http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: LA TAUPE
  Créations littéraires
 
Index
 
 S’enregistrerS’enregistrer 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 


 Bienvenue  
LA TAUPE

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Créations littéraires Index du Forum -> Espace Nouvelles, Autobiographies, Textes et Récits courts -> Nouvelles
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
LAMY Jacques
Réputation
Réputation

Hors ligne

Inscrit le: 20 Avr 2009
Messages: 402
Capricorne (22déc-19jan)

MessagePosté le: Lun 13 Juil 2009 - 13:06    Sujet du message: LA TAUPE Répondre en citant

.
.


LA TAUPE  

Quinze ans de vie dans les secrets du Président : cinq ans sur le terrain et dix dans des bureaux, dont ceux de mon service en notre capitale. Mon supérieur est L.B., moi je suis G.S. L'agent de renseignement est bien souvent seul, en dépit de la structure qui le protège.
J'ai toujours servi fidèlement mon pays.
La persistance du secret est notre loi...
.


······  
.Le service "XZ", est la branche parallèle du réseau de renseignement présidentiel. Il est indépendant des services secrets de contre-espionnage officiels de l'État.
Z ne prend ses ordres que de la Présidence. Pratiquement, L.B. est le bras droit de Z, et moi, je suis le lieutenant de L.B. Des agents, triés sur le volet, nous assistent.
.
Nous constations des "fuites" dans le service. Et depuis bien longtemps. D'abord plutôt mineures, récemment dangereuses pour nos "résidents" étrangers, en pays ennemis ou bien ... autres.
Mais, je fus le premier à découvrir ces fuites.
"L'agent dormant" est un espion en réserve d'activité en un territoire étranger. Il peut en être ainsi pendant plusieurs années. Un des agents dormants, réveillé par nos soins, un homme d'affaires sérieux et respectable, s'aperçut que les murs avaient des oreilles et que son téléphone était sur "écoute". Or, l'activation de l'agent émanet directement de notre service. Je l'écartai momentanément du réseau et alertai immédiatement L.B.
.
Nous conclûmes à la présence d'une "taupe".
.
Il faut savoir qu'en notre milieu tout le monde est soupçonnable, a priori, de trahison pour raisons financière ou idéologique. Voulant "déterrer la taupe", nous décidâmes, L.B. et moi, d'user de désinformation tout en réduisant l'activité du réseau.
Je contactai alors, insidieusement et bien faussement, un espion étranger, servant uniquement sa nation d’origine, en pleine activité en un pays lointain. Je voulais le compromettre comme "agent double".
Et le pays d'accueil, dont je tairais le nom, averti de la manœuvre on ne sait comment, tombant dans le piège arrêtait l'individu.
.
Je confirmai ainsi les fuites du service, quand L.B. m'apprit, le visage défait, qu'il s'agissait « réellement d'un agent double », que lui, L.B., traitait depuis l’infiltration... Je l'ignorais bien sûr, mais L.B. le savait, ajoutant ne pas avoir fait sur le moment le lien entre "mon espion à compromettre" et l’agent de terrain que lui seul connaissait.
.
Jusqu'à ce jour L.B. était insoupçonnable, pour moi, tant il montrait un grand patriotisme. L.B. était un besogneux désordonné. Mais était-il d'un naturel désordonné ou était-ce en fait un habile camouflage ?
J'étais très contrarié, cela se remarquait dans le service et L.B. m'en voulut un peu d'extérioriser ma grande déception.
Au bout de quelques jours j'oubliai la bévue.
.
.
Nous devions transmettre des instructions secrètes à notre agent rebelle dans le DAGHESTAN. Le renversement de régime en ce pays est la clef de notre politique étrangère, alors que la BALKHAVIE le soutient toujours. La BALKHAVIE tente souvent de nous contrer en cette région qu’elle influence aussi. Mais, le danger vient de son réseau d’espions, très bien organisé pour ce petit pays.
.
