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bremond
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Verseau (20jan-19fev)

MessagePosté le: Sam 3 Jan 2009 - 19:54    Sujet du message: nouvelle Répondre en citant

                                    AUTANT….POUR MOI !


Nous avions tout pour être heureux. L’un et l’autre avions un métier passionnant qui nous faisait beaucoup voyager. Un charmant 3 pièces, dans le 18 ème arrondissement de Paris, avec une vue magnifique sur le Sacré coeur. Concernant les amis, on  pouvait difficilement faire mieux. Des amis de longues dates, avec qui nous rigolions beaucoup et dont j’étais particulièrement fier d’avoir le privilège de leur amitié, depuis tant d’ années. Seulement voilà, nous ne nous entendions plus. On avait fait des efforts l’un et l’autre, mais malgré tous on passait notre temps à se prendre la tête. Elle travaillait dans la mode, je travaillais dans le social. On était très différent, et nous avions mis 2 ans pour s’en rendre compte. Elle me parlait mal et me rappelait ma mère, je n’en pouvais plus. Dans l’échec d’un couple, les deux sont coupables, mais honnêtement, j’avais été trop gentil et excusé trop de méchanceté gratuite. Tous cela me faisait penser à mes parents, quand ma mère parlait mal à mon père et qu’il l’excusait malgré tout.
Le problème c’est que je n’arrivais pas à la quitter car je l’aimais encore.
Un soir, elle rentra du travail et m’annonça, après trois vers de Bordeaux, qu’elle était enceinte.
Je pris ça comme une grosse droite en pleine face. Je m’attendais à ce qu’elle m’annonce qu’elle me quittait et j’étais plutôt attentif. Par contre savoir qu’elle était, là assise devant moi, avec un enfant de moi dans son ventre, me figea radicalement. Je n’avais aucune réponse, je me contentai de me donner un peu de contenance en me resservant du vin, encore et encore. Je ne répondais rien, ce qui appuyait encore plus le malaise. Je me levais, me rendais dans le salon et attrapa ma boulette de chichon, ainsi que mes feuilles à rouler. Je me retournai dans la cuisine et me mettais à rouler un splif, tout en  me resservant un verre  de vin.
" Alors tu ne dis rien ?
- Non, je ne sais pas quoi dire.
- Tu m’as bassiné pendant deux ans pour que nous ayons un enfant et aujourd’hui tu es, là, sans un mot, et même pas un sourire. Au contraire tu tire une gueule en biais et tu bois verre sur verre.
Elle avait raison, je ne pouvais rien dire, j’étais complètement pétrifié, muet. Il n’existe pas de joker dans ce genre de situation. Alors je pris mon courage à deux mains et me lançai sans savoir vraiment ou j’allais.

-Tu sais, je ne sais pas quoi dire, c’est vrai. Que veux - tu que je fasse, que je te saute au cou et que je fasse semblant ? Jamais. Nous parlons de la vie d’un être humain, et toi et moi, nous ne nous entendons plus. C’est très triste, mais c’est comme ça, et tu le sais, mais ce que tu ne sais pas c’est que tu as dépassé les limites avec moi. Tu penses me rattraper avec un enfant et me faire oublier tes paroles, mais non. Il y a trop de phrases horribles qui me trottent dans la tête et je ne peux plus rien y faire, je me suis renfermé sur moi. J’ai peur, voilà ce que tu ne sais pas.
- Peur de quoi ?
- Peur de t’aimer mais d’avoir à te quitter, que tu sois enceinte ou   pas.
- Tu me quitterais comme ça ?
- Non, jamais je ne te quitterais comme ça. Mais sache une chose c’est que je ne vais pas te dire de garder cette enfant alors que j’ai envie de te quitter, même si je t’aime encore. Non, je ne veux pas de cet enfant, ce n’est pas du tout raisonnable de mettre la vie d’un enfant entre notre histoire qui ne fonctionne plus.
- Tu n’est qu’un égoïste.
- Pense ce que tu veux, mais je suis simplement juste et honnête avec moi même, et avec la vie d’un être humain.
- Alors si c’est comme ça, tu prends tes affaires et tu t’en vas sur le champ !
- Ok, Viola, je m’en vais, je suis triste, mais je suis vrai.
- Va t’en maintenant et ne t’inquiètes pas, je ferais ce qu’il faut et je te tiendrais au courant.
- Comme tu veux Viola . »

