http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: Zak et Lehla (suite 5)
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Zak et Lehla (suite 5)

 
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yasmina
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MessagePosté le: Dim 30 Aoû 2009 - 00:29    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

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6   

   
«Si le labour se faisait avec la simple vue, n'importe qui moissonnerait»   

   

   

            Les mains dans les poches, Zak avançait à un rythme qui se voulait régulier dans les rues d’Aïn Slougui. Il avait rendez-vous avec Redouane, l’oncle de son ami Youssef, qui leur avait trouvé un passeur, à Marouane et à lui. Stressé et surexcité à la fois, il s’efforçait de penser à autre chose pour se détendre. Néanmoins, son avenir dépendait de cet entretien. Comment pouvait-il se calmer ? Dans un soupir, il décida de s’obliger à s’intéresser à toute chose aux alentours, aussi insignifiante fût-elle. Examinant les environs, il aperçut une jeune fille, debout sur le seuil d’une porte, seule, le regard perdu. Elle était jolie. Ce qui était plutôt étrange, puisqu’il ne l’avait jamais remarquée auparavant. Probablement nouvelle dans le quartier. La jeune fille se tourna dans sa direction, et croisant son regard, ne s’en détacha plus. Zak sourit, amusé.   
« Encore gagné ! »pensa-t-il.    
Au détour de la ruelle, elle le lorgnait toujours. Au moins lui avait-elle permis d’oublier ses appréhensions quelques secondes. A proximité, sur le rebord d’une fenêtre décorée de moucharabieh de fer forgé, une petite fille chantonnait, tendant ses petites menottes entre les trous. Zak entendit sa mère l’appeler puis venir la chercher en lui expliquant que toutes les deux devaient aller au hammam. Le hammam…    
Petit, Zak se rappelait y avoir été, avec celle qui avait été sa mère pendant un temps. Il avait moins de cinq ans à l’époque, pourtant il se souvenait parfaitement du dégoût que cela avait fait naître en lui. Tous ces corps nus de femmes fripées par l’âge comme de vieux pruneaux. Ou ces formes graisseuses qui évoquaient de la pâte à pain. Il était le seul garçon. A partir de là il n’y était plus retourné qu’avec son père, chez les hommes.   
Finalement, Zak décida d’accélérer le pas. Le fait de penser pour mieux oublier son stress ne lui disait plus rien qui vaille. Mauvaise idée que de retourner dans le passé. Mieux valait se concentrer sur le présent, et surtout le futur. Son rythme à présent s’apparentait plus à une course de vitesse qu’à une simple marche. Il avançait à vive allure, les yeux rivés sur le sol, slalomant entre les vieux pots de yaourts roses et les emballages de crèmes glacées à trois dirhams.   
Un kilo de résidus de pépites et vingt emballages de bonbons Tofita plus tard, il était devant chez Redouane. Nerveux, il s’empressa de toquer à la porte. C’est sa femme qui vint ouvrir, les cheveux épars, un enfant qui braillait coincé sous le bras.   
« Salam, dit-elle, l’air visiblement très épuisée.   
_ Salam, je viens voir Redouane, dites lui que c’est Zak ».   
             La femme l’invita à entrer.    
Par endroit, des pans de tapisserie pendouillaient lamentablement. Le mobilier était sommaire, composé en tout et pour tout de quelques banquettes pour s’asseoir, une table basse, et un petit téléviseur posé à même le sol. La première pensée qui traversa l’esprit de Zak fut de savoir pourquoi cet homme qui connaissait un moyen de s’en aller ne l’avait pas fait. Pourquoi choisir de vivre dans une telle misère quand on pouvait partir pour meilleur monde ?   
Un petit garçon se baladait en slip et en maillot de corps. Il avait la figure barbouillée de chocolat. La faute au bimo qu'il tenait dans la main. En voyant Zak il alla se cacher derrière la gandora de sa mère, intimidé. Celle-ci s’éclipsa un instant. Le jeune homme l’entendit parler à Redouane, qui devait se trouver dans la chambre à coucher. Quelques secondes plus tard, il était dans le salon.   
« Salam ! Tu vas bien ?   
_Ça va, hamdoullah, et toi ?   
_ Très bien ! Jamila, tu nous apportes le thé ? »   
            La femme ne répondit pas, elle était déjà affairée dans la cuisine tandis que Redouane affichait un immense sourire laissant dévoiler des dents jaunes qui semblait-il, attendaient de quitter ses gencives avec la plus grande impatience. Elles étaient longues et minces, si bien qu’on avait l’impression qu’elles n’étaient pas enracinées mais qu’elles étaient juste posées là en guise de lugubre ornement, écartelées les unes des autres. Il s’écoula bien cinq minutes avant que Redouane ne se décide à refermer sa bouche.   
« La famille, comment ça va ? demanda-t-il sur le ton de la conversation.   
_ Je n’en ai pas »,  répliqua Zak.   
              Il vit son interlocuteur réprimer une grimace. Il n’y réagit pas. Il n’était venu que pour une chose, connaître les détails de ce fameux plan. Il n’était pas là pour raconter son histoire. Aussi décida-t-il d’engager sans plus attendre la discussion là-dessus.   
« Quel est ce moyen de partir ? »   
Redouane s’assit sur une des banquettes, invitant Zak à faire de même. Celui-ci s’exécuta.   
« Il te faut mille euros. »   
              Zak tressaillit.   
« Une telle somme ? Et pour quelle raison ? demanda-t-il sèchement.   
_ Cent euros me reviennent, neuf cent vont au passeur.   
_ Et il n’y a pas de moyen de baisser cette somme ?   
_ Non, ce n’est pas possible. Saches que ce passeur prend d’énormes risques, il risque la prison si on découvre son réseau. »   
               Zak se rembrunit. Cela expliquait largement pourquoi Redouane persistait à vivre dans une telle misère.   
« Et comment ça se passe ?   
_ Tu payes, je te contacte quand il a réuni assez de monde pour le voyage, ensuite faut que tu descendes à Agadir, là bas le passeur te conduira vers la côte où un bateau vous attendra. Puis il faudra traverser l’Atlantique pour arriver aux Canaries. De là-bas tu tenteras ta chance. 
 
