http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: LA COUPE EST ¨PLEINE...
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LA COUPE EST ¨PLEINE...

 
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LAMY Jacques
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Capricorne (22déc-19jan)

MessagePosté le: Ven 15 Mai 2009 - 09:07    Sujet du message: LA COUPE EST ¨PLEINE... Répondre en citant


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La coupe est pleine...

Vite ! Du secours ! "Monsieur Jean" baigne dans son sang... !

Aline, la cuisinière, toute pâle hurla cet appel en remontant de la cave. Elle hésita un instant, puis s'évanouit une fois parvenue au milieu de la salle, constituant ainsi un obstacle de taille au cheminement des convives.

Henri PATON le patron, un colosse agile, P'tit Louis (le serveur-gentleman) et Nénesse (le serveur déménageur garde du corps, obtus et servile), accompagnés de quelques clients se précipitèrent vers l'escalier menant au lieu du drame.

······


Le bar à vin, "La chopine", de bonne réputation gustative et mauvaise quant au respect de la légalité, dont le patron Henri s'était, autrefois, il y a bien longtemps de ça, mêlé à de petits trafics rémunérateurs ("alors que maintenant je suis rangé des affaires"), était un lieu de perdition pour les magistrats gourmands, du palais justement, des policiers anonymes mais reconnus, des touristes et passants ingénus, des voleurs et receleurs non encore formellement identifiés.

······


Un petit homme chenu, qui attablé l'instant d'avant se ravigotait en dégustant une langue de veau tout en s'abreuvant d'un Gros-Plant, avait quitté sa place et courait derrière Henri en criant : laissez-moi passer, je suis médecin !

Le petit homme se pencha sur la victime (qui gisait au milieu de débris de verre dans une mare rouge-sang), écouta les éventuels battements de cœur, dénoua la cravate, la ceinture et les lacets de chaussure de l'individu, l'examina de tous côtés, puis émit son diagnostic :
Il n'est pas mort, il est ivre-mort... Ce n'est pas son sang mais du vin.

Henri, stupéfait, s'écria :
C'est "Monsieur Jean", notre caviste... Il ne boit jamais autrement que pour les besoins de la profession. Le patron trempa le doigt dans le liquide dans lequel surnageait l'ex-cadavre. Merde ! C'est du "Mont Doubletache" AOC 98 ! Et, après un coup d'œil circulaire de maître : ya au moins six bouteilles !

Henri entendit derrière lui, une voix de basse-taille et une autre haut-perchée qui lui dirent en même temps :
Je voudrais vous parler Monsieur Paton.

Henri se retourna instantanément et ne vit personne sur le coup. La voix haut-perchée appartenait à un homme de petite taille qui lui brandissait sous le nez sa carte professionnelle, barrée de tricolore, du B.S.R.A.P. (Brigade Spéciale de Répression des Assassinats Programmés.)
La voix de basse-taille provenait d'une grande femme mince (dotée de petits yeux de myopes équipés de lunettes), dépassant Henri d'une bonne tête, vêtue sombrement et coiffée d'un petit galurin à fleurs, qui présentait agressivement une carte de l'A.A.T.S.P. (Association Anti-Alcoolique et de Salubrité Publique.)
Moi aussi je voudrais m'entretenir un instant avec vous, fit un homme à l'air chafouin qui venait d'arriver accompagné d'un caméraman, le redoutable journaliste d'investigation, Jean RAJOUTT, de l'hebdomadaire "Le Poing".

Je suis à vous, de suite, sourit aimablement de toutes ses couronnes d'or plastifiées Henri au reporter, je m'occupe de ce Monsieur et de cette Dame, et je reviens. Il fit un clin d'œil à P'tit Louis qui s'affaira aussitôt auprès de la militante associative, tandis que lui, Henri, prenant le policier par le bras, le conduisit au seuil de la salle.
Il lui désigna un homme pansu accaparé par l'absorption d'un copieux tripoux auvergnat arrosé d'un aligoté de derrière les fagots :
Monsieur Martin MATON-BÂTON, Directeur de la P.J. C'est lui qui est derrière tout ça : allez-y !
— Je vais d'abord poursuivre mon enquête, et je reviendrai vous voir plus tard,
lui répondit le policier tétanisé.

