http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: Zak et Lehla (suite 11)
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Zak et Lehla (suite 11)

 
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yasmina
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MessagePosté le: Ven 5 Mar 2010 - 20:47    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11) Répondre en citant

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12  

  

  
« Ne dis pas tes peines à autrui ; l'épervier et le vautour s'abattent sur le blessé qui gémit. »  

  

  
               « Cette prison a été construite par le Sultan Moulay Ismail, le fondateur de la ville de Meknès. C'est un monument historique incroyable. Elle porte le nom de « Kara », un prisonnier portugais. On raconte que le Roi lui avait promis sa liberté s'il parvenait à bâtir une prison de quarante mille captifs.» expliqua Zak.  
                Les touristes descendaient les vieilles marches avec précaution, intrigués de ce qu'ils découvriraient une fois en bas. Il faisait sombre et poussiéreux, les lieux étaient vastes et lugubres. Par endroits, on trouvait des morceaux de chaînes anciennes accrochés aux murs, très haut.  
« Comme vous pouvez le constater, ces souterrains sont vastes et sombres. Vous êtes dans un véritable labyrinthe. Aucun plan n'a jamais été dessiné. On pouvait s'y perdre facilement car cette prison s'étale sur des kilomètres et des kilomètres! C'est pourquoi nous avons été obligés d'édifier des murs de part et d'autre, »ajouta-t-il, désignant de la main les murs qui avaient été édifiés pour réduire la taille de cette prison.  
                 Il attira les touristes plus loin. Il faisait frais en ce souterrain. C'était un lieu plutôt bien conservé. A vrai dire il avait dit tout ce qu'il avait à en dire. Mais il devait étoffer ses propos afin de convaincre ces gens de lui laisser une paye généreuse.  
« Vous voyez ces morceaux de chaîne là haut? Imaginez que dans le temps, de longues chaînes y étaient reliées et descendaient jusqu'au sol. Et chaque prisonnier y était attaché aux poignets. Il faisait complètement noir dans la prison. Les geôliers, quand ils devaient nourrir les prisonniers, venaient avec de grandes torches en bois. »  
                Les touristes continuaient à inspecter les lieux, visiblement intéressés par ce que pouvait raconter Zak. Des femmes portaient la main à leur bouche, comme horrifiées.  
« Imaginez des hommes qui n'ont pas vu la lumière du jour depuis des années, qui n'ont pas bougé de cet endroit. Une torche qui s'allume, cette lumière qui les éblouit. Ils étaient comme des bêtes.  
_ Qui étaient ces personnes qu'on enfermait là? Pour quels crimes ils étaient enfermés? Demanda un homme, les yeux plissés de curiosité.  
_ Généralement ils s'agissait de prisonniers de guerre, ou d'opposants politiques.  
_ Ça fait longtemps que vous avez édifié ces murs qui bloquent l'accès au reste de la prison?demande une femme, intriguée.  
_ Je ne sais pas exactement. Tout ce que je peux vous dire, c'est que ça a été fermé parce qu'on avait perdu des touristes! »  
                 La femme frissonna, faisant des yeux ronds.  
« Vous pouvez aller explorer un peu si vous voulez, » les invita Zak.  
                 Les touristes se dispersèrent, inspectant les lieux avec attention. Ils avaient l'air fascinés. Comment pouvait-on être hypnotisé par une telle horreur? Dans ses veines, le sang de Zak se glaçait. Il haïssait cet endroit, y travailler était devenu un véritable supplice. Cette prison était le symbole de l'esclavage et de la pure injustice humaine dans l'histoire du Maroc. Et on le faisait visiter aux touristes, comme si cette époque était révolue. Il n'y avait qu'à voir dans les prisons, toutes ces personnes qui continuaient à les peupler injustement, cet accroissement de la population carcérale. Étaient-ce uniquement des meurtriers, des grands criminels, des violeurs, des voleurs? Un de ses pires souvenirs refit surface. Zak se revit devant ses geôliers, complètement nu, assistant avec impuissance à ce qu'il considérait comme une intrusion forcée dans son intimité. Ils riaient, le touchant avec brutalité, le narguant, deux d'entre eux le tenaient par le bras. Il était leur cible favorite, si bien qu'ils prenaient un malin plaisir à le fouiller plusieurs fois par semaine, même s'ils ne trouvaient jamais rien.  
« Dis donc, il a un sacré matériel le minet avec ses yeux de fillette! railla l'un d'eux en sifflant.  
_ Il a une couille plus grosse que l'autre! Ricana un deuxième.  
_ Qu'est ce qu'il nous cache? Ajouta un autre.  
