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Brisures adolescentes

 
Post new topic   Reply to topic    Créations littéraires Forum Index -> Espace Nouvelles, Autobiographies, Textes et Récits courts -> Récits autobiographiques, souvenirs... -> Brisures adolescentes
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Abdel


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Joined: 08 Aug 2008
Posts: 713

PostPosted: Wed 23 Sep - 13:52    Post subject: Brisures adolescentes Reply with quote

Chapitre IV
Qu'est ce que je footais au lycée !

Que l'on m'excuse une dernière incartade, un dernier baroud d'honneur de vitalité de jeunesse avant de vous amener aux coins sombres de ma déchéance physique et morale. Un peu de vanité dans sa plus simple expression, légitime ou pas, c'est selon votre angle de perception des choses, dans le cadre général de l'histoire. Mais ce n'est pas contagieux, cette vanité, rassurez-vous ! Tout au plus elle risque de déclencher chez-vous un fou rire. C'est bénin et bénéfique...

Sidi Kacem, la ville de mon lycée, cité pétrolière, s’étale en pente douce sur le flanc de la montagne. Deux flammes permanentes ornent ses sommets : l’une du haut de sa raffinerie, comme une allumette inextinguible aux rafales des vents et l’autre vers le sommet de la large montagne qui l’entoure, sur un cylindre émergeant du sol comme un cierge illuminant la nuit.

Le lycée campe vers le haut sur un grand rectangle qui borde au sud les contre forts de la ville et au nord de vastes champs de culture. Il est composé d’un dortoir, d’une cantine, de deux blocs de classe, d’un rez-de-chaussée emprunté à une école primaire et d’un complexe sportif dont un terrain de rugby occupe la majeure surface.

Dans chaque partie de cet ensemble sommeille des souvenirs dont il faudra " réveiller" les plus importants au cours de ce récit. Il y en a tant qu'il serait difficile de faire un choix ou de suivre une chronologie.

Je les exposerai donc au hasard du récit, en faisant des remontées et des retours dans le temps.

A commencer par ce fameux terrain de rugby dont l'image ne quitte plus ma mémoire depuis tant d'années. Et pour cause, puisqu'il fut le théâtre de mes exploits de jeune gardien de but.

A cette époque, le début des années 70, l'équipe locale de football de première Division venait souvent s'entraîner dans notre terrain, parfaitement adapté à ce sport. Cette équipe occupait le trio du classement de tête et avait même trois joueurs dans l'équipe nationale en plus du premier buteur du pays et son meilleur ailier gauche. C'est vous dire que l'aubaine était inespérée pour faire valoir mes talents face à ces prestigieux magiciens de la balle.

Mon amour pour la balle n'avait pas d'égal et ma recherche de la perfection dans l'interception des balles occupait tout mon esprit, tout le temps. J'échafaudais des plans sur papier et traçais à longueur de journées tous les angles possibles de tir, et toutes les positions que je devais adopter pour intercepter les tirs de tout acabit.

Cela paraît surprenant, mais ce qui l'a été le plus pour moi, c'est que lorsque plusieurs années plus tard, alors que j'exerçais mon métier de prof dans une ville du nord du pays, sans jamais me départir de mon addiction pour le foot, le gardien de l'équipe locale fit venir un photographe et le pria de me prendre en dizaines de photos pendant des dizaines de tirs.

Lorsque je lui en avais demandé la raison, il m'avoua qu'il voulait fixer et comprendre le mécanisme "machiavélique" par lequel j'arrivais à stopper la balle sans plonger à tout bout de champs, simplement en me déplaçant à temps par des jeux de jambes bien rôdés.

L'image donc de ce terrain de rugby m'habite éternellement parce j'avais failli décrocher le gros le lot de la célébrité au niveau national, si ce n'était cette maladie qui coupa court brusquement à la réalisation de ce rêve si artistiquement sportif.

Des images ressurgissent du passé. Je me revois recevoir sur le terrain les applaudissements du premier buteur national après interception de plusieurs de ses tirs les plus fulgurants. Je me revois applaudi par le capitaine d'équipe en personne, un véritable Maradonna de l'époque mais dont la carrière fut stoppé net par un sauvage tacle d'un défenseur qui lui démolit le genou.

Je me remémore cette scène, lors d'un match officiel à Sidi Kacem. Le commentateur ne tarissait pas d'éloges pour ce joueur et s'étouffait en louanges au micro. Je me rappelle de cette phrase éclatante qu'il n'a cessé de répéter au micro :" le Maroc vient de découvrir un trésor ! Slitten drible un joueur, puis le second, puis le troisième… puis le septième !" oui, le septième, comme si vous étiez ! et je l'ai vu de mes propres yeux ! Mais au bout, il y avait la catastrophe : un genou en miettes…

Pauvre Slitten, pauvre Maroc qui avait perdu peut être l'un des joueurs les plus talentueux de tous les temps , et peut être l'un de ses meilleurs gardiens de but par la suite….

Je revois Slitten , l'avant-centre et capitaine, courir vers moi, pour marquer le but, la balle rebondissant entre lui et moi, alors que la défense était semée. Je m'avance de quelques pas pour fermer tous les angles et m'arrête pile, immobile et de marbre. La foule retient son souffle. Que fait le gardien ? Il assiste impuissant ? Mais j'avais calculé le coup et anticipé sur la trajectoire de la balle rebondissante à hauteur de nos têtes. Quand le talentueux Slitten voulu l'amortir au torse et la redescendre au pied, mon bras long, avait déjà happé la balle et mon corps fit un écart vers le côté laissant le joueur finir sa course vers les bois vides, sans ballon, lequel était sous mon aisselle, tenu d'un bras. La foule exulta et applaudit à tout rompre.