_ Tu veux dire que là je vais payer dix mille dirhams, mais qu’en plus de ça faudra que je me démerde pour me payer le voyage jusqu’à Agadir et des Canaries jusqu'en France ? Mais j’arriverai jamais à réunir tout cet argent ! s’emporta Zak. Tu te rends compte un peu ? Avec mes petits boulots par ci par là ! Il me faudrait plus d’un an !   
_ Je peux rien faire pour toi, répondit Redouane sèchement, légèrement agacé. Les tarifs sont ceux-là, ça ne changera pas. Si tu t’y plies on t’aidera, sinon continues à rêver de la France parce que tu l’atteindras jamais. »   
              Zak ne dit mot. Il dévisagea son interlocuteur un moment, puis se leva brutalement. Ses traits s’étaient durcis. Il s’en voulait d’avoir cru trouver sa chance, mais surtout d’avoir été aussi naïf. Au fond il s’était toujours douté que ce ne serait pas simple, que plusieurs obstacles se dresseraient un à un devant lui, et que pour les contourner il faudrait y mettre la somme. Cent dirhams n’y suffiraient pas, cela allait de soi. Mais il avait préféré ne pas y penser, chasser tout simplement cette idée de son esprit pour continuer à croire que pouvait s’offrir à lui une vie meilleure.  Il se leva d'un bon, et bredouillant nerveusement un «je vais réfléchir », s'en alla brusquement.   
Il marcha un moment, jusque la place des grands taxis, plongé dans ses pensées. Il jeta un oeil à sa montre, elle affichait vingt heures. Lui qui avait rendez-vous à Sidi Amar à vingt-et-une heures, il était bien en avance. Marouane et lui s'étaient imaginés que tout se déroulerait pour le mieux. Cette fois-ci pourtant, il s'était senti si près du but... Il s'appretait à allumer une cigarette quand un grand taxi arriva. Six individus en sortirent précipitamment, et il fut bousculé dedans par un flot de nouvelles personnes. Il rangea sa cigarette dans le paquet en soupirant. Préférant penser à autre chose, il songea à l'énorme femme qui enfonçait son coude dans ses côtes à sa droite. Cela devrait être interdit par la loi de prendre un grand taxi quand on était aussi corpulent! Ou alors les chauffeurs auraient dû lui faire payer deux places! Il la toisa du regard, elle ne nota pas. Aussi décida-t-il de reporter son attention ailleurs.    
Il jeta un oeil aux deux passagers à l'avant, compressés dans un seul siège. Deux personnes qui pourtant ne se connaissaient pas, ne s'étaient vues nulle part ailleurs, et qui étaient obligées de se partager un siège aussi intimement. Il sourit. Le code de la route n'avait aucun sens dans ce pays. Comment pouvait-on interdire cela de partout, et pourtant autoriser dans les grands taxis quatre personnes à l'arrière, et deux à l'avant sur ce même siège côté passager? Comment pouvait-on admettre une telle compression? Le grand taxi après tout, était loin d'être si vaste, il avait le même gabari qu'une voiture ordinaire. Et encore pouvait-on considérer ce vieux tacot comme une voiture ordinaire? A Meknès, les grands taxis avaient l'air d'avoir survécu à une guerre! La mine de Zak se décomposa. Il regarda par la vitre défiler cet univers qui avait été sa vie. 
La voiture s'arrêta au feu rouge. Un petit garçon s'approcha, proposant des mouchoirs et des paquets de chewing gum à un dirham l'unité. Le chauffeur secoua la tête sans lui adresser un regard.
   
