http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: Ancienne version de Zak et Lehla.
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Ancienne version de Zak et Lehla.

 
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yasmine
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MessagePosté le: Dim 6 Juil 2008 - 20:00    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla. Répondre en citant







ZAK ET LEHLA




Introduction    
  
  
  
  
La vie est un peu une route sablonneuse conduisant vers le Soleil. Si parfois il y a du brouillard, très vite le ciel se dégage à nouveau et l’espoir renaît.    
  
Mais la nature peut être viciée.    
  
De temps en temps, une étoile très brillante se pointe à l’horizon. Alors on la suit, persuadé d’avoir trouvé ce que l’on cherchait. Elle nous détourne de notre chemin, et pourtant on ne se pose pas de question. On se contente d’aller vers elle, éblouit par sa grâce et sa lumière, jusqu’à ce que l’on se saisisse d’elle et que sa beauté se change en pierre noire immonde. Alors elle nous éclate au visage, et si ces blessures finissent par disparaître, la plaie de notre cœur demeure éternellement.    
  
Puis c’est comme le réveil. On ouvre les yeux et on se rend compte qu’on s’est égaré dans une forêt dense aux arbres morts, enracinés jusqu’aux entrailles de la Terre, et dont la cime touche les cieux. Un lieu plongé dans l’obscurité, et le silence le plus total.    
  
Notre chemin est loin. Le Soleil également. Il n’y a plus d’espoir.    
  
  
  
Ne vous laissez jamais détourner de votre route par aucune étoile ni même aucun semblant de Soleil, car votre Soleil ne quittera jamais votre route…    




1    
  
  
« La serrure protège la porte, la sagesse protège la fille »    
  
  

Il était presque midi, et sous un soleil haut et brûlant, Lehla avançait, un immense cabas bleu à carreau dans une main, un pan de sa djellaba dans l’autre pour pouvoir accélérer le pas à sa guise sans risquer de trébucher.    
  
Les yeux rivés sur le sol jaune sablonneux et parsemé de détritus, elle se répétait la liste des courses une énième fois afin de s’assurer n’avoir rien oublié. Epuisée par cette longue course au Souk par une telle chaleur, il lui tardait d’être au frais. Sillonnant les rues presque vides de son quartier, sur le trottoir bordé de palmiers à grandes feuilles bien vertes dont la moitié des troncs étaient peints de blanc pour éclairer les routes de lueurs pâles la nuit tombée, elle tourna sur une petite ruelle à sa droite et s’avança entre les vieilles bâtisses aux murs gris et jaunes et aux fenêtres joliment décorées de fer forgé vieilli représentant rosaces, fleurs ou autres dessins de métal.    
  
« Tu veux que je t’aide, ma sœur ? entendit-elle une voix masculine lui demander poliment.    
  
_ Non merci », répondit-elle aussitôt, sans lever son regard du sol aux dalles romaines maladroitement posées.    
  
Il avait une jolie voix, cet homme qui lui avait gentiment proposé son aide, mais elle doutait qu’il ait fait cela par simple altruisme. Les hommes étaient ainsi, ils voyaient un intérêt dans chaque entreprise, chaque proposition, la plus futile fût-elle. Et les femmes devaient apprendre à s’en méfier et à déceler chacune de leurs intentions.    
  
Par exemple il était clair qu’à la façon dont il avait susurré sa demande, et celle dont Lehla avait sentit ce jeune homme la détailler du regard des pieds à la tête, cet idiot ne se serait pas contenté de la raccompagner aimablement chez elle ! Il lui aurait fait entendre à la fin de la tâche que tout travail méritait récompense « tu ne crois pas, zine (1) ? », n’aurait-il pas manqué d’ajouter. Et elle aurait mis un temps fou à se débarrasser de ce parasite qui aurait sûrement persisté dans son insistance en continuant à rôder sur les lieux les jours qui suivraient. D’ailleurs elle n’avait jamais compris ce comportement. Qu’espéraient-ils, au juste, à attendre bêtement devant la porte d’innocentes jeunes filles et à passer et repasser en face des dizaines de fois sans apparemment jamais se lasser ? S’imaginaient-ils qu’elles changeraient d’avis ? Qu’un jour, après mûre réflexion, elles se jetteraient dans leurs bras ? Ou peut-être se disaient-ils qu’à force, de peur qu’ils n’attirent l’attention de leurs frères ou autres hommes de la famille, elles ne se résigneraient à les voir rien qu’une minute, s’attendant à ce qu’ils laissent tomber leurs magouilles ? Alors ils sauteraient sur l’occasion tels des fauves qui avaient attendu patiemment leur proie, et useraient de leurs baratins pour les attirer dans leurs filets… Et ils savaient malheureusement se montrer très convaincants. Voilà pourquoi il ne fallait leur laisser aucune chance !    
  
