http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: Zak et Lehla (suite 17)
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Zak et Lehla (suite 17)

 
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yasmina
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MessagePosté le: Dim 28 Nov 2010 - 20:53    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 17) Répondre en citant

Rappel :

Lehla est une jeune fille qui se cherche. Au départ, elle est renfermée sur elle-même, victime des à priori, et rêvasse au jour où son prince viendra. Elle décide de donner un coup de pouce au destin. Elle rencontre Zak, s'éprend de lui malgré ce qu'on peut dire à son sujet. Elle fait aussi la connaissance de Louisa et sa bande de copines, celles qui étaient réputées être malfamées, et s'aperçoit qu'il y a des coeurs sous tous ces artifices.

De son côté, Zak nourrit encore son rêve de s'en aller vers l'Europe. On apprend qu'il a été "adopté" dans son enfance, puis à la mort de sa mère adoptive, abandonné, livré à lui-même avec pour seule possession une toute petite chambre. On apprend également qu'il a fait de la prison, et que ce fut pour lui une expérience traumatisante qui n'a fait qu'accentuer son désir de quitter le pays.

J'avais arrêté le roman quelques temps après que Lehla ait passé la nuit avec Zak. Il ne lui avait plus donné de nouvelles depuis.
Au bout du compte, Lehla s'était apercu qu'il n'avait rien à voir avec ce qu'elle pensait. Elle revait à l'amour, quand, nombrilique, le garçon ne faisait que profiter de sa faiblesse. Pendant ce temps, celui-ci ne songe qu'à son voyage : il va enfin réaliser son rêve et s'en aller vers d'autres horizons...
   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   
20   

   

   
« On peut vivre sans frère mais non pas sans ami. »   

   

   