« S'il vous plaît, c'est pour payer mes livres de cours à la rentrée...» insista-t-il.   
              L'homme fit mine de ne pas entendre. Le petit garçon s'éloigna en baissant les yeux. Zak se reconnaissait en lui, il était passé par là, par cette misère. Il était alors plus âgé, et il avait attendu tous les jours aux feux rouges pour nettoyer les pare-brises. C 'était en été qu'il se faisait le plus d'argent, en nettoyant les voitures des immigrés.   
« Hé! » Lança-t-il.   
               Le garçon s'arrêta à sa hauteur, le regard plein d'espoir. Zak lui tendit une pièce de cinq dirhams. Quand l'enfant lui montra sa marchandise, il secoua la tête.   
« Gardes, j'en veux pas. »   
               Son visage s'éclaircit.   
« Merci, que Dieu te le rende! »   
               Dans le taxi, tout le monde détourna le regard. Une atmosphère pesante suivit. Zak ne trouvait pourtant pas ces gens ingrats. Il connaissait la situation du pays. Il savait qu'au prochain feu rouge un autre enfant viendrait quémander, que lorsqu'ils sortiraient du taxi, ils en croiseraient plusieurs qui viendraient, suppliants, réclamer un peu d'argent. Ils n'avaient pas les moyens de les aider tous, alors ils préféraient n'en aider aucun. Eux même devaient avoir du mal à joindre les deux bouts.   
Le taxi s'arrêta à Rouamzine. Il descendit, se dirigea vers la montée de Sidi Amar. C'était un des quartiers les plus pauvres de Meknès. La plupart de ses amis habitait là-bas. La journée, on y trouvait le Souk, mais le soir, c'était vide. Probablement que comme c'était un quartier assez miséreux, les gens n'osaient pas y monter de nuit. Alors Zak et ses amis s'y retrouvaient.   
Il était vingt heures trente. Pourtant, il ne tarda pas à trouver Marouane, adossé à un mur, discutant avec Ilyass l'espagnol. Ilyass n'était pas espagnol, mais son père vivait en Espagne. Cela faisait plus de deux ans qu'il assurait à tout le monde qu'il irait bientôt le rejoindre, dès qu'il lui aurait fait les papiers, sans résultat. On lui donnait ce nom pour le différencier d'un autre Ilyass, un gentil garçon qui les aidait à trouver du Haschich.   
« Ah mon pote! » S'exclama Marouane, les yeux brillants, en le voyant arriver.   
               Il avait l'air visiblement impatient d'entendre une bonne nouvelle.   
« Y a rien, lui balança immédiatement Zak pour mettre fin à l'euphorie de son ami.   
_ Comment ça y a rien? Demanda le jeune homme en blémissant.   
_ Y a rien c'est tout. A moins que tu ne gardes dix mille dirhams secrètement cachés dans ton compte?   
_ Quoi? Mais qu'est ce que tu racontes, j'ai pas de compte, je sais même pas ce que c'est qu'un compte moi! S'emporta-t-il. C'est quoi cette histoire de merde là?   
_ Le mec m'a demandé dix mille dirhams si je veux aller en Europe.   
_ Dix mille dirhams pour deux?   
_ Mais non pour une seule personne!   
_ Mais pourquoi il veut tout ça?   
_ Je sais pas, apparemment ils prennent des risques dans leur business!grogna Zak.   
_ Mais il déconne c'est pas possible, c'est une blague? Dix mille dirhams juste pour aller aux Canaries? A ce prix là on se paye un bâteau pour nous tout seuls! Ou encore mieux, si on avait ça dans notre compte, on nous refuserait certainement pas le visa! » Ironisa Marouane, scandalisé.   
              Ilyass l'espagnol pouffa. Les jeunes hommes le toisèrent du regard.   
« Tu trouves ça drôle peut-être? Nous on a trop la haine et toi ça te fait rire? »   
              Il sourit.   
« Mais regardes toi mon vieux, enchaîna Zak, ça fait deux ans que tu nous balances que tu vas en Espagne et t'es encore là!   
_ Faire les papiers ça prend du temps, rétorqua-t-il sèchement.   
_ C'est ça oui, quelques mois pas plus! Bref fermes ta gueule ste'plait je suis vraiment pas d'humeur.   
_ Oh t'excites pas sur moi mon pote, c'est bon c'est pas moi qui t'ai empeché de partir! » Grommela Ilyass.   
               Son sourire avait disparu, il fronçait les sourcils. C'était un grand gringalet aux yeux constamment injectés de sang pour une raison inconnue. Zak préféra ne pas répondre ou cela risquait de dégénérer. Ilyass prit la sage décision de se retirer.   
« Rendez-vous avec Simo, prétexta-t-il.   
_ Tu peux l'appeler pour qu'il vienne nous rejoindre, suggéra Marouane.   
_ Pas de solde, et puis il devait me montrer un logiciel sur son PC, pour pirater les réseaux wifi sécurisés.   
_ T'as un PC avec wifi toi? L'interrogea le garçon.   
_ Non pas encore, mais mon père va m'envoyer un PC portable d'Espagne. »   
                Quand il se fut éloigné, Zak et Marouane ne purent s'empêcher d'exploser de rire.   
« T'es sûr qu'il a vraiment un père ce type? C'est pas possible, ça fait deux ans qu'il nous baratine! S'exclama le premier.   
_ J'en sais rien du tout! N'empêche, si jamais il allait vraiment en Espagne, on aurait l'air bien cons. »   
                Il y eut un moment de silence.   
« Je crois pas que ça arrivera, finit par dire Zak en riant.   
_ Moi non plus, » admit Marouane en éclatant de rire à son tour.   
                Ils se regardèrent, chacun semblant réfléchir de son côté.   
« Je sais pas quoi faire, murmura Zak. Pourtant je t'assure j'en peux plus de ce pays.   
_ On a qu'à aller à Tanger...   
_ Qu'est ce que tu veux faire? La méthode traditionnelle? Se faufiler sous un camion?   
_ Ba pourquoi pas? Au moins c'est gratuit.   
_ C'est sûr!  Tu sais de quoi j'aurais besoin là? D'un bon joint...   
_ J'ai appelé Ilyass pour qu'il vienne, il devrait nous en ramener. T'as combien sur toi?   
_ Même pas cent dirhams. Je suis fauché en ce moment, je crois que je vais me remettre à bosser. Peut-être que Belarbi acceptera de me reprendre.   
_ Tu vas retravailler comme guide? Mais c'est pourri, t'as dit que ça te gonflait.   
_ Ouais mais besoin d'argent mon pote, j'ai pas le choix. »   
                Puis Zak se tut, perplexe. Il se sentit ridicule soudainement. Qu'est ce qu'il s'était imaginé? Que sans un sous en poche il pourrait réaliser ses rêves dans cette société de consommation? Ce monde où le riche rayonnait tandis que le pauvre sombrait? Comment avait-il pu être aussi naïf, lui qui pourtant connaissait tout des déboires de cette humanité?   
Il finit par allumer une cigarette pour la fumer nerveusement, laissant sa fureur se consumer avec elle...   