Je passai par notre chambre prendre quelques fringues, ma caméra et la photo de mes parents. Je savais que je regardais ce lit où nous avions tant fait l’amour.Je regardais ce lit pour la dernière fois. J’avais très mal au cœur.J’étais très triste et les larmes me coulaient le long des joues.Il fallait que je parte, au moins pour sauver ma peau.
Une fois sorti de l’ immeuble, je passais un coup de fil  afin de trouver un plan loge pour la nuit. Mon ami et avocat, Mathieu, me proposait plus que l’hospitalité. Il avait carrément une chambre de libre pour le tems que je souhaitais. J’arrivais chez lui vers minuit et nous buvâmes de  la Zubrowska jusqu'à quatre heures du matin. Je partais bosser le lendemain matin sans avoir vraiment dormi. Impossible de fermer les yeux. J’étais mal, je n’arrivais pas à réaliser ce qui venait de m’arriver.


Au bout de quelques jours chez Mathieu, nous avions pris nos habitudes. A tour de rôles, on faisait les courses, on cuisinait en buvant du bon vin et en fumant des petits pétards.
Il cuisinait très bien. J’aimais bien ce type, il était particulièrement agréable et très relax. Après le dîner, il jouait un peu de la trompette, puis on se calait devant un bon film avec un petit cognac. J’essayais  de ne pas trop réfléchir et de ne pas me projeter dans l’avenir. Je pris une semaine de repos et mon patron m’encouragea à partir en voyage. Je restais chez Mathieu et m’y sentais très bien.
Un matin, vers huit heures, le téléphone sonna.C’était Viola. Elle avait rendez vous à l’ hôpital dans une heure, pour se faire avorter. Quel mot, avorter.  
Nous nous donnâmes, rendez vous dans un café, juste en face de la clinique. Je connaissais cette clinique j’y avais été le jour ou je m’étais casser la clavicule. J’arrivai dans le bistro avec un peu d’avance, j’en profitai pour acheter la presse  et prendre le temps de faire le point dans ma tête. Elle arriva avec un visage décomposé. Ça faisait quinze jours que nous ne nous étions pas vus. Elle était belle, plus belle que jamais. J’avais envie de la serrer contre moi, je l’ai alors enlacé avec tendresse. C’était atroce ces retrouvailles dans ce café, c’était tout ce que je détestais. On se regardait dans les yeux sans savoir quoi se dire. Elle se mit à pleurer et j’eu l’impression de ne jamais l’avoir trouvé aussi belle.
J’avais mal au plus profond de moi, mais je ne pouvais revenir sur cette décision. Je ne me voyais pas construire une vie familiale avec elle. Nous étions en désaccord sur trop de sujets dans la vie. Je la regardai et ses paroles méchantes me revenaient par flash, à mon esprit. Comment une femme aussi jolie qu’intelligente, pouvait elle me faire payer à ce point l’absence de son père. Sur les dernières années, j’avais l’impression d’être devenu, son soufre douleur.Pourtant c’ est pas faute d’avoir essayer  de la rapprocher de son père. De toute façon, une fois de plus je m’étais amouraché d’une femme qui n’avait pas réglé ses problèmes avec son père. Elle souhaitait régler les détails de l’avortement au plus vite, afin de déménager et changer de quartier

C’était l’heure du RDV à l’hôpital. Je l’accompagnais aux administrations, et la quittais pour son rendez vous avec le docteur.
Je retournais au bistrot. Je me sentais mal et j’avais besoin d’oublier cette souffrance. Etais-je un sale égoïste ? Non. J’étais faible ? Non.