   
             Zak vérifia une énième fois le contenu de son sac. C'était certain, il avait tout. Il le boucla, et jeta un œil à cette petite pièce toute vide. Il avait vendu tout ce qu'il possédait en quelques semaines. Un lit, une armoire, une table, une chaise, quelques affaires. Il n'avait plus rien désormais qui le rattachait à ce pays. On toqua à la porte, il attendait de la visite. Il ouvrit, et Fayrouz se jeta à son cou.   
« Attention, on pourrait te voir, plaisanta-t-il.   
_ Au diable ce qu'ils disent! Répondit-elle.   
_ Tu es bientôt mariée, ce serait dommage de compromettre tous tes rêves maintenant, murmura-t-il.   
_ Et toi tu vas bientôt réaliser le tien, » répondit-elle en souriant.   
               Il acquiesça.   
« Je l'espère. Félicitation pour tes fiançailles. C'est quand? Tu vois, on voit chacun le bout du tunnel en même temps.   
_ C'est vrai. C'est demain. On se retrouvera peut être en Europe bientôt alors.   
_ Tu seras où toi?   
_ En Belgique.   
_ On sera voisins alors, rétorqua-t-il dans un sourire.   
_ Prends soin de toi Zak! »   
               Elle l'embrassa sur la joue.   
« Toi aussi Fayrouz. Tu mérites tout ce bonheur. Fais attention à toi! »   
                Et elle s'en alla.   
Zak claqua la porte derrière lui en s'en allant, et jeta ses clés dans la boîte aux lettres des Bennami. Puis il se retira de cette rue sans plus aucune nostalgie.   
Lui et Marouane devaient se rejoindre à la Gare CTM, la gare routière. Zak entra dans un taxi, et celui-ci démarra en trombe.   
« CTM! » Lança-t-il.   
                Le chauffeur ne répondit pas, absorbé par la musique que diffusait la radio 2M.   
La veille, avec ses amis, ils s'étaient faits une dernière petite soirée au Dawliz en guise d'au revoir. Alcool et cannabis avaient été de la partie, la nuit de Zak avait été courte.    
Il arriva très vite à la gare. Marouane l'attendait déjà juste devant, un sac rouge sur le dos. Le jeune homme paya le chauffeur et s'extirpa du taxi.   
« Salam, tu vas bien? Demanda-t-il à son ami.   
_ Ça va et toi? »   
               Zak acquiesça.   
« Mieux que jamais! » Répondit-il.   
               Les deux jeunes hommes allèrent prendre les billets au guichet.   
Le car démarra une heure plus tard. Il avait du retard. Il leur faudrait environ six heures avant d'arriver à Tanger. Heureusement il y avait la climatisation. Au fond, des jeunes hommes chahutaient, visiblement surexcités par ce voyage. Devant Marouane et Zak, trois jeunes filles discutaient dans le plus grand sérieux.   
« Pour les cheveux secs je te conseille de l'huile d'argan que tu laisses reposer toute la journée! Après t'auras les cheveux parfaitement brillants!   
_ Oui mais le problème c'est que mes racines sont grasses!   
_ Alors tu mets de l'huile d'argan sur les pointes, et de l'argile sur les racines. Regarde les cheveux à moi, ils sont bien souples. »   
                La jeune fille agita sa chevelure. Le jeune homme soupira, il n'avait même pas de baladeur MP3. Ce trajet promettait d'être des plus barbants. Marouane s'était avachi sur le siège, et dormait déjà à moitié. Zak scrutait l'autoroute déserte. Des champs à perte de vue. De temps en temps, un homme passait à dos d'âne, des paniers d'osier pleins à craquer de légumes. Ou alors on pouvait trouver des étalages de melons ou de pastèques sur le bord de la route, ainsi que des poteries de toutes les couleurs. En France il ne verrait surement plus jamais ça. Et s'il n'arrivait pas à partir? S'il se faisait arrêter? Zak grimaça. Il n'était pas question que cela arrive. Il n'abandonnerait pas. Il tenterait indéfiniment, jusqu'à ce que ça fonctionne. Les garçons derrière eux au fond du bus discutaient à très haute voix, sans même se soucier du fait qu'on puisse les écouter. Justement ils parlaient d'Europe.   
« Une fois à Tanger, on se sépare, et on tente! Celui qui réussit nous enverra tous une carte postale! Lança l'un d'eux en riant.   
_ Tu crois que la seule difficulté c'est d'arriver là-bas? Répondit une voix rauque. C'est limite de la tarte à côté de ce qui t'attend là-bas.   
_ Tu rigoles? Y a plein d'aides quand t'arrives en Europe. Le plus dur c'est de quitter cette prison!   
_ Plein d'aides? Et quoi d'autre? Tu t'imagines que là-bas il pleut de l'argent peut-être? Que tu vas mettre les pieds sur le sol européen et qu'un comité d'accueil va te tendre les clés d'une voiture et d'une maison, avec un contrat de travail et de quoi vivre pour un mois? Et puis quoi encore? Moi mon oncle a galéré quand il est arrivé là-bas! Et les frontières étaient ouvertes à cette époque là! Il est parti sans un sous. Il a dormi plusieurs nuits dans la rue! Y a pas d'hospitalité là-bas. Pour eux un sans papier ça ne vaut rien d'autre que de la merde, c'est de la racaille dont il faut se débarrasser! Tu crois qu'il y a du travail en abondance? Regarde tous ces français qui souffrent du chômage!   