Penaud, l'admirable joueur revint vers moi, tout en applaudissant, me serra chaudement la main et me dit cette inoubliable phrase qui tinte encore dans mes oreilles " Mille bravo, l'ami ! tu es le gardien de but qu'il nous faut ! Demain tu viens au terrain municipal pour l'entraînement, tu es embauché ! "

A la fin de ce match inter équipe de la ville, la foule me porta comme un trophée au dessus des épaules et me promena, sous les ovations, sur la piste de course à pied qui entoure le terrain.

Ah ! Cette piste de course ! Je me rappelle encore un autre souvenir, moins jovial celui-là, ou j'ai failli avoir un arrêt cardiaque après une course au dessus de mes forces, qui me lâchaient déjà...
_________________
De deux choses lune, l'autre c'est le soleil. Jacques Prévert


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Humphrey
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Joined: 24 Mar 2009
Posts: 340
Vierge (24aoû-22sep)

PostPosted: Sun 24 Jan - 15:09    Post subject: Brisures adolescentes Reply with quote

Avant toute chose, je dois vous dire que cela me gêne beaucoup d'avoir l'impression que vous attendez mon avis pour décider si vous allez continuer ou non à écrire vos "brisures". J'espère, si ce n'est pas encore fait, que vous allez poster ces textes sur 2 ou 3 autres forums pour obtenir des avis multiples.
 
En ce qui me concerne, j'irai droit au but comme toujours et je m'en excuse, car je n'ai pas été emballé par ces textes. J'ai tout relu depuis le début et j'ai dû me forcer à aller jusqu'au bout. Je suis désolé d'être si franc mais je ne vais pas mentir à un homme de votre expérience et de votre qualité.
 
J'ai relu mon premier commentaire d'octobre 2009 et je le trouve toujours exact mais un peu trop gentil. Je devais être dans un bon jour…
 
En fait, le problème est le suivant : pour quelqu'un dont le français n'est pas la langue maternelle, vous maîtrisez cette langue étonnamment bien. Votre vocabulaire est riche et varié, tout comme vos tournures de phrase.  Si je lis vos textes comme un exercice d'écriture d'un auteur non-francophone, j'y vois donc beaucoup de bonnes choses.
 
Mais si je lis ce texte comme je lirais un texte d'un auteur francophone, ou un texte destiné à la publication, cela passe plus difficilement. Car si le style est parfois bon, il est aussi très variable, et souvent un peu lourd, soit à cause d'une débauche d'adjectifs et de détails, soit à cause de phrases (beaucoup) trop longues ou mal rythmées, soit à cause de virgules intempestives qui gênent la lecture plus qu'elle ne l'aide, soit encore (mais plus rarement) à cause de répétitions.
 
Je me trompe peut-être mais je me demande si le problème ne vient pas du fait que vous écrivez et lisez le français avec un rythme ou une intonation arabe en tête, ce qui rend certaines phrases trop saccadées ou, comme je l'écris ci-dessus, mal rythmées. Ce n'est qu'une hypothèse bien sûr.
 
J'ai aussi repéré des problèmes de temps ou de conjugaison, plus que je ne l'avais vu lors de ma première lecture. (Je peux vous en indiquer quelques-uns si cela vous intéresse, tout comme je peux vous donner quelques exemples de ce que j'appelle des phrases "mal rythmées", mais le problème est que tout cela prend un temps fou... Voilà déjà plus de 2 heures que je suis occupé à vous lire et vous commenter et malheureusement je n'ai pas tout ce temps.)
 
Mais surtout - et c'est le point principal, je pense - je me suis ennuyé, j'ai dû me forcer à lire jusqu'au bout, chose que je n'ai pas par exemple quand je lis le roman de Yasmina, qui pourtant n'est pas parfait lui non plus.
 
Soyons clairs : vos souvenirs d'enfance ne sont pas moins intéressants que d'autres ! Mais il manque quelque chose, je ne sais pas quoi, une mise en perspective, un second degré, du mystère, un peu plus d'humour aussi peut-être, pour que ce récit devienne un peu prenant pour un lecteur comme moi. 
 
Une nouvelle fois, j'insiste pour que vous demandiez d'autres avis, de lecteurs francophones de préférence, avant de tirer des conclusions. D'ailleurs, je ne vous dis pas d'arrêter d'écrire! Mon avis est que, si vous voulez poursuivre ce roman autobiographique dans le but d'un jour le faire publier, vous devez retravailler ces premiers chapitres en profondeur jusqu'à ce que vous trouviez votre ton et votre style.
 
A propos de ton, le pire pour moi est la fin de ce paragraphe que vous avez ajouté à la fin du chapitre 2 :
"Je vous prends la main pour une brève visite guidée,  un peu en désordre par manque de clarté des souvenirs, dans mon petit royaume forestier, afin de vous permettre de mieux évaluer ma souffrance morale future. Si cela vient à vous ennuyer, il vous aura quand même donné l'occasion de vous pencher indirectement sur votre propre enfance. L'homme a toujours un enfant qui dort en lui."

Personnellement, je trouve ce passage épouvantablement sentimentaliste et à la limite de la niaiserie. Mais ce n'est que mon avis très subjectif.
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