Pendant ce temps, P'tit Louis emmenait la militante dans un bureau du premier étage :
...afin que vous puissiez m'interroger avec tout le confort nécessaire au bon accomplissement de votre mission. Que voulez-vous savoir ?

La militante, un peu surprise, lui rétorqua, encore agressive :
Odile DE CLAQUEBEC, Présidente de l'A.A.T.S.P. J'entends bien obtenir la fermeture de votre tripot, de votre bouge devrais-je dire... Assassiner les gens par le vin, ce poison : quel exemple pour notre jeunesse ! La police est laxiste, mais, NOUS, nous veillons au salut de nos concitoyens ! Que signifie le meurtre d'un innocent qui, aux dires mêmes de votre patron, ne buvait jamais ? Je tiens à connaître TOUTE la vérité !
Ah ! Madame, fit P'tit Louis en s'inclinant, on ne peut rien refuser à des yeux comme les vôtres. Monsieur Jean n'est pas mort : il est seulement endormi. Comment une enquiquin... enquêteuse comme vous, avec les yeux que vous avez, auxquels je ne puis résister d'ailleurs, peut-elle qualifier de poison le jus de raisin, légèrement fermenté, négocié sous le label de "Mont Doubletache". Savez-vous seulement ce que c'est ? Je parie que vous n'y avez jamais goûté, n'est-ce pas ?
— Je connais l'action néfaste de ces sortes de breuvages et cela me suffit.
— Vous agissez en méconnaissance de cause
! clama P'tit Louis mimant la colère, un doigt accusateur, vous agissez sans savoir, uniquement sur des on-dit, portant un tort considérable à une boisson qui fait briller les yeux et rendrait les vôtres, déjà si beaux, telles des étoiles. Savez-vous que vos propos sont diffamants et susceptibles de sanctions pénales ?

P'tit Louis ouvrit une armoire murale et en sortit un flacon de cristal sur lequel était écrit au crayon plastique "Mont Doubletache" AOC 98. Il en remplit deux verres et en tendit un vers Odile de Claquebec :
Madame DE CLAQUEBEC, je vous promets que si après avoir réalisé cette expertise, vous maintenez votre position, je m'inclinerai devant votre argumentation.
— Mais non, je ne peux pas boire ce vin !
Disant cela, la Présidente de l'A.A.T.S.P. tendait ses deux bras en repoussoir du verre.
— Mais si, mais si, et d'une seule lampée encore ! Sinon, j'expose au journaliste qui est en bas le peu de consistance de votre propagande de dénigrement. On ne médit pas sans preuve, Madame DE CLAQUEBEC, ce serait trop facile sans cela : c'est très-très grave votre comportement !

Ce faisant, P'tit louis, guidait doucement la main tenant le verre de la militante. Elle prit une grande résolution, et avala le contenu d'un bloc.
P'tit Louis ne dit mot pendant cinq minutes. La Présidente ouvrit grand les yeux, puis porta les deux mains à sa poitrine comme pour retenir ses battements de cœurs, fit la grimace, tenta de se lever en vain :
Hou-là-là, tout tourne !

Le serveur l'aida à quitter sa chaise et la conduisit avec beaucoup de ménagement jusqu'au canapé du bureau où elle s'affala. Il sortit alors sans bruit de la pièce et referma la porte à clef et redescendit vers le bar.

Il décrocha le téléphone et appela le commissariat du secteur :
Ici le bar "La chopine". Nous avons ici Madame Odile DE CLAQUEBEC, Présidente de l'A.A.T.S.P., qui se trouve dans un état d'ébriété avancée et se repose actuellement dans un de nos bureaux Nous n'avons pas la possibilité de la ramener à son association et cela nous semble délicat de la confier à la garde d'un particulier. Il s'agit d'une personnalité, pouvez-vous vous charger de son acheminement, s'il vous plait ?
— Bon, OK. Nous envoyons une voiture-pie la récupérer. Une question : c'est la troisième présidente de ligue antialcoolique qui vient s'enivrer chez vous, comment cela se fait-il, hein ! ?
— Où voulez-vous qu'elles le fissent, sinon dans un bar à vin ?
— Oui, bien sûr... N'empêche que ça la fout mal et que sa carrière est fichue. Bon, on arrive.