   


Dernière édition par yasmina le Dim 6 Sep 2009 - 02:07; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 30 Aoû 2009 - 00:29    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 31 Aoû 2009 - 12:18    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

Voici un excellent chapitre, bien écrit, avec des dialogues vivants et crédibles, des personnages intéressants et attachants, une histoire de plus en plus prenante... bref, rien que du bon !

J'espère devoir attendre moins longtemps pour la suite.

Petit rappel (déjà signalé au chapitre précédent) : les verbes en -er ne prennent jamais de "s" à l'impératif.

P.S.: J'en profite pour dire que, même si le pouvoir m'en a été donné, je n'ai pas l'intention de corriger les fautes d'orthographe que je trouve dans les textes postés, sauf quand il s'agit clairement d'une faute de frappe ou de distraction. La raison est très simple et pédagogique : dans le cas présent par exemple, si j'enlève moi-même tous les "s" aux impératifs, Yasmina continuera à faire la faute. Je préfère donc rappeler la règle (ça ne fait jamais de tort) et laisser l'auteur s'auto-corriger.
Et il n'y a aucune raison de s'offusquer parce que je fais des remarques orthographiques publiques, ce n'est QUE de l'orthographe, donc rien de personnel !
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MessagePosté le: Lun 31 Aoû 2009 - 20:28    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

merciii!!! :-)  ah oui vous je vous comprend! :-S et puis au bout d'un moment ca doit etre embetant à corriger. Merci pour le rappel de cette regle, j'essayerai de faire plus attention au prochain chapitre...
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MessagePosté le: Mar 1 Sep 2009 - 01:08    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

J'ai ressenti comme un certain décalage entre les descriptions de l'atmosphère du bled et ses aléas et entre les dialogues des personnages.

Ces derniers sont en quelques sortes européanisés: un langage de jeunes d'europe en interchangeant les noms des villes et des places publiques par d'autres. J'aurais aimé qu'il y ait une certaine authenticité spécifique au bled et au langage de ses jeunes : un peu de fatalisme, de raz-le-bol, de brusquerie, de je-m'en-foutisme, de mots codés, etc.