Par dessus, tout je considérais comme intolérable de me forcer la main de cette façon, surtout  concernant la vie d’un enfant dans un couple qui ne fonctionnait plus du tout.
Je restais assis, dans le bar durant plus de quatre heures.Vers seize heures, je me rendais à l’hôpital pour la retrouver. J’étais un peu pompette, mais je gérais tout. La situation était tellement triste et déprimante que l’alcool n’avait plus d’effet sur moi. Elle m’attendait dans la chambre 101. Je pris l’ascenseur pour le 3 étages et en moins de deux minutes, la musique ambiance aéroport, me donnait le bourdon.  Je l’aidais à s’habiller et nous quittâmes l’hôpital sans nous dire un mot. Enfin, presque. Elle ne me dit qu’une seule chose.

    « Tu sais c’était une petite fille. »

Je la mis dans un taxi, et elle partie sans même me regarder.Je regardais le taxi s’enfuir dans cette cohue urbaine. Je retournais dans ce bar et y passait toute la fin de l’après-midi. Vers dix-neuf heur trente, je rallumai mon téléphone et celui-ci m’affichait neuf appels en absences, provenant d’un numéro masqué. Je pris le métro et rentrai chez  Mathieu me faire couler un bain. J’étais mal. Je n’étais pas fier de moi. Elle souffrait et je ne pouvais plus rien faire. Notre couple était mort, et cette histoire d’avortement n’avait fait que finaliser les choses. A peine sorti du bain, l’ interphone et mon téléphone portables se mirent à sonner dans tous les sens. J’entendais une petite voix au téléphone qui m’appelait par un surnom que je n’avais plus entendu, depuis vingt ans au moins.

« Salut Anto c’est Béatrice ! Tu ne me reconnais pas ?

- Béatrice, bien sûr. Mais c’est incroyable, ça fait vraiment bizarre d’entendre ta voix.Tu es sortie quand ?

- Depuis trois jours, je suis chez ma mère à Avignon et j’arrive à Orly vers vingt-deux heures quarante, ce soir. Peux-tu venir me chercher j’aimerais te voir. Ça fait si longtemps, tu es libre, on peut passer la soirée ensemble, je ne te prends pas aux dépourvues ?

- Bien sûr, avec grand plaisir. Tu comptes sur moi je serais à l’aéroport pour vingt-deux heures quarante. Bisous, à toute a l’heure. »

Je raccrochais et tombais dans le canapé. Je n’arrivai pas à réaliser que c’était Béatrice qui me parlait au téléphone, il y a tout juste, cinq minutes. Elle avait été ma première amoureuse, lorsque j’avais 17 ans. C’est avec elle que j’avais fait l’amour pour la première fois. Nous nous sommes séparés en mauvais terme, après un an.
Un an après notre séparation, je rentrais dans une librairie pour acheter un magazine, lorsque je pris en pleine face la photo de Béatrice, en couverture d’un célèbre magazine people de merde.

Dans l’article, j’apprenais qu’elle était accusée de complicité de meurtre dans une affaire, de gamins à deux balles, qui avait très mal tourné. Elle s’était fait embobiner par des petits caids. Tout ce que je détestais.
Je suis sortie de la librairie, j’ai trouvé une cabine téléphonique et appelé sa mère. Dés mon retour à Paris j’ai vu sa maman, qui, de vive voix, m’a expliqué les faits. Quelques jours plus tard je fis une demande de permis de visite.
J’allais la voir régulièrement à Fleury, tous les mercredis et samedis. A cette époque je travaillais chez Go Sport, place d’Italie. Je m’étais débrouillé pour bosser dans ce magasin, car en cinq minutes, je chopais la A6, qui m’emmenait en vingt minutes, à Fleury Mérogis. Je faisais l’aller-retour pendant mon heure de déjeuner. Une demie heure de parloir, c’était court, mais c’était bon. Les fins de parloirs, c’était abominable.

( …..)

Petit à petit, nous sommes retombés amoureux, follement amoureux même.  Durant trois ans, ce fut, bonheur et peine. Bonheur de se voir, peine de se quitter.