_ Hmmm...un joli p'tit cul ma belle! »  
                   Le premier enfila des gants médicaux en le regardant, un rictus aux lèvres. Les deux surveillants qui le tenaient le plaquèrent violemment contre le bureau, il sentit une main se poser sur son postérieur...  
« Monsieur? »  
                   Zak sursauta. Une femme se tenait devant lui.  
«Pardon. Vous avez fini? »  
                   Elle acquiesça. Il était totalement crispé, les poings et dents serrés. Il respira un bon coup, s'efforçant de penser à autre chose. Puis il invita les touristes à quitter la prison.  
Une fois en haut, il leur montra le mur édifié au-dessus de la prison.  
« Ce mur a plusieurs mètres d'épaisseur. Quand le Sultan Moulay Ismail l'a fait édifier, on dit qu'il l'a fait par dessus des prisonniers, alors qu'ils étaient vivants. »  
                  Les vacanciers grimacèrent avec dégoût.  
« C'est affreux! »  
                  La femme qui l'avait interpellé tout à l'heure s'approcha doucement, elle lui tendit un mouchoir dans un sourire timide. Il la regarda d'un air interrogateur.  
« Vous suez. Vous n'avez pas l'air bien, vous êtes tout pâle. »  
                  Il n'avait pas remarqué les gouttelettes de sueur qui perlaient abondamment le long de ses tempes. Il attrapa le mouchoir et la remercia vivement, esquissant un sourire forcé.  
« Tout va bien? Demanda-t-elle avec compassion.  
_ Oui, juste un petit malaise, ça passera, » répondit-il en s'essuyant le visage.  
                 Elle acquiesça.  
« Vous devriez prendre une pause, »suggéra-t-elle.  
                 Il hocha de la tête.  
« Oui c'est probablement ce que je vais faire, »répondit-il.  
                 Il sentit son portable vibrer dans sa poche. Il ne répondit pas. La visite s'acheva cinq minutes plus tard. En partant, les touristes glissèrent chacun de l'argent dans sa main. La femme qui lui avait gentiment tendu le mouchoir s'arrangea pour partir en dernier. Dans sa main, elle ne se contenta pas de fourrer de la menue monnaie. Un billet de cent dirhams et un petit mot : « Hôtel Ibis, j'y serai ce soir. Tiphanie Murret. ». Il lui jeta un coup d'œil. Elle le regardait. Elle était plus âgée que lui d'une dizaine d'années sans doute, mais très jolie, avec de grands yeux noisette et de beaux cheveux soyeux. Elle lui fit un signe de la main en s'en allant.   
Le portable de Zak vibra à nouveau. Il ne connaissait pas le numéro, il décrocha :  
« Oui allo?  
_ Allo, Zakarya? »  
                  La voix paraissait hésitante.  
« Oui. C'est qui?  
_ C'est Lehla.  
_ Ah Lehla! Tu vas bien?  
_ Oui ça peut aller..., » bredouilla-t-elle.  
            Elle avait un ton morne, mais il préféra l'ignorer.  
« Bon, tu m'appelles pour une raison en particulier?  
_ Oui en fait Assia est venue me parler hier. Faut qu'on en discute.  
_ Elle t'a dit quoi? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.  
_ Je peux pas en parler maintenant, j'ai pas assez d'unités, mais on pourrait se voir? »  
             Zak réfléchit un instant puis soupira :   
« Oui si tu veux. Tu habites où?  
_ A Rouamzine.  
_ Ah ça tombe bien, je ne suis pas trop loin! Je serai libre à dix-neuf heures, ça te va? »  
              Il sentit qu'elle hésitait, mais elle finit par accepter.  
« On se voit devant le Mcdo, proposa-t-elle.  
_ OK, pas de problème, à tout à l'heure! ».  
              Il raccrocha. Cette fille, c'était certain, il s'en lasserait vite!   
Le reste de la journée se passa sans incident, et à dix-huit heures trente, Zakarya quitta la prison. La journée avait été fructueuse, et il s'en félicitait. Marchant en direction de la Medina, il alluma une cigarette. A cette heure-ci, comme toujours, les alentours étaient bondés. Il passa près de la célèbre Bab Mansour et s'engagea dans la montée qui conduisait à Rouamzine. Les commerçants, comme à leur habitude, se tenaient à l'extérieur de leurs commerces, à l'affût des clients, promouvant leurs biens, leurs services et leurs prix. Le soir, des plots fermaient la rue d'un bout à l'autre, et elle se transformait en grande avenue piétonne où tout le monde pouvait se balader aisément. Les hommes draguaient, dos au mur, alignés les uns à la suite des autres comme pour mieux contrôler l'arrivage. Les femmes les snobaient, feignant les trouver stupides alors que deux heures plus tôt elles choisissaient minutieusement la tenue qui ferait le plus de ravage tout en se pomponnant généreusement. Certaines riaient bêtement, se faisaient désirer, jouaient à « suis moi je te fuis, et fuis moi je te suis ». Les plus laides cherchaient les regards des hommes, ne parvenant à attirer leur attention sans cela. Parfois, le plus insatiable d'entre eux se laissait tenter, quand le ciel était suffisamment sombre pour n'entrevoir qu'une moindre partie de disgrâce.  
