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Pris sur le fait !

 
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LAMY Jacques
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Capricorne (22déc-19jan)

MessagePosté le: Jeu 17 Sep 2009 - 10:13    Sujet du message: Pris sur le fait ! Répondre en citant

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LE DRAME !



La Mère revenue, les filles à l’abri, le Père envisagea de prendre des mesures :
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À la fermeture les Flannagans viendront, ils ne menaceront jamais devant témoins. Le soir, je veux que Rob et toi, Louis, vous teniez dans la réserve d’où l’on voit le magasin.
Dès que Rob revient du collège, installez-vous. J’y ai monté un appareil Edison prêt à enregistrer les propos des intrus.
Rob si besoin était le mettrait en fonction. Et nous les piégerons par ce moyen habile...
Sous aucun prétexte tu n’interviens, compris ? "Ils" ne doivent savoir que vous êtes cachés. Ta mission est à tous prix de protéger Rob : rappelle-toi qu’ils ne laissent pas de témoin !

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En décrivant cette scène, j’en tremble encore tant d'années après, car les souvenirs m’assaillent.
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Nous avions réparti différemment nos tâches. Pour avoir des rentrées d’argent supplémentaires, je donnais le matin quelques cours de dessin et de peinture à des enfants du quartier riche ; les clients satisfaits me payaient toujours bien. Évidemment, à cette époque on ne demandait guère autre chose qu’amour du métier, savoir-faire, et de communiquer la passion de son art...
Parfois je rêvais que Flannagan renonçait à son racket devant la détermination de toute la famille à ne pas lui céder.
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Un matin, je partit pour dispenser mes cours, quand Doherty m’interpella de sa voiture Ford :
Venez, je vous conduis, car j’ai à vous parler.
Je m’installai donc. Il avait l’air bien soucieux. Doherty m’expliqua en roulant lentement :
Je suis inquiet pour vous. Deux tenanciers de pubs ont mis fin à leurs jours, ce sont de vrais suicides.
— Ah ! Les Flannagans ne percevront plus leur dîme ! Et c’est bien fait pour eux,
dis-je étourdiment.
Justement non : un cran de plus dans l’escalade ! Et "ils" rachèteront ces pubs pour presque rien, bien plus intéressants que ne l’est le racket, permettant aux gangsters de noyer tout l’argent issu des multiples trafics de l’entrepôt. "Ils" font en sorte que leurs proies, les commerçants, bradent leurs fonds ou partent, morts ou vifs, mais vite ! Je demeure impuissant si je ne les surprends "la main dans le sac d’or" pour un flagrant délit.
À ce stade, les relations de Flannagan ne joueront plus si ce gangster est compromis. Au contraire, des gens "haut placés" parleraient, montrant leur surprise pour se dédouaner.
Votre père feindra la peur des représailles, car je ne peux tendre de piège aux Flannagans que s’il accepte alors, au début, de payer.
Tentez surtout de le convaincre de laisser la police faire son délicat travail, demeurant garante de la sécurité.
S’il laisse sa fierté mal placée l’emporter, je ne pourrai à temps monter un guet-apens et les gangsters réagiront impunément.

Que risquons-nous vraiment, Lieutenant Doherty ?
— La mort et des meurtriers impunis, c’est tout,
me répliqua lugubrement le policier. Vous voici arrivé, "Monsieur l’Artiste Peintre"...
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Le soir, je répétais les propos dénués de toute ambiguïté du chef de la police.
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Père réfléchit longuement avant de répondre :
La police fait son travail et le fait bien. J’ai une famille à élever, tu le sais. Afin que la police obtienne un résultat, dois-je, n’étant pas riche, encore payer un impôt supplémentaire et illégal ? Doherty n’a qu’à planquer deux de ses cow-boys près de nous : ils interpelleront tous ces maîtres-chanteurs.
La seule chose à faire, pour nous, est de graver la tentative de racket de ces bandits sur le phonographe Edison. Et nous aurons ainsi bien aidé la justice.