Le jour de la sentence du jugement, elle fut condamnée à une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Depuis ce jour, je n’avais plus jamais eu  aucune nouvelle. Elle ne répondait ni à mon courrier, ni à mes demandes de visites. Je m’étais même retrouvé plusieurs fois, seul au parloir. Elle ne donnait plus aucun signe de vie.
Plus tard, j’ai appris par sa mère qu’elle souhaitait que je refasse ma vie et que je ne l’attende pas. J’acceptais sa décision avec beaucoup de tristesse, et quelques jours plus tard je quittais la France, pour le Mexique, ou je restais un an.


Voilà, depuis je n’avais plus jamais eu de nouvelle de Béatrice. Quinze ans d’absence, et ce coup de fil, il y a cinq minutes. Je n’arrivais pas à y croire.  J’allais la voir en vrai, en liberté. Je l’amènerai manger à La Renaissance, dans le 11éme, rue de la Roquette, mon restaurant favori.

Mathieu me prêta sa voiture pour la soirée, et j’arrivais à l’aéroport juste à temps pour son avion. Les voyageurs sortaient de l’avion et je ne la voyais toujours pas apparaître. Elle arriva parmi les derniers voyageurs, avec le si beau sourire, que je lui connaissais. Nous nous enlaçâmes durant un long moment, qui me paru durer une éternité.

Mes larmes ne pouvaient se retenir. Je pensais dans ma tête, que ce matin si on m’avait dit que je serais, là, avec elle ce soir, je n’y aurai jamais cru. Tout le monde, voir n’importe qui, mais vraiment pas elle…Quinze ans plus tard elle n’avait pas changé. Toujours le même regard si doux et brillant à la fois, et si complice. Je lui tenais la main et n’arrivais toujours pas à y croire. Et dire que ce matin, dans le bar en face de l’hôpital, je m’étais juré de faire un break avec les femmes pendant un bon moment. Mais c’est la vie, et ses surprises. Là, j’étais avec elle, main dans la main. Dans ma tête en conduisant vers Paris, je me disais, « Si Viola savait ça, elle me prendrait pour un salaud. Alors, que non, je ne suis pas un salaud. Béatrice est mon amie depuis vingt ans et je ne pouvais pas la décevoir et ne pas passer, une de ses premières soirées de liberté, en sa compagnie. »

Par chance j’avais pris le temps de réserver, car à La Renaissance c’étais toujours blindé. A peine assise, elle commanda une bouteille de champagne. J’avais quand même pas trop le moral, mais boire un peu de champagne me ferait le plus grand bien. Après tant d’années de séparation, on se devait bien de fêter ça, et même, en faire une soirée mémorable. Moi, qui m’étais toujours dit de ne pas être capable de supporter un ou deux ans de prison. Chapeau. J’étais halluciné rien que d’y penser. Je la regardais me parlait et je n’arrivais pas à croire qu’elle avait pu tenir le coup pendant tant d’années. Nous ne savions pas comment commencer notre conversation. Tellement d’années, à se raconter. C’était marrant, nous n’ arrêtions pas de nous couper la parole. Il  fallait presque tous reprendre à zéro, raconter sa vie pendant ces quinze ans. Nous avions tout notre temps.

 « Tu sais j’ai gardé ta photo sur les murs de toutes les cellules ou j’ai était. Elle ne m’a jamais quitté. Regarde la bague, celle que tu m’as offerte, et bien je l’ais toujours avec moi depuis que je suis sortie.Tu te souviens de cette histoire de la bague, quand même ? »
Je repensais à cette fameuse histoire de bague que je lui avais offerte pour ses vingt ans. J’avais été obligé de lui passer en cachette durant le parloir et lorsqu’elle était passée aux fouilles avant son retour en cellule, elle avait oublié d’enlever la bague. Elle était presque fière de la montrer aux matonnes. Enfin, elle s’était fait saisir la bague jusqu’à sa sortie, quinze ans plus tard minimum.
Elle avait pris quinze jours de mitard, et moi, deux mois d’interdiction de parloir. Sans compter la confiscation de la bague qui l’avait beaucoup peiné. Elle s’en voulait de s’être fait toper si bêtement.
Ça m’avait rendu fou, j’étais tellement énervé que j’avais décidé de racheter la même bague. A côté de chez Darty, il y avait les galeries Lafayette, et c’est chez eux que j’avais acheté la première bague. Si j’avais raconté à la vendeuse pourquoi je venais en racheter une autre. Je n’avais plus assez d’argent pour acheter cette seconde bague. A l’époque, c’était tout de même neuf mille francs, alors j’avais fini par l’acheter à crédit. Je me souviens, je gagnais cinq mille francs par mois et j’avais pris un crédit sur trois ans. Alors cette fois ci, il n’était pas question de se faire saisir la bague au parloir.
Après deux mois sans parloir, je revins la voir et je lui présentais la nouvelle bague.    Elle se mit à crier de joie. Pour ne pas prendre de risque avec les surveillantes qui avait entendu son cri, elle avala la bague d’un geste rapide. Je n’en revenais pas, mais c’était pourtant la meilleure et la seule de solution. Ni une ni deux, les surveillantes étaient arrivées, mais c’étais trop tard la bague était déjà dans son corps, en elle cette fois ci.

« Tu sais qu’ils ont gardé la première bague jusqu'à ma sortie, et comme j’ai toujours fait très attention, j’ai réussi garder la deuxième. Alors tiens voilà la tienne. »

Je ne savais pas quoi dire, cette journée était particulièrement émouvante, pleine de rebondissement plus intenses les uns que les autres. En 10 minutes, je me retrouvais déjà la bague au doigt.
Elle me racontait sa sortie et ses premières heures de liberté. Elle avait les yeux rouges, aux bords des larmes, mais rien ne coulait. Je la trouvais forte, très forte. Avoir supporté cette peine si longue, alors que le jour des faits reprochés elle n’avait que 18 ans et deux mois. C’était une enfant.
Elle était,la, devant moi, et radieuse comme jamais. Nous avions chacun notre bague au doigt et nous nous sourions, comme des adolescents.
Et puis, hop ! mon esprit me retransportait avec Viola, dans le bar en face de l’hôpital. J’étais amoureux de Viola et je me retrouvais, la bague au doigt, avec ma meilleure amie. Je ne comprenais plus du tout ce qui m’arrivait. J’avais la tête dans le brouillit, et les larmes au bord des yeux.
Je regardais Béatrice et malgré tous j’étais heureux de partager ses nouveaux instants de liberté avec elle. Mon cœur était triste, mais mon amie était heureuse.
Viola ne m’avait pas laissé le choix. Elle avait crue me récupérer avec cette histoire d’enfant. J’étais libre, et c’était ma destiné, je m’étais tellement senti embrigader dans son ultime recourt pour sauver notre couple. Je n’avais pas à me poser toutes ces questions, j’avais toujours aimé Viola et l’avais toujours respecté. Je suis très loin d’être parfait, mais Viola m’avait toujours confondu avec son père. Elle ne pouvait faire autrement. Au début, quand nous nous sommes connus, elle m’avait dit que je ressemblais à son père. Un petit côté Patrick Dewaer.
J’étais en train de penser au père de Viola quand je réalisais que Béatrice n’avait jamais connu son père. Elle l’imaginait de toutes ses forces. Elle m’en parlait beaucoup dans ses longues lettres, durant sa détention. Il lui manquait plus que tout. Je réalisais qu’une fois de plus je me retrouvais avec une femme qui n’avait pas réglé ses problèmes avec son père. Décidément je ne savais faire autrement. Toujours le même schéma.
Béatrice me parlait sans interruption et je ne saisissais que certaines phrases.

« Tu sais à la fin de ma détention en centrale, j’avais le droit de passer un coup de téléphone par mois. Je ne savais pas comment te joindre.Un jour de parloir, j’ai demandé à ma tante qui connaissait des gens aux renseignements généraux, de trouver ton numéro de téléphone. J’avais trop envie de t’appeler et d’entendre ta voix. Après plusieurs recherches, elle m’a dit qu’elle n’obtenait rien sur toi.Tu est plus qu’inconnu chez les RG, plutôt une bonne nouvelle non ? »

Je ne savais quoi penser de cette nouvelle, toutefois, être inconnu aux R.G. c’est plutôt pas mal. Aucune adresse, aucun numéro de téléphone, il ne savait rien, puis de toute façon j’avais rien à cacher.
Je la regardais parler et j’étais plus que admiratif devant cette femme. Savoir qu’elle avait pu supporter presque 20 ans d’emprisonnement, rien que cette idée me filait des frissons. Tant d’années de détention pour une personne comme moi qui aime tant la liberté, non, jamais je n’aurais jamais supporter. Comment était ce possible ? J’étais persuadé que je n’aurais pas attendu plus de 2 ou 3 ans avant de me donner la mort. Pour vivre enfermé pendant 20 ans, il faut être fort dans sa tête, et même plus que ça. Y à pas de mot pour un tel calvaire.