Justement, Zak, une main dans sa poche, sentit le papier plié en quatre glissé par Tiphanie. Irait-il la voir comme proposé? Il verrait bien. Et puis l'hôtel Ibis ne se situait qu'à quelques mètres de McDonald's.   
Lehla l'attendait déjà depuis une demi heure quand il se retrouva au lieu du rendez-vous. Elle paraissait légèrement angoissée.  
« Tu veux qu'on rentre à Mcdo ou qu'on aille ailleurs? Demanda Zak.  
_ Oh, on peut aller se balader. »  
            Ils s'éloignèrent d'un pas lent. Zak les mains dans les poches, Lehla, bras ballants, toute stressée qu'elle était.  
« Alors qu'est ce qu'elle t'a dit?  
_ Je préfère qu'on aille s'asseoir si ça t'embête pas, ce sera mieux pour discuter, on a qu'à aller à côté de la cour d'appel, y a un petit jardin dans les parages. »  
             Zak s'efforça de garder son calme, agacé. De toute façon, ce jardin n'était pas bien loin.  
« Tu faisais quoi au fait jusqu'à dix-neuf heures? L'interrogea-t-elle.  
_ Je travaillais à la prison Kara, je faisais le guide touristique.  
_ C'est intéressant comme travail, » fit remarquer Lehla.  
              Zak haussa les épaules. Il ne pouvait s'empêcher de la dévisager. Il avait l'impression d'être face à une fille totalement différente. Le maquillage de fête devait y être pour quelque chose. Elle était d'une telle banalité physique, le genre de fille qu'on ne remarquait pas dans la rue tellement sa beauté était insignifiante.   
Dix minutes plus tard, ils étaient installés dans l'herbe, près des fontaines.  
« Bon on peut en parler maintenant? » demanda-t-il, irrité de devoir attendre.  
               Lehla soupira.  
« Hier, après que tu sois parti, Assia est venue me parler. Elle m'a dit que tu l'avais draguée. »  
               Zak fut pris d'une envie soudaine de rire. Alors c'était pour cela qu'elle faisait une telle tête d'enterrement!   
« Et tu l'as crue?  
_ Euh...je sais pas...non, bredouilla-t-elle timidement. Je devrais?  
_ Mais tu vois bien qu'elle est jalouse! S'exclama-t-il en riant. Elle est prête à tout pour m'avoir c'est tout!  
_ L'ennui c'est qu'elle m'a avoué que tu lui plaisais, mais elle m'a dit que t'étais un mauvais garçon, et que c'était pour ça qu'elle ne voulait pas d'histoire avec toi. »  
Le garçon ne sut de quelle façon réagir. Devait-il se mettre en colère, faire croire à Lehla qu'il était offusqué par les propos d'Assia? Ou alors rester calme et la convaincre que cette fille n'était qu'une calomnieuse qui cherchait avant tout à l'attirer à lui? Il eut du mal à paraître scandalisé tant il avait envie de rire. Alors Assia était attiré par lui, il n'avait pas rêvé. Devant l'indignation de Lehla, il dut se résoudre à réagir.  
« C'est une vraie gamine cette fille. Moi, un mauvais garçon? Pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait de mauvais? »  
             La jeune fille baissa les yeux, visiblement gênée.  
« Elle a dit que tu sortais avec toutes les filles et que t'avais qu'une seule idée derrière la tête. »  
             Comment savait-elle cela? Alors elle se serait renseignée sur lui. Zak craint la suite de l'histoire.  
« Et quoi d'autre?  
_ Elle a dit que tu fumais du chite..., balbutia Lehla.  
_ Et c'est tout? »  
             La mine de la jeune fille se décomposa, elle paraissait déçue du manque de réaction de Zak. Elle ajouta :  
« Elle a parlé de prison... »  
              Le jeune homme se rembrunit. Il se crispa, serrant les dents avec rage. Lehla le dévisageait dans une mine interrogatrice. Il l'ignora.  
« C'est vrai Zakarya, ce qu'elle a dit? T'as fait de la prison? »  
             Pourquoi avait-il fallu que tout refasse surface aujourd'hui? Un frisson lui parcouru la colonne vertébrale. Il repensa à ce geôlier qui glissait violemment sa main dans son corps à la recherche d'un éventuel objet qu'il aurait pu dissimuler. A ces remarques diverses sur son physique, ces sourires narquois. Il s'était sentit violé. Jamais il n'avait vécu une telle humiliation.  
« T'as une belle paire de fesses ma jolie! »persifla Hamouda.  
              Puis il lui avait fait face. Zak se souviendrait toujours son regard perfide sous ses sourcils noirs hirsutes.  
« Alors, on se tape les femmes des autres p'tit con? Tu mériterais qu'on te la coupe. Alors tu aurais vraiment tout d'une fillette! » Ricana-t-il bêtement.  
             Sur-ce Hamouda avait attrapé son pénis entre ses doigts colossaux et avait serré si fort que Zak avait cru un instant qu'il s'était détaché. Et plus il criait, plus Hamouda serrait...  
« Zakarya! »  
            Lehla avait du crier son nom plusieurs fois, parce qu'elle affichait une mine offusquée.  
« Est-ce que c'est vrai? Il faut que je sache! »  
             Il réfléchit un court instant. Alors Assia jouait au plus fin avec lui. Elle pensait que la solidarité féminine primerait sur son charme. Elle s'imaginait qu'en disant tout ce qu'elle avait entendu à Lehla, elle saurait la maintenir éloignée...  
« C'est vrai Lehla. C'était horrible, murmura-t-il, prenant la mine la plus peinée qu'il pouvait. J'ai été accusé à tort... Je déteste parler de cette partie de ma vie Lehla. C'était un vrai cauchemar. Mais si à présent tu ne voulais plus de moi, je comprendrais...  
_ Mais c'était quand? Pourquoi?  
_ Y a un an. J'y suis resté quelques mois, je sortais avec une femme, c'était sérieux pourtant, mais elle ne m'avait pas dit qu'elle était mariée. Je ne veux pas m'étaler là-dessus Lehla. La base de toute relation, c'est la confiance. C'était une erreur, cette femme m'a trompé. J'ai purgé ma peine pour cette bêtise. Tout a changé dans ma vie depuis. C'est vrai, je t'ai rencontré, j'ai eu un véritable coup de foudre pour toi ma Lehla. Est-ce que tu me fais confiance? Parce que si ce n'est pas le cas, je veux que tu t'en ailles. Autour de nous, beaucoup de personnes essayeront de nous séparer. Les gens sont jaloux, c'est comme ça. Et si tu es prête à gober tout ce qu'ils te diront, alors mieux vaut s'arrêter là. »  
            En voyant la tête qu'elle faisait, il comprit que son entreprise avait été menée à bien.  
« Non, bien sur que je te fais confiance! Moi aussi je t'aime! » Lança-t-elle, apparemment effrayée par l'idée qu'il s'en aille.  
            Il sourit.   
« Qu'est-ce que cette vipère t'as dit d'autre?  
_ Rien, elle a juste insinué que tu avais de mauvaises intentions envers moi.  
_ Comment avoir de mauvaises intentions envers une personne qu'on aime? »  
            Il se leva et l'attrapa par le bras.   
« Viens, allons dans un coin plus tranquille ma Lehla. »  
            Il avait bien l'intention de mener l'impudence à son comble. Cette fille était d'une naïveté sans nom, il lui suffisait d'ouvrir la bouche et quoiqu'il dise, elle buvait ses paroles. Ce fut sans résistance de sa part qu'ils se retrouvèrent dans un endroit reculé, à l'abri des curieux. Il la plaqua doucement contre un mur, se pencha pour l'embrasser. Et à sa grande surprise, elle eut un mouvement de recul.  
« Qu'est ce qu'il y a? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils.  
             Elle baissa les yeux, gênée.  
« Ce sera mon premier baiser, » bredouilla-t-elle, l'air farouche.  
             Alors comme ça il était le premier garçon qu'elle fréquentait. Le défi serait plus difficile à relever, mais il n'en était que plus alléchant.  
« Mon amour, susurra-t-il, n'aie crainte, tu ne regretteras pas ce baiser... Laisse moi t'embrasser... »  
            Il plongea son regard dans le sien, peu de femmes auraient pu résister. Devant sa raideur il ajouta :  
« Et puis quoi de plus beau qu'un baiser d'amour? »  
            Sur-ce, spontanément, elle s'approcha de lui avec gaucherie et posa ses lèvres sur les siennes. Elle finit par le mordre sans le vouloir. Il la repoussa en grimaçant. Aucune sensualité. Il esquissa un petit sourire forcé pour la rassurer, puis pris son visage entre ses mains et déposa sur ses lèvres un doux baiser langoureux dont il avait le secret. Quand il eut finit, elle était haletante, légèrement perturbée, sous le coup de l'émotion. Elle le regarda avec un drôle d'air. Puis elle l'embrassa à son tour, manifestement enchantée par la découverte des sensations procurées par le baiser. Finalement ce serait sans doute plus facile qu'il ne l'aurait imaginé. Il laissa parcourir ses mains insolentes sur son corps, elle le repoussait parfois avec pudeur, d'autres fois elle était trop perdue dans leurs baisers pour y prêter la moindre attention.  
« Tu m'aimes? Finit-elle par lui demander au bout d'une demi heure.  
_ Bien sur que je t'aime Lehla, » répondit-il machinalement en souriant.  
              A vingt heures trente, elle finit par lui dire qu'elle devait prendre congé. Elle s'en alla toute décoiffée, l'air rêveur, un sourire béat sur les lèvres.  
Zak ne sut se contenter de l'avant-goût procuré par ce flirt. Il jeta un œil au papier plié en quatre dans sa poche. Direction l'hôtel Ibis.  

 
 
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MessagePosté le: Ven 5 Mar 2010 - 20:47    Sujet du message: Publicité

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Humphrey
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MessagePosté le: Dim 7 Mar 2010 - 18:13    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11) Répondre en citant

Je viens de lire les chapitres 10,  11 et 12 et mon avis tient en un mot : SUPER !

J'adore, vraiment ! Ce roman me passionne, il fourmille d'informations culturelles savoureuses pour le lecteur non-marocain que je suis, et il est crédible à tous les niveaux (j'espère qu'il va le rester et que Zak ne va pas devenir une caricature du dragueur!)

Le style s'améliore de chapitre en chapitre, aucune phrase ne m'a heurté. Il y a juste 2 ou 3 problèmes de vocabulaire et, bien sûr, les inévitables fautes d'orthographe mais rien de catastrophique.

Je commence à penser que ce roman mériterait d'être publié (à condition toutefois de réécrire les quelques passages plus faibles stylistiquement dans les premiers chapitres.)

Pour info, voici quelques corrections à apporter (relevé non exhaustif):
chap. 10 
Ainsi, Salim, Aziz, Rachid, lui et Sofiane s'étaient réunis le soir- même
Sur le chemin, il songea brièvement à cette fille qu'il avait vue musique jusqu'à elle.  
Le cortège attira la foule (à vérifier, mais je ne connais pas l'expression "attirer foules")
Tandis que des jeunes hommes portaient l'étendue (??? choix de mot douteux)  des cadeaux de l'époux
Zak tapait de plus belles sur sa derbouka,
Elle avait sûrement fait les cent pas en attendant la venue du cortège.
Celle-ci esquissa un sourire timide qui émut toutes les invitées
Comme si la perfection ne se rattachait (choix de mot douteux) qu'à cette petite membrane recouvrant l'orifice vaginal,
 
Chap .11
Elle lui avait sûrement tapé dans l'œil.
 « Maman, qu'est-ce que tu penses du mari d'Isma?
Et qu'est-ce que t'as pensé d'Assia?   
Une demi-heure plus tard,
Elle observa alentour (ou : les alentours)
Je t'ai remarquée depuis que je t'ai vu la première fois,
Lehla vacilla, avec le sentiment désagréable et poignant de ne plus tenir sur ses jambes flageolantes.
C'est mon numéro. Appelle-moi, Lehla.   
Permets-moi de te dire que ça ne fonctionnera pas!
 