L.B. et moi dressions un plan astucieux : je transmettrais donc nos instructions codées, fausses bien évidemment, par la voie classique, alors que mon supérieur acheminerait les messages par la valise diplomatique. Le sort de la rébellion au DAGHESTAN, dont le succès intéressait la Présidence, se jouait à ce moment là entre nos mains.
Mais, quelques jours plus tard, notre agent était pris, les rebelles décimés, le réseau détruit.
Le Directeur du service expliqua l'échec au Président qui ne cacha pas son courroux... Notre consternation de L.B. et moi se lisait sur nos traits : a quoi bon la cacher ?
.
Un service de renseignement officiel évoqua l'interversion des deux messages : celui de la "valise" contenant le faux, la voie classique infiltrée apportant le vrai !
C'est impossible, s'exclama L.B. gêné, car ils se trouvaient transportés distinctement.
En perdant des années d'efforts au DAGHESTAN, notre politique était toute à recréer. J'appris que l'interversion s'était faîte au niveau des messages dans notre service...
L.B. voulu nous persuader de sa bonne foi. J'étais tout à la fois perplexe et chagriné.
.
Je fus convoqué par "Z" qui ne dépendait que du Président, de "Lui" exclusivement. "Z" soupçonnant L.B., voulait le démasquer, souhaitant que je piège mon chef et ami.
Je m'écriais :
L.B. ne peut être la taupe !
Vous faites bien du sentiment dans ce service, rétorqua "Z" en me fixant intensément, voilà ce que vous ferez, et ce sont des ordres...
.
Nous expédierions nos messages aux agents, mais en utilisant le code de secours, les rendant indéchiffrables aux indiscrets... à moins que l’ennemi n'en possède la clef. Ce qui n'était pas le cas, de source très sûre. Si les instructions inscrites aux messages se révélaient bientôt connues de l'adversaire, ce serait que ce code avait été transmis parallèlement au contenu des messages.
.
Je devais les écrire et L.B. les coder. Je priai les dieux pour que tout se passât bien.
.
.
Des ordres explosifs étaient tenus secrets : une firme de chez nous, proche de l'État, tentait de s'implanter en un pays d'Afrique. Nous devions contacter un haut fonctionnaire du pays, particulièrement vulnérable, le soudoyer pour l'amener à notre cause.
Cette démarche incombait à un attaché de notre ambassade, agent de notre service, unique destinataire de nos messages.
Mais tout semblait se dérouler normalement au long des tractations qui duraient plusieurs mois.
La veille du jour "J", signature des contrats, les choses se gâtèrent, devenant dramatiques : le haut fonctionnaire fut emprisonné, notre agent (personna non gratta) expulsé, et les industriels s'en retournèrent chez eux, car la belle intrigue avait été mise à jour !
Le code de secours ultra-confidentiel avait dû tomber en de mauvaises mains, l'opposition au régime africain en place, bien renseignée, décelant la manœuvre.
.
Mais L.B., niant toute implication en ce fiasco brutal, fut arrêté pour "diffusion à une puissance étrangère de documents secrets émanant de l'État".
.
Je fus bientôt convoqué au bureau de "Z" qui me proposa la gestion du service "en remplacement de ce traître de L.B".
Je refusai cet honneur (ce fardeau trop lourd) et continuai ma tâche obscure, comme avant, avec un jeune chef de la nouvelle école, brillant, mais qui semblait plus naïf que L.B.
.
La présidence se détachait peu à peu du service, ne confiant plus aucune affaire majeure.
Cependant j'avais encore à coder et à transmettre aux agents. Les mois s'écoulaient en besogne de routine et il n'y avait, apparemment, plus de fuite.
.


······  
.Un jour en me rendant au Quartier Général, inopinément et sans autorisation (ce qui était bien sûr strictement interdit, mais je n’ignorais pas les failles du système), je reconnus L.B., au côté de "Z", déambulant et bavardant dans un couloir. Poignée de mains, LB entra dans un bureau.
Ils ne m'avaient heureusement pas remarqué...
Mon sang ne fit qu'un tour : je crus comprendre !
.