« Tu ne m’écoutes plus, tu es complètement ailleurs ?

- Excuses moi, je suis un peu ému, si tu connaissais les détailles de la journée que je viens de vivre, peut être comprendrais-tu. »

-  Jamais tu n’imagineras le nombre de fois ou j’ai rêvé que toi et moi nous étions ensemble. Je nous voyais nous promener avec nos enfants au jardin du Luxembourg, nous offrir des glaces, se balader et entendre les cris de joie des enfants. J’ai eu une longue période où cela m’obsédait. »

-  Excuses moi, je ne veux surtout pas te couper, mais tu préfères un Bordeaux ou un Bourgogne ?

- Un bordeaux, un très bon Bordeaux même.

 - Alors un Bordeaux, s’il vous plait, le meilleur.

- Sur les murs de ma cellule, à Lille en centrale, pendant 15 ans j’ai regardé ta photo, tu sais celle ou tu as le pull rayé marin, et bien tous les jours je l’embrassais d’un baiser volant. Le jour où je suis sorti, je l’ai décroché du mur et j’ai essayé de compter le nombre de baisers que j’avais pu te faire durant toutes ces années. Tu sais combien ça fait de baisers ?

-  Non, je ne sais pas, mais je te fais confiance.

-  Et bien environ 5500 fois je t’ai regardé dans les yeux et je t’ai souri avec mes lèvres et mon cœur. J’attendais ce jour plus que tous. Ma liberté en cellule c’était toi, voilà, aujourd’hui ce soir, je suis là, devant toi, et je suis la plus heureuse des femmes. Mais…Qu’est ce que tu as ? Pourquoi ces larmes est ce que j’ai dit quelque chose de mal ?

-  Mais non, surtout pas, je suis ému et bouleversé, j’ai les nerfs qui lâchent un peu. T’occupes pas il n’y a aucun problème, je suis très heureux d’être avec toi ce soir. »

Je me resservais un verre de vin trop rapidement. Il fallait que je ralentisse, mais j’avais envie de pas mal d’alcool pour me relâcher vraiment. Cette situation était trop forte, j’étais limite envie de vomir. Elle devait le voir dans mes yeux que j’étais gorgés de mélancolie. Ayant, tendance à être parano je m’efforçais  de me dire que les gens qui me regardaient chialer à table, en souriant avec une si belle femme, et bien j’avais peur qu’ils pensent qu’elle me faisait souffrir. Qu’elle me faisait du mal. A quelques tables de nous, il y avait une toute une famille autour d’une table ronde. Ils devaient venir de province et être de séjour à paris pour les fêtes de Noël. De dos, une jeune fille qui devait avoir, huit ou neuf ans, n’arrêtait pas de se retourner et de me regarder. Elle devait comprendre peu être ce qui se passait dans mon cœur, c’était mignon. Plein d’émotions. Les plats arrivèrent et nous profitâmes du serveur pour plaisanter un peu avec lui et donner un peu de gaîté à la conversation. On n’arrêtait pas de trinquer : champagne et Bordeaux accompagnaient nos - poêlés de St Jacques persillade et mon pavé de bœuf. Il fallait que je mange  un peu pour me requinquer de ce trop plein d’émotion et d’alcool. Le repas était délicieux et on se faisait goûter nos plats, comme des touristes Japonais dans un resto gastronomique français. On rigolait pour rien. Que pour ça. Elle se mit soudainement, tout en continuant de manger, à me raconter des anecdotes sur sa vie quotidienne en prison.