Chap. 12
On raconte que le Roi lui avait promis sa liberté s'il parvenait à bâtir une prison de quarante mille captifs», expliqua Zak.  
Les femmes les snobaient, feignant de les trouver stupides
Certaines riaient bêtement, se faisaient désirer, jouaient à « suis-moi je te fuis, et fuis-moi je te suis ».
Tu veux qu'on rentre au Mcdo ou qu'on aille ailleurs?
Alors qu'est-ce qu'elle t'a dit?  
Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale.
Zak se souviendrait toujours de son regard perfide
Non, bien sûr que je te fais confiance!
Qu'est-ce que cette vipère t'a dit d'autre?  
Sur ce, spontanément, …
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yasmina
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MessagePosté le: Lun 8 Mar 2010 - 00:36    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11) Répondre en citant

Alors là!! Humphrey qui me dit "super" et qui me parle de passion... Je sais plus quoi dire, je suis vraiment trop heureuse!! Et ca m'encourage vivement à continuer dans cette voie!

Merci pour ces remarques sur les fautes, je vais revoir tout ça! Et merci beaucoup d'avoir pris le temps de me lire! Smile
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MessagePosté le: Sam 3 Avr 2010 - 02:28    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11) Répondre en citant

Les scènes érotiques deviennent un peu plus fréquentes . Simple constatation. Cela fait sans doute partie du réalisme du récit tel que tu l'as choisi dès le début.

Ce chapitre est également plaisant à lire et le réalisme, justement, des sentiments des deux protagoniste est très bien rendu et senti.

Je voudrais faire remarquer que l'aspect historique dans le texte (prison Kara) devrait être plus documenté. C'est essentiel la recherche historique  tant pour les monuments que pour les us, coutumes, l'époque que l'on retrace dans son roman, l'ambiance socio-économique en général dans le passé.

Ainsi pour Kara, des sources indiquent qu'il s'agit d'une prison des "chrétiens" capturés par Moulay smail en mer et dont il ronçonnait les pays d'origine ( voir Wikipédia) (il reçevait les émissaires dans un pavillon situé juste au dessus de la prison).  Avec cet argent, dit-on, il construisit les monuments. Il voulait faire comme Louis  XIV , son contemporain, qui construisit le chateau de Versailles (petit palais sous Louis XIII). C'est pourquoi on appelle Meknes le Versailles marocain . N'oublions pas qu'il guerroyait contre les envahisseurs européens installés dans les villes côtières (Tanger, Larache , Azilah...) et qu'il parvint à chasser.
De toute façon, la comparaison de son règne avec l'actualité n'a rien à voir. Il est mort en 1727 c'est-à dire bien avant la révolution française de 1789  ! La démocratie en France n'a débuté qu'avec la révolution de 1848 ! (début du suffrage universel) c'est à dire bien après le règne de ce Sultan sous lequel le Maroc était à son apogée.
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yasmina
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MessagePosté le: Sam 3 Avr 2010 - 18:02    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11) Répondre en citant

Oui les scènes érotiques sont plus fréquentes, et ce n'est pas fini, mais je ne vois pas comment faire autrement. En fait je pense que l'érotisme est important du côté de Zak, ça fait partie de sa personnalité, je pense qu'il faut en parler. D'ailleurs ce sera plus important encore dans le prochain chapitre. Cela dit j'essaye d'éviter de rentrer trop dans le détail.

Concernant l'histoire de la prison et la documentation vous avez entièrement raison ! L'ennui c'est que j'avais fait des recherches et je n'avais rien trouvé ! Donc merci pour ces informations. Je pense que je les ajouterai quand je corrigerai mon chapitre.
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Abdel
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MessagePosté le: Sam 3 Avr 2010 - 18:55    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11) Répondre en citant

Je me concentre uniquement sur ton roman, je ne pense à rien d'autres. La plume féminine sait mieux broder et doser les motifs pour avoir le meilleur effet escompté.

Je sais que pour toi tout coule de source, tout se tient. Ce ne sera pas une facilité d'écriture mais un passage initiatique des personnages sans lequel bien des attitudes ne seraient pas justifiées par la suite et bien des côtés sombres des profils psychologiques ne seraient pas sous les lumières.

Dans ce domaine là, difficile de te conseiller la qualité au lieu de la quantité. Entre les deux, le choix est vite fait !
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:37    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 11)

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