Arrivée au coin de la rue, Lehla se tourna pour jeter un bref coup d’œil à son interlocuteur. Il la guettait toujours de loin, affichant un sourire benêt.    
  
« C’est pas vrai ! » s’exclama la jeune fille avec rage, furieuse contre elle-même.    
  
  
Pourquoi avait-il fallu qu’elle tourne la tête ? Elle grimaça, pressant le pas pour semer l’individu. Maintenant qu’elle avait croisé son regard, cet abruti s’imaginerait sûrement qu’il lui plaisait, et il se mettrait à la suivre ! Mais elle ne faisait pas partie de ce genre de filles qui    



(1) « beauté » en arabe.



  

  


  

  
recherchaient une simple amourette. Elle attendait le grand Amour. Un de ces amours    
  
bollywoodiens platonique où il suffisait aux deux personnages de se regarder dans les yeux pour s’éprendre l’un de l’autre, l’un de ceux qui ne se lassaient jamais et qui duraient la vie entière, et plus, de ceux qui rendaient si heureux…    
  
Elle jeta un rapide coup d’œil derrière elle. Le garçon n’était plus là. Elle ralentit le pas en soupirant. Elle avait été ridicule. Peut-être après tout avait-il simplement voulu l’aider ? Elle haussa les épaules. De toute façon, elle arrivait chez elle. Elle voyait la grande porte grise décorée de losanges bleus lui faire face. Le sol autour du perron de pierre était mouillé, sa mère avait sûrement profité de l’absence de tout le monde pour faire le ménage. Elle poussa la porte et entra sur la pointe des pieds, se dépêchant de retirer ses chaussures pleines de sable.    
  
« Maman ? lança-t-elle.    
  
_ Vas-y entre, c’est sec », répondit immédiatement sa mère, de la cuisine.    
  
La maison était construite comme toutes les vieilles bâtisses traditionnelles, autour d’un patio central. Mais si dans les plus riches demeures marocaines il était doté d’une fontaine, le leur, étroit et très modeste, était simplement décoré de plantes en pots, des cactus, et on y avait mis l’immense four à pain car il n’y avait pas de place dans la cuisine. De plus on y trouvait quatre chaises de jardin blanches et une grande table, que sa mère avait eu l’idée de placer là pour les doux soirs d’été. Les murs étaient décorés de faïence, de zelliges orange et bleu, et les dalles, altérées par le temps, étaient d’un beige moucheté de gris et de noir. A droite, le patio donnait directement sur la cuisine, beaucoup plus petite, et pavée de la même faïence. Lehla vit sa mère en sortir, impatiente, les mains sur les hanches.    
  
« Alors, qu’est ce que tu attends ? Que la bonne vienne récupérer le sac peut-être ? »    
  
La jeune fille sourit, traînant les pieds jusqu’à la cuisine.    
  
« Il est lourd ton sac, qu’est ce que tu crois ? » s’exclama-t-elle.    
  
Sa mère en extirpa la pastèque et les deux kilos de tomate, ainsi que celui de poivrons verts. En théorie, dans sa famille, c’était à l’homme de la maison de se rendre au Souk pour faire les courses, mais depuis la mort de son père, deux ans plus tôt, Lehla et sa mère devaient se coltiner le sale boulot. Elles auraient pu envoyer son frère Yazid, mais il n’était jamais à la maison, à croire qu’il passait son temps à faire Dieu savait quoi. Enfin il travaillait parfois, seulement des petits emplois passagers, rien de bien sérieux. Le reste du temps, il le passait à la Medina ou à Hamria avec ses amis, si ce n’était à l’espace multimédia du coin à surfer sur internet. Mais personne n’arrivait à lui en vouloir longtemps, car bien au-delà de sa fainéantise, il était très généreux. Juste le mois dernier, il lui avait offert cette jolie paire de sandales dorée tant convoitée, alors qu’il aurait très bien pu s’offrir cette belle sacoche beige de contrefaçon qu’il voyait tous les jours en passant devant le hanout (1) d’Hassan, au bout de la rue.    
  
« Ca a été ? Jamal ne t’as pas monté le prix des pastèques ? l’interrogea sa mère.    
  
_ Non, cinq dirhams l’une ».    
  
Sa mère acquiesça en signe d’approbation.    
  
« Va ranger le salon, tes grands parents ne vont pas tarder à revenir », lança-t-elle avant d’aller dans le patio, sortir le pain du fourneau.    
  
  
Lehla passa dans le patio et se rendit dans le salon aux murs peints de beige. Elle avait retiré ses sandales à l’entrée pour éviter d’en salir le tapis à grands motifs persans rouges et verts. Au centre de la pièce, une vaste table basse en moucharabieh de forme octogonale s’imposait, entourée de poufs orange et bruns en cuir de chèvre. Quatre banquettes de moucharabieh surmontées de petits matelas bruns et décorées de multitudes de coussins assortis longeaient trois des murs, le quatrième étant réservé à la grande étagère de    





(1)Littéralement « épicerie », plus généralement, petite boutique souvent avec un étalage, pouvant vendre toutes sortes de choses tels que des vêtements, des produits cosmétiques, des épices, de la viande, des produits laitiers…etc. Ce peut être le local d’un coiffeur, d’un couturier ou d’un cordonnier…etc.






  

  
fer forgé qui portait la vieille télévision. Et dans les coins, l’on pouvait remarquer quatre guéridons en thuya, recouverts de petites nappes de dentelle blanche.    
  
Lehla s’efforça d’arranger les housses des matelas qui avaient glissé pendant la nuit. Parfois, ses grands parents dormaient sur les banquettes dans le salon, à cause de l’insupportable chaleur. Ils n’avaient pas trop le choix, leur chambre à coucher était située à l’étage, et là-haut, la température était d’autant plus accablante.    
  
La jeune fille vivait avec ses grands parents depuis la mort de son père, sa mère avait décidé de quitter la maison où ils avaient vécu tant d’années à cause des souvenirs douloureux qui l’y suivaient. Lehla aussi avait ressenti cela, longtemps elle avait eu le sentiment que son père était toujours présent. Il était là en chaque objet, même le plus anodin. Elle le voyait à chaque coin de la maison. Il avait été assis sur ce fauteuil, avait visionné cette télé, avait bu dans ce verre, s’était épongé le front avec cette serviette… Tous ces souvenirs, toutes ces images avaient rendu la vie là-bas impossible. Alors après avoir vendu la maison à quelques autres personnes dont la vie était encore pleine d’ambitions, sa mère avait décidé d’aller s’installer chez ses parents avec ses enfants. Pas que Lehla n’eût aucune ambition, mais il s’agissait de sa mère. Sa seule aspiration dans la vie n’allait guère plus loin que de voir ses enfants se marier et fonder une famille à leur tour. La concernant, elle n’avait aucunement le désir de refaire sa vie.    
  
Une fois sa corvée finie, Lehla gagna la pièce qui lui avait été affectée dans la maison, la seule chambre du rez-de-chaussée, à côté de la salle de bain. Elle était assez petite, et la peinture beige sur les murs s’effritait par endroits, c’était une pièce assez pauvre en mobilier et en décorations, elle possédait pour tout équipement deux vieilles banquettes, dont l’une servait à la jeune fille de couche, et une ancienne armoire d’imitation d’ébène dont la serrure avait été détériorée par le temps et l’usage. Seul un miroir en fer forgé ornait l’un des murs. Malgré cela, la jeune fille aimait y passer du temps. Elle s’y sentait tranquille, et c’était la seule pièce où elle pouvait rêvasser sans y être dérangée…    
  
« Lehla, t’as rangé le salon ? » lança sa mère dans l’entrebâillement de la porte après l’avoir ouverte violemment.    
  
Enfin presque…    
  
« Oui maman, je l’ai rangé ! »    
  
Sa mère avait déjà claqué la porte sans même attendre la réponse, Lehla entendait ses sandales claquer contre le sol plus loin dans l’entrée.    
  
Ainsi, en général, cette pièce lui était réservée. Elle se pointa devant le miroir de forme rectangulaire, observant son allure d’ensemble ce jour là, ses cheveux noirs plaqués en chignon, ses petits yeux bruns cernés de khôl, son petit nez épaté et ses sourcils épais. Elle grimaça.    
  
« Si je pouvais changer tout ça ! » se dit-elle à elle-même.    
  
Elle soupira, et traînant les pieds, alla s’allonger sur l’une des deux banquettes.    
  
Puis cette voix lui revint à l’esprit, celle du garçon qui avait voulu l’aider à porter son cabas tout à l’heure. Elle savait qu’il était comme tous les autres, une espèce de pervers, mais elle se plaisait à penser que tout de même, il l’avait trouvée jolie.    
  
Des cris venant de la fenêtre la projetèrent hors de ses pensées, il s’agissait d’adolescentes qui gloussaient. Lehla se redressa pour jeter un coup d’œil à la rue, curieuse de savoir ce qu’il se passait. Elles étaient toutes les trois très maquillées, et légèrement vêtues, de tops qui laissaient dévoiler leurs épaules, de jeans très moulants…l’une portait même une minijupe. Lehla ne voulait pas ressembler à ce genre de filles malfamées. Elle entendait souvent son entourage dire du mal d’elles, les voisines en parlaient avec dédain. On les traitait d’allumeuses et parfois les propos allaient bien loin au-delà. Ces filles là se plaisaient à séduire tout ce qui bougeait. Parfois Lehla les croisait à Hamria lorsqu’elle se baladait avec sa mère, et elle les voyait toujours accompagnées de garçons différents, en direction de la Rue de Paris, une rue de Meknès où tous les jeunes se retrouvaient les soirs, lorsque l’atmosphère se rafraîchissait. Les garçons s’y rendaient dans l’espoir de faire quelques nouvelles rencontres féminines, espérant flirter ou même davantage plus tard dans la soirée, et les filles s’y pâmaient avec la soif de plaire, et pourquoi pas le désir d’y rencontrer l’âme sœur. Mais il ne fallait pas se leurrer, au final, les filles ne rencontraient que des idiots auxquels elles s’abandonnaient non pas par contrainte, mais par bêtise, probablement afin de ne pas ressentir la déception du chasseur qui rentre bredouille de la chasse. Elles devaient se mettre quelque chose sous la dent, et cette chose serait le premier imbécile venu, espérant que cette histoire ne s’ébruite jamais. Les garçons, eux, rentraient fiers, impatients de raconter tout cela aux copains le lendemain…    
  
Ainsi, Lehla croisait toujours ces filles avec divers garçons, leurs souriant, jouant de leurs charmes, sautillant d’un pied sur l’autre et entortillant leurs cheveux autour de leur index en inclinant légèrement la tête sur le côté et souriant niaisement. La jeune fille se souvenait que l’une d’elles s’appelait Louisa. La plus jolie. Car indéniablement, elles l’étaient. Louisa était celle qui portait la minijupe. Lehla ne pût s’empêcher de penser, en la regardant par la fenêtre, qu’elle gâchait sa beauté inutilement. Si elle avait été mois aguicheuse, plus discrète, plus décente, tous les hommes auraient sûrement été à ses pieds. Par « tous les hommes », Lehla entendait tous les hommes biens. Les hommes sérieux, responsables et raisonnés, ceux qui voyaient au-delà du sexe. Mais telle qu’apparaissait Louisa, ces hommes-là, aussi bons fussent-ils, auraient toujours – et c’était compréhensible – peur de s’engager dans une relation sérieuse avec elle. Lehla était bien placée pour le savoir, elle entendait souvent son grand frère parler de femmes avec ses amis, et avec le genre de Louisa, il était clair qu’ils ne cherchaient qu’à s’amuser.    
  
L’adolescente se leva et se posta à nouveau devant la glace. Elle se regarda, et du bout de ses doigts, extirpa une mèche de cheveux de son chignon qu’elle commença à entortiller entre l’index et le majeur, inclinant légèrement la tête sur le côté et souriant bêtement. Au comble du ridicule, elle feignit mâchouiller un chewing-gum, comme Louisa le faisait souvent, mais n’en pouvant plus, elle explosa de rire. Pourquoi fait par elle, tout avait l’air si ridicule quand c’était si sensuel chez Louisa ? La jeune fille secoua violemment la tête, comme pour bannir définitivement cette idée stupide de son esprit. Louisa et ses copines étaient des aguicheuses, point final. Il n’y avait pas lieu de réfléchir là-dessus. Plus tard, Lehla aurait l’embarras du choix, des centaines d’hommes beaux et intelligents se bousculeraient à sa porte, parce qu’elle sera restée pure, et ces petites séductrices invétérées finiraient seules, parce que les hommes ne voulaient pas de femmes souillées, et c’était ce qu’elles étaient. Souillées jusqu’au plus profond de leur âme.    

















  

  

  

  

2    
  
  
« Le miel est amer dans la bouche du malade »    
  
  

Il commençait à faire frais en ce début de soirée, Zak aimait sentir le rare souffle du vent balayer son visage aux pommettes et au nez rougis par le soleil.    
  
Dans son pays, les gens ne vivaient qu’à partir du coucher du soleil. Ce n’était qu’alors que les rues s’emplissaient de centaines de personnes bavardant et riant de bon cœur, ou s’exposant leurs soucis quotidiens. Les hommes s’installaient au café, buvant un thé à la menthe ou un café aux épices, spécialités de Meknès, ou encore sirotant une limonade bien fraîche, du Pom’s, Hawaï ou Coca Cola pour les plus occidentalisés d’entre eux. Les femmes préféraient marcher, et pour la plupart, déambulaient de boutiques en boutiques ou de stands en stands, à la recherche de l’affaire du siècle.    
  
Les rues s’illuminaient. Des multitudes de petites lumières s’allumaient qui éclairaient les sourires des passants. Dans les stands, chaque commerçant possédait sa petite ampoule ou sa lampe torche, les grilleurs de maïs, de chips ou de pois chiches se contentant simplement des lueurs des cendres incandescentes que crachaient leurs immenses poêles, et les boutiques étant ornées de guirlandes électriques de toutes les couleurs.    
  
Des boulangeries se dégageaient la délicieuse odeur du pain au sésame et celle des gâteaux à la semoule garnis de miel. Sur les trottoirs, des vendeurs ambulants faisaient souffler du maïs ou épluchaient des figues de barbarie. L’odeur du raisin jaune, du melon, ou des gâteaux à la pâte d’amende chatouillait les narines des passants. L’on vendait aussi des amendes et des pépites noires ou blanches, glissées dans des cônes de papier, anciennes pages déchirées de journaux ou autres vieux périodiques.    
  
  

  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
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MessagePosté le: Dim 6 Juil 2008 - 20:00    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 7 Juil 2008 - 00:12    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla. Répondre en citant

On dit que la première lecture d'un texte est toujours la plus importante et que c'est d'elle dont dépend tout commentaire.

C'est pourquoi, avant de relire, je dépose mes premières impressions avant qu'elles ne s 'éparpillent.

Tu as dit avoir refait le texte une énième fois, car toujours insatisfaite du résultat, et tu te remets toujours en question.

Cela se voit limpidement sur le texte !

A force de te pencher sur le style et la construction des phrases, tu finis par tuer la beauté de ton texte, et ton génie créateur, côté artistique du fond.

J'ai l'impression d'être devant un orfèvre qui, à force d'appuyer sur son ciselet, dénature son chef-d'oeuvre au lieu de l'enjoliver.

Car tu es un(e) une orfèvre de la langue; Mais tu donnes l'impression de te soucier plus de la manière d'écrire que de la souplesse du fond.

Et pourtant le fond de ton texte est appréciable et il y a matière à en tirer plus de suspens, plus de souplesse dans la description, plus de poésie, plus d'ambiance ...

Il faut non pas veiller à s'exprimer par écrit de la manière la plus soutenue, mais de la manière la plus souple.

Il faut varier ton style selon les moments du récit, selon les états d'âme des personnages, selon la trame du texte qui doit monter et descendre en intensité.

Bref le style ne doit pas être monolithique mais épouser le récit comme le lit d'un fleuve épouse le fleuve. Les reliefs du style, comme les reliefs du lit du fleuve, doivent permettre au récit de couler de source.

Un style profond quand le récit est profond; un style léger quand le récit est léger.

Ainsi quand tu décrits les états d'âme de Lehla, il ne faut pas se perdre dans tes habituelles longues phrases. Mais être plus breve comme des touches légères d'un peintre, pour faire ressortir en peu de mots la magie des sentiments.

Quand tu décris la mère, ne pas se perdre dans les descriptions alentour, mais pointer sur un trait particulier de la mère et le faire jaillir comme une éclaboussure, d'un geste rapide de la plume, puis un autre trait puis un autre, jusqu'à la décrire complètement par étapes successives à plusieurs endroits du texte.

Les descriptions sont longues et trop techniques. Inutiles de détailler à l'extrème, le lecteur imagine et conçoit à sa manière le décor suggéré.

Mais ne crois surtout pas que ce sont des critiques ! Je me coupe en quatre pour te faire sentir l'inadéquation entre fond et forme que tu maitrises à vue d'oeil. C'est le dosage qui te faitactuellement défaut, mais cela viendra.

En résumé :

- Evite les longues phrases qui font perdre le fil conducteur  du récit. Adapte ton style à tes lecteurs (un lecteur moyen). Les exercices de style laborieux viendront après une première publication, pas avant, car il ne faut pas rebuter d'avance tes futurs fidèles lecteurs. On te classera d'emblée parmi les écrivains difficiles ! Et cela ne fait pas vendre !

- Evite les longues descriptions quand ce n'est pas utile. La description n'est utile que si elle sert réellement le récit. Il ne sert à rien de décrire longuement  une chambre où l'on va se dire deux mots. Mais pour y vivre, oui !

- recherche la souplesse du style quand il s'agit de décrire l'intérieur d'un personnage.
- Mets un zeste d'humour, un zeste de poésie dans le texte (comme  tu as fait en introduction).

- Quand tu veux retravailler un texte, pense d'abors au fond et non à la forme: Pourquoi ? Parce que chaque partie du fond va exiger une sorte de style. Si tu annules ou change un style, alors adieu le côté artistique du fond et son impact sur l'imaginaire du lecteur. Ce dernier abjure le style monocorde et non vivant !

Dans l'ensemble, ton texte augure d'un bon départ pour des productions de grandes qualités , surtout avec la magie des récits orientaux . Il a fait bonne impression sur ma sensibilité artistique à laquelle je me fie beaucoup pour commenter.

Je me contente donc de ces observations et suggestions , en attendant que j'applique à ton texte  la méthode de la correction par les couleurs. Celle-ci nécessite une concentration sur chaque phrase et son passage à la loupe.

Dès demain ce sera fait.
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yasmine
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MessagePosté le: Lun 7 Juil 2008 - 20:14    Sujet du message: réponse Répondre en citant

Merci beaucoup pour votre avis! Je n'en espérais pas tant!
Et c'est vrai, vous avez raison, je suis tellement concentrée sur la forme et je veux tellement bien faire que j'en oublie le fond. Je crois que cela vient d'un manque de confiance en moi. Pendant plusieurs années j'ai arrêté d'écrire et de lire (je le faisais en tout cas beaucoup moins qu'avant), et j'ai eu le sentiment que la langue française, la vraie je veux dire, le langage littéraire m'échappait. A la fin j'avais l'impression de ne plus avoir de vocabulaire! Du coup je me suis remise à tout faire et aujourd'hui je me concentre plus sur la forme, peut être parce qu'au fond cela me donne le sentiment que mon écrit est véritablement un roman, d'allure du moins. A première vue. C'est vrai il me manque la poésie et l'humour. Il va falloir que j'y travaille. Ou que je n'y travaille pas trop justement, et qu'au contraire, je laisse faire mon stylo et que je sois plus spontanée.

Bref, en tout cas merci beaucoup à vous! Je vais le retravailler!
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MessagePosté le: Lun 7 Juil 2008 - 23:48    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla. Répondre en citant

Pas de quoi.

Je réserve donc la correction par les couleurs, si cela s'avère utile, à la future version de ton texte.
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Coline
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MessagePosté le: Mer 23 Juil 2008 - 22:38    Sujet du message: mes impressions sur ton début de roman Répondre en citant

Bonsoir, Yasmine

Tu portes un prénom qui m'a toujours fait rêver !

En ce qui concerne ton texte, il m'a bien fait voyager, moi qui ne bouge guère ! L'atmosphère est très présente, on s'y voit. Je suis un peu ambivalente en ce qui concerne les remarques de notre admin : certes, il a parfaitement raison de souligner que la forme te conduit à oublier le fond, et t'inciter à te " lâcher" un peu plus (comme on dit aujourd'hui). Toutefois, je ne partage pas tout à fait son avis concernant la longueur des phrases et le lecteur moyen ; je prendrais le problème sous un autre angle : relis-toi à haute voix ( comme le faisait Flaubert, cet extraordinaire styliste, qui passait tous ses textes à l'épreuve du "gueuloir"); si le texte coule bien, si tu n'as pas de difficulté à "respirer" tes phrases, garde lestelles quelles, dans la mesure où elles te plaisent ainsi. Un style tient pour beaucoup à une rythmique et il serait dommage de te priver de ce qui t'est peut-être tout à fait personnel. Ces longues phrases ne m'ont pas gênée ( à quelques exceptions près) et il faut avant tout écrire pour soi, pour être heureux. En revanche, chaque fois que tu rajoutesun mot qui ne sert qu'à être décoratif, il faut être sans pitié !!! ( c'est duuuuur!)
Tu as un excellent vocabulaire, mais de même que tu ne porterais pas toutes tes plus jolies robes ensemble, tu ne peux pas caser tous tes jolis mots : il faut une ligne, une harmonie ( dont tu n'es pas très loin, d'ailleurs)
J'ai beaucoup aimé certains passages, des petites notations à la volée, je ne peux te dire lesquelles (ma mémoire n'imprime plus très bien !), mais en revenant sur le texte, je pourrai te préciser ça ultérieurement.
Je crois que tu devrais garder à l'esprit qu'il s'agit avant tout de te faire plaisir : le plaisir est contagieux ! Si tu restes au plus près de tes émotions, de ce qui t'est personnel, tu plairas à ceux qui te ressemblent. Le lecteur moyen ne t'apportera rien. Sauf si tu vises le bestseller formaté comme il en fleurit dans toutes les bonnes boucheries !
Mais je souscris à 100% à la notion de fluidité et de variations en fonction des moments excipée par notre admin.
Ceci étant dit, je ne suis pas une écrivaine renommée, ni éditrice, ni rien, qu'une passionnée de lecture aussi éclectique que possible.
Ca va, tu vas survivre ?
Amicalement
Coline
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Invité
Invité

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MessagePosté le: Mar 29 Juil 2008 - 20:58    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla. Répondre en citant

Bonjour!
Merci d'avoir donné "quelques" minutes de ton temps pour lire mon début de roman!! Very Happy
Je vois bien ce que tu veux dire par "tu ne porterais pas toutes tes plus jolies robes ensemble", tu as raison!
Merci beaucoup pour ce message ma foi très constructif Very Happy
Pour l'instant je suis au Maroc, et jen profite pour trouver de l'inspiration! Very Happy
Je peux pas écrire un long mail, l'ordinateur bug malheureusement, mais je reviendrai!
Bonne journée!
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solitaire
Invité

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MessagePosté le: Lun 2 Mar 2009 - 02:48    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla. Répondre en citant

Sans être un grand de la littérature, puisque je ne suis qu'un débutant, je me lance pour donner mon avis tête la première, j'avoue que ton texte était le premier que j'ai lu dans ce forum et sans vous mentir j'ai aimé, j'ai même espéré en faire autant.
Ton texte ma fait voyager dans le rêve en imaginant les nombreuses histoires d'amour de tristesse et de bonheur qui se vivent entre les murailles de nos villes ancestral.
Fonce mon amie ne te décourage pas tu as tous les atouts de réussir, tu as la maîtrise de l'outil d'expression tu as le savoir de décrire les scènes les sentiments les lieux, Rien ne te manque.
Alors, pourquoi se priver du plaisir d'écrire et d'être lu.
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yasmina
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Balance (23sep-22oct)

MessagePosté le: Lun 2 Mar 2009 - 12:33    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla. Répondre en citant

Merci  :-)  ça me touche beaucoup ton message! Surtout que tu as une bonne façon d'écrire toi aussi!
Cela dit j'ai modifié ces chapitres parce que je n'en était pas satisfaite. Désormais, le bon texte c'est dans "nouvelle version de zak et lehla". Le tout je crois c'est d'etre satisfait de ce qu'on écrit. Ces premiers chapitres je les ai écrits et réécrits des dizaines de fois, et cette histoire a fleuri dans mon esprit il ya déjà 5 ans! Et ce n'est qu'aujourd'hui que je suis pleinement satisfaite de mes deux premiers chapitres!   Rien de bien glorieux au final! Combien d'années me faudra-t-il avant d'achever ce roman?  :-)

Bon courage à toi aussi!
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:10    Sujet du message: Ancienne version de Zak et Lehla.

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