······  
.D'une cabine téléphonique publique j'appelai un numéro connu de moi seul :
Bonjour, ils sont tous enrhumés à la maison, je redoute fort d'être malade à mon tour.— Mais allez donc voir le docteur, ce soir, chez lui !

.


······  
.Dans ce hall de gare je devais rencontrer J. P. mon ancien officier traitant local, coiffeur de son état, balkhave comme moi. Je le connaissais par sa voix de basse-taille perçue rarement au téléphone public.
J'espérais être exfiltré vers ma BALKHAVIE natale, mon pays quitté vingt ans plus tôt.
Un homme barbu, souriant, à la voix grave, m'interpella tout en se dirigeant vers moi, en déclamant fort mon identité balkhave :
BORIS ARMANOF, alias G.S., c’est ça ?
Mon vrai nom prononcé là ! Je tentai de fuir. Mais des hommes robustes m'entouraient déjà... Les passants durent croire au rendez-vous d'affaires, les attachés-cases masquant l’armement.
.
"Z" et L.B. observant la scène de loin se rapprochèrent et "Z", sans agressivité, me déclara, en me montrant l'homme barbu :
Je vous présente J. P., notre agent récent, un "ex" des services balkhaves, comme vous, venu chez nous après le mélo africain. Pour vous ce n'est qu'un traître et pour nous un "transfuge".La détection par vous-même d'une fuite provoquée par vos soins était fort géniale, détournant inévitablement les soupçons.La chance, et l'erreur de L.B., vous ont servi dans la dénonciation de l'agent double. Je ne doutais pas que vous fussiez innocent et c'est pour ça que vous faisiez cette démarche.
L'échec de l'insurrection au DAGHESTAN est tout à votre gloire, mais c'était risqué. L.B., plutôt victime qu'auteur de l'intrigue, nourrissait de graves soupçons à votre égard. L'interversion des textes en enveloppes dans le service, étonnamment réalisée, ne pouvait provenir que de G.S., bien sûr, car, en dehors de L.B., vous étiez le seul assez satanique pour un tel coup tordu !
Nous vous avons tendu alors un traquenard. L'affaire d'Afrique avait été fabriquée. Vous avez eu le tord de vous piquer au jeu. Mais quelle idée d'émettre le texte à l'ancien code pour qu'il soit décrypté par nos vieux adversaires !
Si vous n'aviez pas bougé, nous étions dupés. Par votre intervention nous avons compris votre rôle de taupe pour la BALKHAVIE. Mais, en cette affaire, vous avez opéré uniquement pour nous nuire et non pour servir la BALKHAVIE : vous en avez fait beaucoup trop !
De plus, l'influence de cette BALKHAVIE, en Afrique surtout, restait à établir.


— Pourquoi ne pas m'arrêter à ce moment-là ?— Je savais que je ne pouvais vous retourner, car vous êtes un idéologue endurci. J'espérais vous faire payer le DAGHESTAN !— Mais comment vouliez-vous que je paye un succès ?
— En vous faisant livrer de faux renseignements pendant plusieurs années à votre BALKHAVIE...



.


······  
.
J’ai tenu à écrire une part de ma vie, car il se fait bien tard et … on ne sait jamais.
Mais, "Z" vient de décider de me libérer maintenant, après des mois d'emprisonnement...
Je suis grillé ici.
Ma tête est mise à prix en BALKHAVIE, comme un vulgaire agent double.

Je vais sortir. Je sais : "ils" m'attendent dehors...






Jacques LAMY  
 
 Extrait du recueil : "Vous aurez de mes nouvelles !" édité par "Les Nouveaux Auteurs"

 
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 13 Juil 2009 - 13:06    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Créations littéraires Index du Forum -> Espace Nouvelles, Autobiographies, Textes et Récits courts -> Nouvelles Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Referencement
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group -- Template created by dav.bo=> GreenStylus --

Portail | Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation