solitaire
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Joined: 28 Jan 2009 Posts: 172 
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Posted: Sat 6 Feb - 20:53 Post subject: Nouvelle version de l’amour saint 8 |
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Le Week-end, madame Tazi avait l'habitude de préparer le petit déjeuner puis de vaquer au travail quotidien de la maison avant de réveiller son mari. Mais ce jour là Mr. Tazi était déjà sur pied depuis longtemps. Elle le trouva dans la chambre de sa fille Salma, en train de feuilleter son album de photos.
Depuis sa mort, les Tazi n'avaient pas eu la chance d'avoir un autre enfant, alors ils vivaient du souvenir de leur bien-aimée. Ils avaient même gardé la chambre telle qu'elle l'avait quittée. Pour Mme. Tazi, cette chambre évoquait un souvenir malheureux; à plusieurs reprises, elle avait voulu la transformer, l'annexer au salon ; mais son mari refusait catégoriquement. Avec un pincement au cœur, s'approchant de lui, elle l'entoura de ses mains et lui dit : -Sois raisonnable ! Il faut que tu admettes la réalité. Salma est morte depuis longtemps. - Pas pour moi, elle est là et je la sens ! , Répondit-il en pointant le doigt vers le cœur. - Tu crois que moi je l'ai oubliée ? Non je ne l'ai jamais oubliée et je ne l’oublierai jamais. Ma fille, ma petite fille… Mais je supporte ! Le destin en a voulu ainsi. Puis elle se releva, le priant de quitter cette chambre et de venir au salon prendre son petit déjeuner. A contrecœur, Mr. Tazi quitta la chambre et rejoignit sa femme. Une fois le déjeuner fini, il quitta le salon pour aller à son bureau, laissant sa femme s'occuper de ses tâches ménagères. L'étonnement fut grand quand il trouva l'e-mail de Sarah qu'il ouvrit et lut immédiatement. Le texte était finement tourné. Elle avait bien assimilé ses conseils; il sentit qu'il avait vu juste. Cette fille était vraiment à part. Il appela sa femme : -Viens voir ce qu'écrit la fille dont je t'ai parlé. La fille que le Seigneur m'a envoyée. Il se releva, lui cédant sa place devant l'écran ! Il était plein d’enthousiasme. Sa femme avait à peine commencé à lire un passage du texte, qu’il la prit par les épaules et s’exclama : - Regarde on dirait un vrai écrivain, elle est douée. Lui dit-il. -C'est elle qui a écrit ça ? Tu ne l’as pas aidée ? -Bien sûr que c'est elle ! C'est vrai qu'elle a puisé l'idée d'un roman déjà existant et qu’elle a su suivre mes directives à la lettre, mais c'est un génie. J'ai l'intuition et j’espère que cette fille fera parler d'elle pendant très longtemps. -Tu as raison, pour un début ça promet une belle réussite. J’ai envie de lire cette belle introduction. -Oui ! Vas-y, ça ne peut que te plaire.
« Les rescapés de l'espace ».
Elle trouva que c’était un beau titre et elle commença à lire.
Le vaisseau spatial venant d'ailleurs plane à l'aveuglette dans l'immensité glaciale de l'espace infini. Errant sans but, charriant sa cargaison humaine. Des Hommes et des Femmes de toutes spécialités, des Militaires, Médecins et Hommes de Science…
-Tu vois, belle introduction, lui dit Mr. Tazi. -C’est comme dans un film où l’on voit, en fond d'écran, un vaisseau spatial qui vogue dans l’infini ! Un beau tableau ! -Elle a de l’imagination à revendre ! Tu ne trouves pas ? -Oh ! Laisse moi finir, j’ai hâte de connaître la suite. Dit son épouse. -Oui tu as raison, continue, je ne t’interromprai plus, c’est promis ! Elle reprit sa lecture, mais cette fois à haute voix, telle une speakerine de télévision.
Tous sont des condamnés qui ont bravé leur système gouvernemental et leurs lois. Un délit de droit commun. Car leur civilisation avancée a aboli toutes sortes de crimes. Plus d'assassinats, ni vols, ni viols, ni crimes; seul le délit de droit commun persiste encore. Les maîtres ont imaginé une loi qui condamne les fauteurs de trouble à l'exil perpétuel. Une cinquantaine d'individus condamnés, de différents sexes et spécialités, sont réunis pour former une équipe qui devra subvenir à ses besoins. Ils devront chercher et trouver une planète hospitalière où finir leurs jours tranquillement De cette manière, ils propageront leur civilisation au-delà de leur propre planète. Avant de les envoyer dans l'espace, les maîtres ont pensé à tout : pour qu’ils réussissent dans leur mission forcée, ils sont plongés dans un profond sommeil artificiel pour une période déterminée. Ainsi quand ils se réveilleront, ils se trouveront à des milliers d'années lumières de leur planète d'origine, perdus à jamais dans l'immensité infinie de l'univers. Afin d'accomplir leur mission de survie, ils devront s'organiser en une solide communauté. Tout a été prévu d'avance pour qu'ils s'intègrent quelque part dans l'univers, sur une autre planète vivable. Rien ne leur manquera du point de vue matériel, combustible et effectif. Tous soumis par la décision de justice, ils ont été choisis et triés pour former une communauté qui volera de ses propres ailes.
Saadin, autrefois commandant de fusée nucléaire et condamné pour avoir bravé ses supérieurs, est du voyage. Il prendra en mains la destinée de ses camarades d’infortune pour les sauver d'une mort lente et pénible dans les entrailles de ce qu’ils avaient appelé « le cargo ». S'ils n'arrivent pas à dénicher une planète adéquate et en harmonie avec leur mode de vie, le cargo sera leur dernière demeure, un cercueil planant dans l'univers qu'une autre civilisation découvrira un jour.
Sarazin est une jeune-fille, médecin et biologiste, condamnée elle aussi pour avoir refusé de participer à l'amélioration d'un virus mortel. Durant son jugement, elle n'avait pas voulu se défendre et quand on lui avait demandé pourquoi elle refusait de se faire assister par un avocat, elle avait répondu qu'elle n’en voyait pas l'utilité puisque son sort était scellé d'avance. Son procès avait duré deux mois et malgré les nombreux soutiens qu’elle avait reçus, la sentence avait été fatale.
Sachant tout cela, Saadin avait demandé à Sarazin de l’assister dans cette mission très particulière. Tous les deux ont conscience des graves problèmes qui les attendent. Ils redoutent surtout l'épuisement du stock d'uranium; or, sans ce minerai rare ils ne pourront aller plus loin. Saadin, penché sur les différents écrans de ses nombreux appareils, consulte les données des dernières observations lorsque Sarazin, très pâle, le rejoint. En la voyant ainsi, il comprend que quelque chose va mal. -Il me semble qu'il y a quelque chose de grave. Dit Saadin. -Oui, dit-elle. Les réserves de combustibles seront épuisées d'ici peu de temps... Or, il est impossible de trouver de l'uranium dans le vide ! -Dans ce cas, il nous faudra aborder la première planète que nous croiserons sur notre trajectoire. Espérons qu'elle sera uranifère pour enrichir notre stock, lui dit-il. Après un court instant, il ajoute, comme s'il se parlait à lui-même pour se convaincre : -Le système solaire que nous allons aborder se constitue de neuf planètes et il est quasiment impossible de ne pas trouver, parmi elles, une planète uranifère. Je le souhaite de tout mon cœur pour le bien de notre communauté, car dans le cas contraire, nous serons cloués à jamais sur l'une de ces planètes. Même si les conditions de vie y sont insupportables !
Mr. Tazi, interrompant la lecture de son épouse, s'exclame alors : -Tiens, regarde le passage qui suit ! -Je t'avais dit que cette jeune-fille est un génie en herbe ! Regarde de quelle habille manière elle parvient à contourner la description d'un atterrissage dont elle ignore très certainement la procédure ! ... Poursuit la lecture, je t'en prie. -Alors ne m’interromps plus. Tu gâches mon plaisir ! Dit-elle en reprenant le récit.
Avant d'atteindre l'atmosphère de la planète choisie, Saadin ordonne à tout l'équipage de prendre les dispositions en vue de l'atterrissage et de lui rendre compte de toutes les anomalies détectées. Et pour plus de sécurité, il déclenche le pilotage automatique. Puis, se tournant vers Sarazin, il dit : -Regarde cette merveille de la nature, la plus belle planète de tout ce système; elle est constituée de plusieurs continents, tous plus beaux les uns que les autres. Des forêts, des montagnes et des océans. Un vrai paradis ! -Tu as programmé l'atterrissage sur quel continent ? Demande Sarazin. -J'ai choisi celui du centre, regarde sur l'écran. Et d'un geste de la main, il appuie sur un bouton, afin d'agrandir l'image d'un continent désertique. Sarazin en reste bouche bée. -Mais c'est un désert que tu viens de me montrer ! C’est là l'endroit que tu as choisi pour notre atterrissage ? Je ne comprends pas ! Tu nous as trompés ! -Tu comprendras le moment venu ! Tu n'as pas l'expérience d'un militaire. Dans l'armée, on nous apprend à se méfier de tous. -Se méfier de tous ! Mais de qui ? S'étonne Sarazin. -Des habitants de cette planète…Tu ne vois pas qu'elle est habitée ? -Mais ils ne sont que des autochtones, beaucoup plus arriérés que nous....
Saadin tente brièvement d'expliquer son point de vue à la jeune femme : -Nous risquons d'avoir des problèmes en débarquant sur leur domaine. Les espèces vivantes acceptent très difficilement les intrus sur leur territoire. Même s'ils appartiennent à la même espèce qu’eux. C'est sans plus réfléchir que Sarazin réplique : -Nous avons des armes très sophistiquées, nous les vaincrons, même si nous devons employer les grands moyens. -Ecoute Sarazin, c'est vrai que nous avons sans doute des armes plus puissantes que les leurs, mais eux ils ont le nombre et le temps. Ça, c'est très important dans une guerre ! -Mais de quelle guerre parles-tu ? Nous allons choisir un endroit paradisiaque et y construire une solide forteresse infranchissable, pour nous protéger contre les malveillants. Nous abattrons tous ceux qui s'approcheront de nous avec de mauvaises intentions. Dit-elle. -Réfléchis un peu. Nous ne sommes pas des barbares ou des sauvages. Et combien en abattrons-nous ? Une poignée d’hommes ! Ou un peuple tout entier ! Car ils s'uniront pour nous combattre. C'est leurs survie ou la nôtre qui sera en jeu. -Décidément, tu n'es pas bien optimiste, tu vois le mal partout ! Clôturant ainsi la discussion, Sarazin, en colère, tourne les talons puis sort avec la nette intention de chercher un moyen pour le faire revenir sur sa décision. Pour cela, il n’y a qu'une seule solution, pense-t-elle : mettre Abdzin au courant de tout. Lui seul peut le faire changer d'avis.
En revenant à sa cabine, elle n'a pas cessé de réfléchir à ce problème. Si la communauté s'aperçoit qu'il y a des endroits paradisiaques et que le commandant a choisi ce coin désertique, ils vont sûrement se révolter. Or, ce n’est pas l’intérêt du groupe. Une rébellion aura non seulement des conséquences néfastes pour tous et immédiatement, mais c’est aussi leur avenir qui sera menacé. Que peut-elle bien faire contre la décision du commandant ? Elle sait qu’il doit probablement avoir une bonne raison de se méfier, mais pourquoi tant de prudence ?
Tout d’un coup, tout ce qui l’a amené à se retrouver dans cette situation lui revient à l’esprit. Elle se remémore les jours qu'elle a passés en prison. Toute l'humiliation vécue. Son procès et l'acharnement des avocats pour l'acquitter. Les nombreux " sit-in" que firent publiquement ses amis, groupés en comités de soutient. Hélas ! Tout ça n'a malheureusement pas servi à la sauver. Dès le départ, ses bourreaux avaient décidé de l'inculper. Elle était devenue trop gênante pour le gouvernement. Comme prévu, la sentence était tombée. Lourde, comme pour tous les autres accusés jugés indésirables. L'exil était la peine capitale. Cela avait été encore plus insupportable avec le doute et la peur qui s’insinuaient en elle. La peur d’errer à jamais dans l’espace.
Et à présent qu'ils ont trouvé un endroit où vivre le restant de leurs vies bien tranquillement, voilà que Saadin choisit ce désert infernal. Pourtant, les endroits accueillants ne semblent pas manquer, selon ce qu'elle en a brièvement perçu ! En s'approchant de cette planète, elle a en effet vu, par le hublot du vaisseau, des îles magnifiques aux paysages féeriques. Soudain une idée traverse son esprit. En tant que médecin-biologiste elle a tous les atouts pour le convaincre que la vie dans le désert peut avoir des conséquences dangereuses pour leurs organismes habitués à un climat doux. Mais il lui faut l’aide des autres médecins. Il faut donc les mettre au courant du secret, ce qui n'est pas possible. Une fuite aurait des conséquences graves sur le moral de l'ensemble de la communauté. Perdue dans ses pensées, elle entend à peine l'appel provenant de son interphone : -Viens vite, lui crie le commandant, il y a du nouveau ! -Que se passe-t-il ? Lui demande-t-elle. -Je t'expliquerai quand tu seras là ! Viens vite c'est urgent ! -Ok j'arrive. Lui dit-elle.
Elle est à la fois étonnée et surprise. Au ton de la voix, elle a compris que quelque chose de grave vient de se produire. Son intuition lui dit de rester sur ses gardes, qu’elle doit se maîtriser. Arrivant dans la grande salle de réunion, elle constate que tous les autres membres du voyage s'y sont déjà rassemblés. Elle prend place sur un siège vacant, écoutant Saadin qui poursuit : -Nous avions enfreint la loi, car elle était injuste, ne profitait qu’à certains et ne permettait pas à notre civilisation de progresser. Mais, malgré tout, une loi, ou plutôt une organisation collective, est nécessaire et doit être respectée. C’est pour cela que j’ai décidé de créer une police qui veillera à appliquer l'organisation que nous allons mettre en place et qui veillera aussi sur notre sécurité.
Tous acquiescèrent.
-Maintenant passons aux choses sérieuses. Le hasard a mis sur notre chemin cette planète habitée par des êtres à l’allure primitive. Ils vivent dans des conditions misérables, ont du mal à se nourrir et sont terrassés par des maladies. Or il est de notre devoir, en tant que peuple civilisé, de les aider. Sans notre aide, la peste qui se propage parmi eux finira par les exterminer en peu de temps. -Vous savez, commandant, que la peste est une maladie contagieuse ! Lui dit Sarazin. -Je le sais et je compte sur vous pour les aider; vous allez rester sur place et organiser une expédition afin de vérifier, sur le terrain, de quoi il s’agit exactement. Quand à nous nous allons sur une île en plein océan que nous avons repérée et nous vous laisserons un aéronef pour nous rejoindre une fois votre mission achevée ! Sarazin se réjouit de cette idée, elle n’avait plus besoin de ruser pour l’obliger à quitter ce dessert. Une fois la décision prise à l’unanimité, Saadin ordonna le départ.
C’est une grande île, presque un mini-continent qu'ils découvrent alors. Aucun signe de vie humaine car ils sont en plein océan. Le commandant, réunissant ses adjoints, leur ordonna alors : -Nous devons construire des abris. Nous garderons le vaisseau comme notre siège de commandement. -Moi, répondit Ardazin, éminent ingénieur, je me chargerai de construire le village. Rien ne nous manque. L’intelligence et les bras : nous avons tout ce qu’il nous faut. Le reste est là sur le terrain ! -Merci, je te donne le droit d’utiliser les robots dont tu auras besoin. », Confirma Saadin. Puis il ajouta : -Nous baptisons cette île L’ATLANTIDE, en souvenir de l’aéroport Atlan. Le point de départ de notre exil, et je demande à Humzy d'ériger des radars sur tout le territoire pour nous protéger de toutes étrangères à notre groupe. -Ne crains rien commandant, dit Humzy, j'installerai des radars sur un périmètre en forme de triangle pour limiter tout risque d’infiltration. Pendant toute la lecture que venait d'effectuer son épouse, Mr. Tazi avait réussi à ne pas dire un mot. Il avait écouté cette lecture avec satisfaction. -Alors, que penses-tu de ce début, lui dit-il ? -Ah ! C’est fabuleux, j’ai hâte de la voir et de l'encourager, répondit son épouse. -Si tu veux la rencontrer, elle sera sûrement à la bibliothèque à m'attendre pour connaître mon impression sur ses débuts. -Tu penses qu'elle accepterait de venir dîner avec nous ? Cela me ferait tellement plaisir qu’elle soit parmi nous. -Je ne sais pas ! On le lui demandera en allant la voir ? .
Sarah accepta leur invitation. Elle vint donc dîner chez eux. Ils lui firent visiter leur grand appartement et la chambre de feu Salma, ils lui offrirent des cadeaux et ils parlèrent de son futur roman. Mme. Tazi la pria de se considérer comme étant chez elle. Elle pourrait donc, dorénavant, aller et venir à son gré dans cette maison. Le temps passa si vite pour Sarah, qu'elle oublia qu'elle devait rentrer tôt chez elle. Elle redoutait encore plus sa mère après l’épisode colérique du dîner.
De retour chez elle, elle vit qu’il n’était pas très tard. Malgré tout, sa mère, comme à l'accoutumée, commença à lui faire la morale. Cela lui fit beaucoup de peine. Elle se rappela les paroles de sa sœur et trouva effectivement que sa mère devenait de plus en plus gouvernante et exigeante. Le sermon fini, elle préféra se rendre dans sa chambre et s'allonger sur son lit. Là, les souvenirs de ce merveilleux après-midi défilèrent. Elle aurait voulu qu'ils ne finissent jamais. Elle sentit le sommeil la vaincre. Elle s'endormit heureuse d'avoir réussi son premier chapitre avec succès. _________________ Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère, ou d'une moindre attention, ils ont tous le pouvoir de changer une vie |
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