Il est bien de mener jusqu'au bout cette recherche de la spécifité locale, même dans les moindres expressions  et gestes des jeunes.

Ceci dit, Je trouve que votre  talent éclate de mieux en mieux et que l'on est bien en face d'une oeuvre littéraire menée avec le plus grand soin et le plus de finesse.

Bravo !
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MessagePosté le: Mar 1 Sep 2009 - 19:51    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

eeeh oui vous avez raison abdel! J'ai qlq difficultés à retranscrire le langage des jeunes marocains tel qu'il est réellement. Mais je vais y travailler!
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MessagePosté le: Mar 1 Sep 2009 - 21:47    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

Oui yasmina, une question de transcription. Le fait que vous y avez déjà pensé prouve encore que vous travaillez méthodiquement.

Vous donnez là un excellent exemple à suivre. Surtout pour moi.
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MessagePosté le: Jeu 10 Sep 2009 - 21:44    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

            Les mains dans les poches, Zak avançait à un rythme qui se voulait régulier dans les rues d’Aïn Slougui. Il avait rendez-vous avec Redouane, l’oncle de son ami Youssef, qui leur avait trouvé un passeur, à Marouane et à lui. Stressé et surexcité à la fois, il s’efforçait de penser à autre chose pour se détendre. Néanmoins, son avenir dépendait de cet entretien. Comment pouvait-il se calmer ? Dans un soupir, il décida de s’obliger à s’intéresser à toute chose aux alentours, aussi insignifiante fût-elle. Examinant les environs, il aperçut une jeune fille, debout sur le seuil d’une porte, seule, le regard perdu. Elle était jolie. Ce qui était plutôt étrange, puisqu’il ne l’avait jamais remarquée auparavant. Probablement nouvelle dans le quartier. La jeune fille se tourna dans sa direction, et croisant son regard, ne s’en détacha plus. Zak sourit, amusé.       
« Encore gagné ! »pensa-t-il.        
Au détour de la ruelle, elle le lorgnait toujours. Au moins lui avait-elle permis d’oublier ses appréhensions quelques secondes. A proximité, sur le rebord d’une fenêtre décorée de moucharabieh de fer forgé, une petite fille chantonnait, tendant ses petites menottes entre les trous. Zak entendit sa mère l’appeler puis venir la chercher en lui expliquant que toutes les deux devaient aller au hammam. Le hammam…        
Petit, Zak se rappelait y avoir été, avec celle qui avait été sa mère pendant un temps. Il avait moins de cinq ans à l’époque, pourtant il se souvenait parfaitement du dégoût que cela avait fait naître en lui. Tous ces corps nus de femmes fripées par l’âge comme de vieux pruneaux. Ou ces formes graisseuses qui évoquaient de la pâte à pain. Il était le seul garçon. A partir de là il n’y était plus retourné qu’avec son père, chez les hommes.       
Finalement, Zak décida d’accélérer le pas. Le fait de penser pour mieux oublier son stress ne lui disait plus rien qui vaille. Mauvaise idée que de retourner dans le passé. Mieux valait se concentrer sur le présent, et surtout le futur. Son rythme à présent s’apparentait plus à une course de vitesse qu’à une simple marche. Il avançait à vive allure, les yeux rivés sur le sol, slalomant entre les vieux pots de yaourts roses et les emballages de crèmes glacées à trois dirhams.       
Un kilo de résidus de pépites et vingt emballages de bonbons Tofita plus tard, il était devant chez Redouane. Nerveux, il s’empressa de toquer à la porte. C’est sa femme qui vint ouvrir, les cheveux épars, un enfant qui braillait coincé sous le bras.       
« Salam, dit-elle, l’air visiblement très épuisée.       
_ Salam, je viens voir Redouane, dis lui que c’est Zak s'il te plaît ».       
             La femme l’invita à entrer.        
Par endroit, des pans de tapisserie pendouillaient lamentablement. Le mobilier était sommaire, composé en tout et pour tout de quelques banquettes pour s’asseoir, une table basse, et un petit téléviseur posé à même le sol. La première pensée qui traversa l’esprit de Zak fut de savoir pourquoi cet homme qui connaissait un moyen de s’en aller ne l’avait pas fait. Pourquoi choisir de vivre dans une telle misère quand on pouvait partir pour meilleur monde ?       
Un petit garçon se baladait en slip et en maillot de corps. Il avait la figure barbouillée de chocolat. La faute au bimo qu'il tenait dans la main. En voyant Zak il alla se cacher derrière la gandora de sa mère, intimidé. Celle-ci s’éclipsa un instant. Le jeune homme l’entendit parler à Redouane, qui devait se trouver dans la chambre à coucher. Quelques secondes plus tard, il était dans le salon.       
« Salam ! Tu vas bien ?       
_Ça va, hamdoullah, et toi ?       
_ Très bien ! Jamila, apportes-nous du thé! »       
            La femme ne répondit pas, elle était déjà affairée dans la cuisine tandis que Redouane affichait un immense sourire laissant dévoiler des dents jaunes qui semblait-il, attendaient de quitter ses gencives avec la plus grande impatience. Elles étaient longues et minces, si bien qu’on avait l’impression qu’elles n’étaient pas enracinées mais qu’elles étaient juste posées là en guise de lugubre ornement, écartelées les unes des autres. Il s’écoula bien cinq minutes avant que Redouane ne se décide à refermer sa bouche.       
« La famille, comment ça va ? demanda-t-il sur le ton de la conversation.       
_ J'ai pas de famille »,  répliqua Zak.       
              Il vit son interlocuteur réprimer une grimace. Il n’y réagit pas. Il n’était venu que pour une chose, connaître les détails de ce fameux plan. Il n’était pas là pour raconter son histoire. Aussi décida-t-il d’engager sans plus attendre la discussion là-dessus.       
« Quel est ce moyen de partir ? »       
Redouane s’assit sur une des banquettes, invitant Zak à faire de même. Celui-ci s’exécuta.       
« Il te faut mille euros. »       
              Zak tressaillit.       
« Un million*! Et pour quelle raison ? demanda-t-il sèchement.       
_ Cent euros me reviennent, neuf cent vont au passeur, répondit l'homme qui de toute évidence jugeait plus opportun de convertir la somme faramineuse en euros pour lui donner un aspect moins astronomique.  
    