Après avoir surveillé le transport de "Monsieur Jean" toujours endormi dans sa chambre, Henri revint auprès du journaliste d'investigation, Jean RAJOUTT qui, visiblement commençait à s'impatienter. Celui-ci brancha son magnétophone et tenta de pousser le restaurateur dans ses retranchements :
Votre commerce est-il le siège d'un crime crapuleux, de racket, d'espionnage ou politique ?
— Mais non, la tentative d'assassinat de "Monsieur Jean", sommelier réputé, est uniquement imputable à la concurrence. Vous savez bien que les plus grands noms de la profession me jalousent, non ?


Le journaliste semblait déçu, ce que remarqua immédiatement Henri.
— Vous êtes certain : aucun acte malveillant à caractère politique ?
— Je n'irai pas jusque là. L'hebdomadaire "L'Omnibus", poussé par le parti que vous connaissez, a déjà publié des articles désobligeants à mon égard, connaissant mes opinions politiques, les mêmes que les vôtres, c'est évident.
— Mais c'est intéressant tout ça ! Merci, Monsieur PATON.


Le reporter ayant quitté les lieux, le serveur garde du corps Nénesse interrogea son patron :
C'est quoi votre opinion politique Patron ?
— Toujours la même que celle du journaliste qui m'interview... Et toi ne t'avise jamais à avoir une autre opinion que la mienne, hein !
— Ouais, Patron.


La Présidente de l'A.A.T.S.P. une fois évacuée, les clients partis et le restaurant fermé, Henri, P'tit Louis et Nénesse se rendirent au chevet de "Monsieur Jean", dans le but d'obtenir quelques éclaircissements sur sa beuverie. Celui-ci, la bouche pâteuse, une carafe d'eau à potée de main, reprenait peu à peu ses esprits.
Tu n'as pas honte, dit Henri, te saouler et faire du scandale à l'heure du déjeuner : tu veux foutre la boite en l'air ou quoi ?
— Mais Batron...
— Tais-toi, c'est moi qui cause ! Il va falloir découvrir le nom du salaud de client qui alerta la police, le ligue anti-machin, et surtout la presse ! Quant à toi, tu vas me dire ce qui t'a pris et pourquoi : dettes de jeu ? Dépit amoureux ? Maladie incurable ? Coup de folie ?
Si cela te reprend, je te préviens tu subiras le sort de Popol : je te suiciderai !
— Ne direz pas sur le gaviste, Batron ! Je n'ai vait que mon devoir. Ma zoûlerie n'est que l'assident de dravail d'un provezionnel gonzenzieux.
— Accident de travail ?
— Eh, oui ! Nous nous zommes fait avoir, Batron ! La bonne avaire en récubération d'un gru rarizime, de votre bote "Le cérébral" : c'était çà !
Je n'en groyais pas mon balais ! Je goûte touzours les vins gu'on rezoit, vous le zavez bien, Batron. La bremière bouteille de "Mont Doubletache" AOC 98 que je débouche, au lieu d'un arrière goût de vramboise et grenache que je groyais drouver, une vague odeur de bunaise et de bétrole lambant. Bas détestable en fait, bais un gurieux goût gand même.
J'ai douté de moi, Batron, c'est vrai. J'ai insisté, puis je zuis bassé aux autres bouteilles : et toutes gontenant zette gamelote ! Un vin de goopérative de je ne zais où, vieilli aux cobeaux de bolyester pour avoir l'air d'un grand gru...

Vous gonnaissez la zuite.

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Jacques LAMY
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MessagePosté le: Ven 15 Mai 2009 - 09:07    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 15 Mai 2009 - 16:15    Sujet du message: LA COUPE EST ¨PLEINE... Répondre en citant

Oui, "la goupe est bleine" d'humour, avec un remue ménage des personnages et remue méninge des répliques qui donnent le tournis.

Un style invoquant San Antonnio et une cuite à la Bérurier.

Jean Rajoutt pas " Thank SAPEUH "  plaire et faire sourire le plus taciturne des lecteurs.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:59    Sujet du message: LA COUPE EST ¨PLEINE...

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