique ou morale.
(...)
Bref, pour expérimenter moi-même le support blog, je reconnais son côté bienfaisant dans la catharsis aussi grisante que libératrice qu'il propose et défends donc toutes les initiatives blogesques, parce que souvent, derrière, il y a des gens qui ont besoin de cet espace d'expression pour sortir leurs tripes de ce monde aseptisé et conformiste où rien ne doit dépasser.




Ceci confirme l'impression que j'ai eue en lisant ton blog : tu n'écris donc pas pour les autres, pour les lecteurs potentiels, ou en tout cas ce n'est pas ta préoccupation première. Tu n'écris pas non plus pour le plaisir d'écrire (apparemment du moins car tu n'en parles pas.) Tu écris avant tout pour t'extérioriser, pour te faire du bien, ce que j'appelle donc l'écriture thérapeutique.

Loin de moi l'idée de t'en faire le reproche, c'est ton droit le plus strict de faire un blog pour écrire tes états d'âmes, mais il faut quand même bien admettre qu'il s'agit d'une démarche purement égocentrique. Est-ce que je me trompe ?

Par ailleurs, comme toutes les personnes que je connais qui pratiquent ce type d'écriture, tu cherches aussi à être lue, mais n'est-ce pas parce que, consciemment ou inconsciemment, tu te dis que ces lecteurs pourraient donner du sens à ta démarche et surtout lui donner une dimension sociale ?

En résumé, la question que je veux te poser est celle-ci : pourquoi moi ou d'autres internautes devrions-nous nous intéresser aux écrits cathartiques de tous les gens mal dans leur peau qui écument le net ?

J'admets que ma question est un peu brutale, mais elle posée avec beaucoup de respect et de bienveillance, sois-en certaine.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:42    Sujet du message: La littérature trash : des talismans-remèdes pour sociétés alitées ?

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