« Tu sais, mon grand père, de Dax, ben oui, je suis idiotes tu le connais bien d’ailleurs. Et bien un jour, il est venu me voir au parloir, et comme c’était mon anniversaire et qu’il savait que j’aime beaucoup les chaussures, et bien tu ne devineras jamais ce qu’il a fait ? »

- Non, je ne vois pas. Vas y, dis moi.

- Et bien je t’assure tu me croiras si tu veux, il s’est cousu plusieurs poches dans un long manteau, tu vois à l’intérieur, et bien,  ainsi après être rentré dans le parloir, il a bien attendu que les mattones soit passées, et Hop, soudainement il a ouvert son manteau. J’ai vu apparaître tout un choix de jolies paires de chaussures plus jolies les unes que les autres. Il m’a fait le magasin de chaussures  en direct dans le parloir, et tous ça rien que pour mon anniversaire. C’ est pas la classe ça ?

- C’est plus que classe, c’était un prince ton grand père. Tu sais bien comment je l’aimais cet homme, Papy Gino. Papy Laclasse. !

- Eux aussi, mes grand parents ils t’aimaient beaucoup »
.
Elle m’avait expliqué, 5 minutes au paravent que son grand père était décédé durant son incarcération. Elle n’avait pas pu obtenir l’autorisation d’ aller à l’enterrement, même sous escorte. Cela l’avait très fragilisé pendant 3 a 4 ans. Et pour faute, c’était le seul homme de la famille. C’était un vieil Italien de Palerme, qui vivait à Dax depuis 50 ans avec sa femme. Ils étaient trop beaux tous les deux.
Nous avions tout de même fini la bouteille de champagne et de Bordeaux, quelle renaissance…
J’avais envi d’un super dessert, tu sais le genre de dessert qu’on partage à deux avec un assortiment – Fondant au chocolat – Framboisier –tiramisu - crème brûlée. C’était mon dessert préféré sur toute la place de Paris. Pourtant j’étais pas du tout dessert comme mec.
Pour faire la surprise à Béatrice, je profitais d’aller aux toilettes pour passer discrètement commander le dessert à notre serveur. Sympa d’ailleurs le serveur, ce qui est de plus en plus rare de nos jours.
Je poussais la porte des toilettes et je me retrouvai brutalement face à face avec la petite fille assise à la table des provinciaux, celle qui me faisait de charmants sourires. Elle sursauta un peu et me sourit.

« J’ attend mon papa c’est pour ça que je suis là.

- Non mais, il n’y a aucun problème mademoiselle je reviendrais plus tard. «

Je sortais des W.C avec un sentiment étrange. J’étais super mal à l’aise. Le serveur me regardait comme un client qui attend son heure pour aller vomir aux toilettes. Je devais être plus que blanc, comme un mort. Je me ressaisissais et accompagnais le serveur jusqu’à la table. Elle souriait, elle avait l’air tellement heureuse.

« Quel beau dessert, je n’ais jamais vu un aussi beau dessert de toute ma vie.C’est plein de cerises sur le même gâteau. On peu dire ça tu crois ?

- Bien sûr on peut tout dire, tout. Et rien d’autre que tout.
- C’est vrai, il faut tout dire dans la vie. Enfin, peut être pas tout, mais tout ce que l’on a sur le cœur, ça il faut le dire, même si des fois, c’est pas facile. Il ne faut jamais jouer avec les êtres humains et encore moins avec les enfants ».

Au moment, juste avant qu’elle ne finisse sa phrase elle ce retourna vers la table des touristes et là, je n’arrivais pas à y croire, elle se mit a sourire à la petite fille qui était retournée à sa place. Houa !!! Je ne me souvenais pas avoir autant eu envie de me pisser dessus depuis très longtemps. Là, assis sur cette banquette je me retenais, mes main étaient toutes moites et ma grosse veine sur ma tempe droite tambourinai à toute berzingue.  
Pour me redonner contenance, je recommandais une demie bouteille de champagne et deux calva. A fond. J’avais envie d’être saoul. Je ne comprenais plus du tout ce qu’il se passait autour de moi. La petite fille me souriait, Béatrice finissait le dessert et moi je m’enfilait mon calva, cul sec. Dans ma tête, j’avais l’écho de la phrase de la petite fille dans les toilettes.-« J’ attend mon papa c’est pour ça que je suis la ». J’avais cette phrase en boucle dans ma tête.
Béatrice commençait à être un peu pompette, elle étais belle. Elle se leva avec sa coupe de champagne à la main et m’invita à trinquer avec elle.