_ Quoi? Y a pas de moyen de baisser cette somme ?       
_ Non, je peux pas. Saches que ce passeur prend d’énormes risques, il risque la prison si on découvre son réseau. »       
               Zak se rembrunit. Cela expliquait largement pourquoi Redouane persistait à vivre dans une telle misère.       
« Et comment ça se passe ?       
_ Tu payes, je te contacte quand il a réuni assez de monde pour le voyage, ensuite faut que tu descendes à Agadir, là bas le passeur te conduira vers la côte où un bateau vous attendra. Puis il faudra traverser l’Atlantique pour arriver aux Canaries. De là-bas tu tenteras ta chance. 
     
_ Tu veux dire que là je vais payer un million de rials, mais qu’en plus de ça faudra que je me démerde pour me payer le voyage jusqu’à Agadir et des Canaries jusqu'en France ? Mais j’arriverai jamais à réunir tout cet argent ! s’emporta Zak. Tu te rends compte un peu ? Avec mes petits boulots ! Il me faudrait plus d’un an !       
_ Je peux rien faire pour toi, répondit Redouane sèchement, légèrement agacé. Les tarifs sont ceux-là, ça ne changera pas. Si t'acceptes on t’aidera, sinon continue à rêver de la France parce que tu l’atteindras jamais. »       
              Zak ne dit mot. Il dévisagea son interlocuteur un moment, puis se leva brutalement. Ses traits s’étaient durcis. Il s’en voulait d’avoir cru trouver sa chance, mais surtout d’avoir été aussi naïf. Au fond il s’était toujours douté que ce ne serait pas simple, que plusieurs obstacles se dresseraient un à un devant lui, et que pour les contourner il faudrait y mettre la somme. Cent dirhams n’y suffiraient pas, cela allait de soi. Mais il avait préféré ne pas y penser, chasser tout simplement cette idée de son esprit pour continuer à croire que pouvait s’offrir à lui une vie meilleure.  Il se leva d'un bon, et bredouillant nerveusement un «je vais réfléchir », s'en alla brusquement.       
Il marcha un moment, jusque la place des grands taxis, plongé dans ses pensées. Il jeta un oeil à sa montre, elle affichait vingt heures. Lui qui avait rendez-vous à Sidi Amar à vingt-et-une heures, il était bien en avance. Marouane et lui s'étaient imaginés que tout se déroulerait pour le mieux. Cette fois-ci pourtant, il s'était senti si près du but... Il s'appretait à allumer une cigarette quand un grand taxi arriva. Six individus en sortirent précipitamment, et il fut bousculé dedans par un flot de nouvelles personnes. Il rangea sa cigarette dans le paquet en soupirant. Préférant penser à autre chose, il songea à l'énorme femme qui enfonçait son coude dans ses côtes à sa droite. Cela devrait être interdit par la loi de prendre un grand taxi quand on était aussi corpulent! Ou alors les chauffeurs auraient dû lui faire payer deux places! Il la toisa du regard, elle ne nota pas. Aussi décida-t-il de reporter son attention ailleurs.        
Il jeta un oeil aux deux passagers à l'avant, compressés dans un seul siège. Deux personnes qui pourtant ne se connaissaient pas, ne s'étaient vues nulle part ailleurs, et qui étaient obligées de se partager un siège aussi intimement. Il sourit. Le code de la route n'avait aucun sens dans ce pays. Comment pouvait-on interdire cela de partout, et pourtant autoriser dans les grands taxis quatre personnes à l'arrière, et deux à l'avant sur ce même siège côté passager? Comment pouvait-on admettre une telle compression? Le grand taxi après tout, était loin d'être si vaste, il avait le même gabari qu'une voiture ordinaire. Et encore pouvait-on considérer ce vieux tacot comme une voiture ordinaire? A Meknès, les grands taxis avaient l'air d'avoir survécu à une guerre! La mine de Zak se décomposa. Il regarda par la vitre défiler cet univers qui avait été sa vie. 
La voiture s'arrêta au feu rouge. Un petit garçon s'approcha, proposant des mouchoirs et des paquets de chewing gum à un dirham l'unité. Le chauffeur secoua la tête sans lui adresser un regard.
       
