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ROSE DES SABLES...

 
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LAMY Jacques
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Capricorne (22déc-19jan)

MessagePosté le: Mar 26 Mai 2009 - 21:21    Sujet du message: ROSE DES SABLES... Répondre en citant

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ROSE DES SABLES

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Mardi 27 janvier 1931.
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La colonne progresse sur la piste menant à Barem. Claire Cambrieux, la jeune Sous-Directrice de cette expédition, émet le souhait de s'arrêter à Bamba. Le convoi stoppe. Son passé est là, tout proche, à portée de vue. Elle hésite un instant, puis, doucement :
"accordez-moi un moment, je reviens..."
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Claire Cambrieux, brune au regard amandin, à la peau mordorée est née à Bamba. Orpheline à huit ans, elle fut adoptée par un couple de hauts-fonctionnaires français. Elle fut baptisée "Claire", sans méchanceté, par stupidité du complexe colonial. Son prénom africain est Elfidia (El-fi-di-a) évoquant une célèbre rose des sables.
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Les Cambrieux éduquèrent leur fille telle une enfant du siècle née dans leur pays. Ils l'aimaient bien sûr d'une affection sincère, un peu condescendante, tout de même... Claire fit en France de brillantes études d'anthropobiologie, discipline scientifique naissante en ces années.
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Claire, à vingt ans, participait obligatoirement à la vie parisienne, étant donné la "haute situation" de son père. À cette époque, la Grande-Guerre écartée, l'exubérance folle régnait sur Paris. Elle se sentit accaparée par les fêtes, les réunions de salons, organisés par ses parents adoptifs, manifestations d'apparat où elle brillait par son érudition et son cartésianisme de bon aloi. Les hommes la dévoraient des yeux telle une émule de Joséphine Baker... Les "femmes du monde" la jalousaient, se gaussant entre elles de la teinte "caramel" de sa belle peau. Les "gens biens" la trouvaient : très intéressante, "pour une "négresse".
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Lassée de cette vie exubérante et superficielle, abandonnant sans regret pour un temps la capitale, Claire se fit missionner pour le Soudan Français, son pays natal (le Mali.), afin d'y effectuer des recherches anthropologiques.
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Le soleil consume les ruelles de Bamba. Elle ne s'attarde pas :
"prévoyons donc de nous arrêter au retour".
Et le convoi repart.
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Jeudi 29 janvier 1931
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Le séjour à Barem d'Elfidia est de courte durée. Elle y rencontre quelques sommités scientifiques occidentales en cours de recherche avant de retourner explorer la région plus au nord de Bamba.
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Elle profite d'un bref instant de liberté, pour visiter la ville et le souk tenu par des arabes : le poignard de Sargham scintille, exposé là. Les superstitieux la vénèrent. C'était l'arme maudite d'un roi tyrannique. La légende veut que la dépouille d'un homme, tué au moyen de ce poignard, soit livrée aux charognards avides. Il n'existe qu'un poignard de Sargham, parait-il, pièce unique détenue par un "antiquaire" marocain.
Claire, sans discuter le prix élevé (invérifiable), en fait l'acquisition.
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Vendredi 13 février 1931.
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Le retour se déroule sans incident et le convoi parvient au village Bamba. :
"Ne m'attendez pas, j'enverrai une estafette pour vous prévenir", leur ordonne Claire.

Dans une case inoccupée, Elfidia s'est habillé d'une vêture colorée locale, a couvert ses cheveux d'un long voile tissé, puis s'est assise au sol. Elle revit son passé, son enfance :
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• Sa mère, Amrah, veuve, survit seule avec elle.
Elle se revoit, cachée sous des tapis, quand survint Mamrhoudi, le sorcier du village, stature colossale. Il usa de sa force. Amrah évanouie demeura sans défense. Elfidia entendait l'halètement de la brute et, en pleurs, regardait, hypnotisée. En tant qu'enfant d'Afrique, elle ignorait peu de la nature.
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• Amrah, la Mama, pleurait souvent. Un jour, serrant Elfidia contre son cœur, elle lui murmura :
"j'attends un petit frère ou une petite sœur."
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• Des voisines parlèrent. Mamrhoudi eut très peur. Le jeune Chef, revenu à Bamba, le cantonna à la chasse aux mauvais esprits.
Le sorcier aux abois rassembla le village. Mamrhoudi, le lâche, révéla que Amrah avait été engrossée par les "Mauvais Esprits". L'unique sanction étant la lapidation pour les expulser de l'âme de la maudite : il lui lança avec force la première pierre !
"Mama !" cria Elfidia.
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Mamrhoudi a vieilli. Elfidia sans peur pénètre dans la case du malveillant nommé "Mamrhoudi-le-Sorcier".
"Je suis Elfidia, fille d'Amrah, martyre !"
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Mamrhoudi, statufié, se met à geindre fort, puis se dresse soudain la machette à la main, porte un coup à la jeune femme qui l'esquive. Mamrhoudi gît, le poignard de Sargham au cœur !
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Le Sirocco se lève, elle quitte les lieux.
Elfidia, pieds nus, face au vent vers les dunes, marche sur l'horizon ondoyant et changeant. La bourrasque sableuse s'enrage et s'insinue. Elfidia progresse peu, tombe à genoux.
Le sable accumulé monte jusqu'à la taille.
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Alors levant les bras vers le ciel granité, Elfidia enfin libérée par son acte tente de clamer en français, la bouche ensablée :
"Mama ! Je t'aime !"
"
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Jacques LAMY
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MessagePosté le: Mar 26 Mai 2009 - 21:21    Sujet du message: Publicité

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Messages: 1 314

MessagePosté le: Mer 27 Mai 2009 - 19:19    Sujet du message: ROSE DES SABLES... Répondre en citant

Prodigieuse nouvelle, au cachet oriental.

Il est préférable de garder au nom de l'héroine son vrai sens en arabe : à savoir "l'offronde" que l'on offre en forme d'indemnité pour un dol quelconque. Elle est également une "punition" pour avoir enfreint une règle religieuse. Elle est enfin une "rançon" due ou indue selon les circonstances .

L'héroine serait donc une "offronde" à la bêtise humaine . Mais comme elle est indue, elle se vengeance elle -même en réclamant une "fidia" ( punition) égale à la souffrance de toute sa vie : la mort du fautif et le sort réservé par le biais du poignard magique.
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