« Alors à la vérité et rien qu’a la vérité d’accord ?

- Rien qu’à la vérité, oui, à ça, la vérité. »

Je commençais à me rassoire, tendit qu’elle restait debout, sa coupe de champagne levée vers le ciel. Elle me regardait dans les yeux. Ses yeux brillaient comme les plus belles étoiles de notre galaxie. Je restais assis et la contemplais dans toute sa grandeur. Une larme commençait à couler le long de sa joue gauche.
Je ne l’avais jamais vu pleurer de ma vie. Elle  ne pleurait jamais, je le sais. Durant 20 ans de prison, elle n’avait pleuré que deux  fois, m’avait-elle confiée. Pour la mort, de Papy Gino, et le jour ou le président du tribunal avait prononcé les mots de sa sentence. « Peine, de réclusion criminelle à perpétuité. »
Et là, devant moi, elle pleurait. Elle me regardait comme on ne m’avait jamais regardé. Jamais, comme ça………... Si j’avais pu me lever j’aurais voulu être capable de pleurer plus fort qu’elle. De la prendre dans mes bras et de la portée au dessus de tout le monde.
Soudain, elle se retourna et elle interpella l’ensemble des clients assis autour de nous.

« Excusez moi, mesdames, messieurs, demoiselle, de vous déranger pendant votre dîner, mais voilà je voulais que vous sachiez tous , que ce soir est un des plus beaux jour de ma vie. Alors je voudrais trinquer à notre santé, à notre liberté et à la vérité. A vous tous ! Une dernière petite chose que j’aimerais vous dire, à vous qui êtes là, et que je ne reverrais, peut être jamais. Je voudrais que vous sachiez plus que tout, que la liberté, c’est la vérité, et que la vérité c’est que  vous voyer tous, ce charmant monsieur assit, là,  devant moi et qui pleure d’ ailleurs comme moi. Et bien sachez, que ça fait 20 ans que j’ attend, pour lui dire que je voudrais plus que tout au monde, et plus fort que tous l’enfer que j’ai vécu, et bien je voudrais, car c’est mon plus grand rêve, avoir une fille de lui. «

  
 
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MessagePosté le: Sam 3 Jan 2009 - 19:54    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 08 Juin 2008
Messages: 160
Poissons (20fev-20mar)

MessagePosté le: Sam 3 Jan 2009 - 23:38    Sujet du message: nouvelle Répondre en citant

Trop de détails nuisent au récit. On a de la peine à suivre jusqu'au bout à cause de trop d'évènements fortuits qui ne servent pas à bon escient le récit. Ce qui rend le texte trop long , sans que l'on s'y accroche avec intérêt.

Il faut être concis et ne pas se perdre à tout rapporter dans le moindre détail.

Il faut tenir le lecteur en haleine et non pas éparpiller son attention dans toutes les directions.

Tout personnage introduit doit avoir un intérêt pour l'histoire. Le lecteur les soupèse, sympathise ou rejète qui il veut.

Eviter les clichés, genre vie de tous les jours, il faut que chaque état d'âme soit justifié pour alimenter la trame, que chaque action ait une signification qui alimente le suspense ou la trame.

Ne pas négliger de revoir le texte pour diverses corrections.

La conclusion n'est pas claire, quoique l'on suppose que c'est sa fille.

En règle générale, on n'écrit pas pour soi, mais pour les autres : donc usiter des techniques qui font accrocher le lecteur, aiguiser son appétit au fur et à mesure du récit, l'intriguer par de fausses-vraies directions, l'impliquer dans son son histoire, faire monter son adrénaline ou ses émotions, susciter sa joie ou sa tristesse.... Le lecteur lâche vite sans appâts...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:38    Sujet du message: nouvelle

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