« S'il te plaît mon oncle**, c'est pour payer mes livres d'école...» insista-t-il.       
              L'homme fit mine de ne pas entendre. Le petit garçon s'éloigna en baissant les yeux. Zak se reconnaissait en lui, il était passé par là, par cette misère. Il était alors plus âgé, et il avait attendu tous les jours aux feux rouges pour nettoyer les pare-brises. C 'était en été qu'il se faisait le plus d'argent, en nettoyant les voitures des immigrés.       
« Ho! » Lança-t-il.       
               Le garçon s'arrêta à sa hauteur, le regard plein d'espoir. Zak lui tendit une pièce de cinq dirhams. Quand l'enfant lui montra sa marchandise, il secoua la tête.       
« Garde-les, j'en veux pas. »       
               Son visage s'éclaircit.       
« Merci, que Dieu te le rende! »       
               Dans le taxi, tout le monde détourna le regard. Une atmosphère pesante suivit. Zak ne trouvait pourtant pas ces gens ingrats. Il connaissait la situation du pays. Il savait qu'au prochain feu rouge un autre enfant viendrait quémander, que lorsqu'ils sortiraient du taxi, ils en croiseraient plusieurs qui viendraient, suppliants, réclamer un peu d'argent. Ils n'avaient pas les moyens de les aider tous, alors ils préféraient n'en aider aucun. Eux même devaient avoir du mal à joindre les deux bouts.       
Le taxi s'arrêta à Rouamzine. Il descendit, se dirigea vers la montée de Sidi Amar. C'était un des quartiers les plus pauvres de Meknès. La plupart de ses amis habitait là-bas. La journée, on y trouvait le Souk, mais le soir, c'était vide. Probablement que comme c'était un quartier assez miséreux, les gens n'osaient pas y monter de nuit. Alors Zak et ses amis s'y retrouvaient.       
Il était vingt heures trente. Pourtant, il ne tarda pas à trouver Marouane, adossé à un mur, discutant avec Ilyass l'espagnol. Ilyass n'était pas espagnol, mais son père vivait en Espagne. Cela faisait plus de deux ans qu'il assurait à tout le monde qu'il irait bientôt le rejoindre, dès qu'il lui aurait fait les papiers, sans résultat. On lui donnait ce nom pour le différencier d'un autre Ilyass, un gentil garçon qui les aidait à trouver du Haschich.       
« Ah mon ami! » S'exclama Marouane, les yeux brillants, en le voyant arriver.       
               Il avait l'air visiblement impatient d'entendre une bonne nouvelle.       
« Y a rien du tout, lui balança immédiatement Zak pour mettre fin à l'euphorie de son ami.       
_ Comment y a rien du tout? Demanda le jeune homme en blêmissant.       
_ Y a rien et c'est tout. A moins que tu ne gardes dix mille dirhams secrètement cachés dans ton compte?       
_ Quoi? Mais qu'est ce que tu racontes là? J'ai pas de compte, je sais même pas ce que c'est qu'un compte moi! S'emporta-t-il. C'est quoi ce plan là?       
_ Le mec m'a demandé dix mille dirhams si je veux aller aux Canaries.       
_ Dix mille dirhams pour deux?       
_ Mais non pour une seule personne!       
_ Mais pourquoi il veut tout ça?       
_ Je sais pas, apparemment ils prennent des risques dans leur business!grogna Zak.       
_ Cette blague! Dix mille dirhams juste pour aller aux Canaries? A ce prix là on se paye un bateau pour nous tous seuls! Ou encore mieux, si on avait ça dans notre compte, on nous refuserait certainement pas le visa! » Ironisa Marouane, scandalisé.       
              Ilyass l'espagnol pouffa. Les jeunes hommes le toisèrent du regard.       
« Qu'est ce que t'as toi, ça te fait rire? Nous on a la rage et toi ça te fait rire? »       
              Il sourit.       
« Mais vas voir ta figure dans un miroir mon frère, enchaîna Zak, ça fait deux ans que tu nous balances que tu vas en Espagne et t'es encore là!       
_ Il faut du temps pour faire des papiers, rétorqua-t-il sèchement.       
_ C'est ça oui, quelques mois pas plus! Bref fermes ta bouche ste'plait je suis vraiment pas d'humeur.       
_ Oh t'énerves pas sur moi mon frère, c'est bon c'est pas moi qui t'ai empêché de partir! » Grommela Ilyass.       
               Son sourire avait disparu, il fronçait les sourcils. C'était un grand gringalet aux yeux constamment injectés de sang pour une raison inconnue. Zak préféra ne pas répondre ou cela risquait de dégénérer. Ilyass prit la sage décision de se retirer.       
« Rendez-vous avec Simo, prétexta-t-il.       
_ Tu peux l'appeler pour qu'il vienne nous rejoindre, suggéra Marouane.       
_ J'ai pas de solde, et puis il devait me montrer un logiciel sur son PC, pour pirater les réseaux wifi sécurisés.       
_ T'as un PC avec wifi toi? L'interrogea le garçon.       
_ Non pas encore, mais mon père va m'envoyer un PC portable d'Espagne. »       
                Quand il se fut éloigné, Zak et Marouane ne purent s'empêcher d'exploser de rire.       
« T'es sûr qu'il a vraiment un père ce type? C'est pas possible, ça fait deux ans qu'il se moque de nous! S'exclama le premier.       
_ J'en sais rien du tout! N'empêche, si jamais il allait vraiment en Espagne, on aurait l'air de deux cons. »       
                Il y eut un moment de silence.       
« Je crois pas que ça arrivera, finit par dire Zak en riant.       
_ Moi non plus, » admit Marouane en éclatant de rire à son tour.       
                Ils se regardèrent, chacun semblant réfléchir de son côté.       
« Je sais pas quoi faire, murmura Zak. Pourtant je t'assure j'en peux plus de ce pays.       
_ On a qu'à aller à Tanger...       
_ Qu'est ce que tu veux faire? La méthode traditionnelle? Se faufiler sous un camion?       
_ Ba pourquoi pas? Au moins c'est gratuit.       
_ C'est sûr!  Tu sais de quoi j'aurais besoin là? D'un bon joint...       
_ J'ai appelé Ilyass pour qu'il vienne, il devrait nous en ramener. T'as combien sur toi?       
_ Même pas quarante dirhams. Je suis fauché en ce moment, je crois que je vais me remettre à bosser. Peut-être que Belarbi acceptera de me reprendre.       
_ Tu vas retravailler comme guide? Mais c'est pourri, t'as dit que tu détestais.       
_ Ouais mais besoin d'argent mon pote, j'ai pas le choix. D'ailleurs je pense même reprendre le mizmar***. C'est la période des mariages. »       
                Puis Zak se tut, perplexe. Il se sentit ridicule soudainement. Qu'est ce qu'il s'était imaginé? Que sans un sous en poche il pourrait réaliser ses rêves dans cette société de consommation? Ce monde où le riche rayonnait tandis que le pauvre sombrait? Comment avait-il pu être aussi naïf, lui qui pourtant connaissait tout des déboires de cette humanité?       
Il finit par allumer une cigarette pour la fumer nerveusement, laissant sa fureur se consumer avec elle...       