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Je croyais Doherty, je comprenais mon Père : pour faciliter la tâche de la police, il fallait de l’argent et nous n’en avions plus. En ces temps, emprunter était "déshonorant"... Si nous abandonnions notre commerce à Flannagan, nous serions totalement ruinés, "mal vivants", et les coupables ne seraient pas arrêtés.
Père n’accepterait jamais par crainte de la mort d’annihiler les efforts de toute sa vie.
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Dans la réserve Rob et moi montions la garde, chaque soir, silencieux.
Rob avait essayé le lourd phonographe à cylindre de cire Edison, équipé d'un microphone à charbon Clément Ader, animé mécaniquement par ressort et d'une autonomie, extraordinaire pour l'époque, de cinq minutes. Nous en faisions un jeu. Rob pouffait et faisait la grimace aux clients qui entraient en boutique et ne pouvaient le voir.
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L’heure de fermeture avait déjà sonné, lorsque Dick Flannagan, en personne, suivi d’un porte-flingue et du "second couteau" Ginger, pénétra en boutique affrontant nos parents.
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J’ai revécu plus de mille fois, la nuit, cette scène atroce, au long de ces années...
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Flannagan souriait aux légumes et fruits. Ginger, ganté de noir, demeurait impassible. Le porte-flingue, le regard fixe, attendait...
Rob et moi, surpris, étions changés en statues.
Flannagan, toujours souriant, parlait au Père :
La participation à la sécurité en ville est un devoir pour tous les commerçants. On ne refuse pas l’offre de Flannagan !
— Mais Monsieur Flannagan, je suis déjà ruiné, et en fait vous n’avez agi que pour cela...
— Mille deux cents dollars pour votre magasin, "compensés" par un an de participation à la sécurité, et vous déguerpissez !
— Il n’est pas à vendre. Maintenant vous sortez !

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Puis tout se déroulait comme en un cauchemar. La détermination du Père en imposait, j’étais très effrayé, aussi admiratif.
Vous vivant, vous êtes un très mauvais exemple, ricana Flannagan sortant son revolver, le braquant sur le Père pour l’intimider
La Mère cria : « Non !!! » et se précipita vers l’arme dirigée sur le chef de famille.
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Flannagan se méprit-il sur ses intentions ? Soudain, il fit feu, en abattant la Mère, puis tira sur le Père, rejeté en arrière !
Dans la réserve, je tenais mon frère Rob, le bâillonnant de la main pour l’empêchant de crier et de se précipiter vers les corps étendus de nos parents.
Je me remémorai la sentence du Père : "Rappelle-toi qu’ils ne laissent pas de témoin !"

Mais tout était fini : les tueurs s’enfuyaient. Et les deux coups de feu n’avaient alerté personne... même si chacun pourtant avait dû les entendre.
J’étais anéanti et Rob pleurait à terre.
J’appelais immédiatement la police, en un sanglot profond je parvenais à dire :
Ici Barns, on vient d’assassiner mes parents !
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À vrai dire, je ne me souviens plus très bien des événements qui ont suivi, juste après. Je me rappelle un peu de mes propos décousus. Encore aujourd’hui, je revis d’étranges scènes :
■ Rob, en état de choc, conduit à l’hôpital.
■ Et moi, invectivant l’officier de police :
La police n’est là que pour constats de mort. - La loi ? Les Flannagans s’endorment sur la loi ! - On connaît l’assassin ? Mais qu’on l’étripe, alors ! Et quand il aura tué tout le monde et les siens, la police saura-t-elle qui est coupable ?
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■ Toujours moi, effondré, sanglotant dans les bras de Doherty qui répétait sans se lasser :
Je te promets que les assassins le paieront.
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Je revis douloureusement ces funérailles dans la brume de nos larmes : mes sœurs évanescentes, Rob tout contre moi, le Lieutenant Doherty et le Sergent Flood (leurs poitrines constellées de décorations, se découvrant agents spéciaux du F.B.l.), et nos clients venus en dépit de la peur, la Tante Mathilde essayant de moucher Maud et trempant ses joues et son jabot de ses pleurs.
Dick Flannagan et les siens tentèrent bien de nous suivre, sans doute pour donner le change, mais les agents de choc s’y opposèrent. L’un d'eux, discrètement, dans une bousculade balança Bob Ginger dans une tombe ouverte, disant : Pas si vite, gars, attends le procès !
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MessagePosté le: Jeu 17 Sep 2009 - 10:13    Sujet du message: Publicité

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