* un million : correspond à la conversion de dirhams en rials(centimes marocains), un rial équivalant à cinq centimes.
** mon oncle : formule de politesse respectueuse souvent employée par les plus jeunes à l'égard des plus âgés.
*** mizmar : instrument à vent.


Dernière édition par yasmina le Jeu 10 Sep 2009 - 22:57; édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu 10 Sep 2009 - 21:48    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

voilà j'ai tenté un effort au niveau des dialogues, pour les rendre plus conformes à des paroles marocaines :-)
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Abdel
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MessagePosté le: Ven 11 Sep 2009 - 00:26    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

C'est perceptible, mais je dois dire que c'est moins bon qu'avant.

A l'évidence la "marocanisation" des dialogues, surtout des jeunes n'apporte pas un plus au texte. Il vaut mieux s'en tenir au cachet local qui vient tout seul dans les dialogues comme vous faites souvent.

Peut-être que le caractère universel de la pensée des jeunes n'implique pas nécessairement un cachet local, sauf sporadiquement pour marquer une certaine différence qui sauterait aux yeux dans le feu des dialogues.

Au final, je préfère retirer ma remarque que de vous embarquer sur une fausse piste.
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MessagePosté le: Dim 13 Sep 2009 - 15:39    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5) Répondre en citant

Ok!  Bon alors je garde l'ancienne version.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:22    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 5)

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