_ Ces gens là sont au chômage parce qu'ils ne veulent pas travailler, ils refusent d'avoir des tâches ingrates, c'est tout! Moi je ne ferai surement pas la fine bouche. Je serai tellement heureux d'être là-bas, ils pourront bien me demander n'importe quoi! Rétorqua-t-il en riant.   
_ C'est ce que tu dis maintenant! Mais tu verras, ils vont te traiter comme un moins que rien. Pour eux t'es un sale connard qui vient voler le travail des français. Regarde nos frères, beaucoup ont la nationalité française, et ils sont toujours traités comme des étrangers! Nos papiers, c'est notre gueule, notre peau mate et nos cheveux frisés, rien d'autre.   
_ Parle pour toi mon pote, s'esclaffa un garçon au teint pâle et aux longs cheveux raides châtain clair.   
_ Tu peux même te teindre en blond que tu seras toujours de la même espèce pour eux! » Grommela le jeune homme à la voix rauque.   
               Apparemment son entourage s'était habitué à son pessimisme puisque personne ne semblait le prendre au sérieux. Ou tout simplement étaient-ils trop surexcités par l'idée de se retrouver de l'autre côté de la frontière pour vouloir songer dès maintenant aux inconvénients! Mais l'homme à la voix rauque avait décidé que ses mises en garde ne s'arrêteraient pas là.   
« Vous croyez que vous allez en trouver facilement du travail? Y a qu'au noir que vous pourrez travailler, pour gagner un salaire de misère! Et je sais ce que vous pensez! Que quelque soit le salaire pourri que vous allez toucher, ce ne sera jamais comparable à ce que vous pourriez gagner ici. Sauf que vous oubliez un détail! La vie est chère en France, vraiment très chère! Si vous espérez trouver un loyer à cent euros vous délirez complètement!   
_ Bon t'arrêtes de nous faire chier et de nous prendre pour des imbéciles surtout! S'exclama un sahraoui excédé. Tu crois qu'on est trop cons pour penser à ce genre de choses? Le fait est qu'on ne va pas tout de suite penser à la merde de la France puisqu'on est toujours dans la merde du Maroc! T'oublies la galère que c'est de quitter ce pays!   
_ C'est pas aussi difficile de quitter ce pays, répondit la voix rauque.   
_ Ah oui? Tu peux m'expliquer alors pourquoi mon cousin est mort noyé sur la côte ouest, à essayer de gagner l'Espagne en barque?   
_ Il a été stupide, c'est débile de s'imaginer qu'en partant d'Agadir on arrivera sain et sauf jusqu'en Europe!   
_ Y a des milliers de personnes qui font ça chaque année espèce de connard! Tu veux que je te casse la gueule? Tu dis de mon défunt cousin, Allah arahmou, qu'il est stupide?   
_ Comme on dit, vaut mieux mourir mangé par le requin que par le marocain!   
_ Ferme un peu ta gueule tu veux? Lança le garçon aux cheveux longs, à bouts de nerfs. Mes parents m'ont donné la moitié de leurs économies pour ce voyage putain de merde! Tu réalises pas tout l'espoir qu'ils ont placé sur ma gueule? Je dois réussir, il faut que je les aide à s'en sortir! Quand je vois ma sœur malade et qui n'a pas de quoi payer ses frais médicaux... Ça me déchire d'être aussi impuissant! Elle a le cancer putain! Elle a aucun moyen de s'en sortir ici! Si elle se fait opérer par un marocain il va la charcuter! Faut que je les sorte de cette misère! Ils croient en moi, j'ai pas le choix! Alors boucle-la! Ça sert à rien de nous faire chier avec ce qui nous attend! Hamid nous a appelé y a deux mois, il nous a dit que tout allait bien, qu'il bossait et qu'il avait un appartement.   
_ Hamid raconte de la merde. Je te parie qu'en arrivant là-bas on va le trouver à moitié mort à dormir dans la rue!   
_ Ah oui? Et pourquoi tu viens toi alors si ce n'est pour faire chier tout le monde? »   
                Le garçon à la voix rauque ne dit plus un mot.   
« Il a raison, ajouta un autre qui n'avait pas placé un mot depuis le début de la conversation. Ça ne sert à rien de penser à ce qui nous attend là-bas. On n'y est pas encore. Vous savez, j'ai entendu dire que sur la terre espagnole, sur la côte, y a un cimetière qui recueille tous les cadavres des étrangers sans identité qui sont morts dans la traversée. Ils étaient à deux doigts de réussir, mais ils sont arrivés là-bas morts. J'aimerais pas que ça m'arrive. On n'a même pas nos papiers sur nous. Qui est-ce qui ira dire à ma mère que je suis mort?   
_ On y arrivera! Répondit le garçon aux cheveux longs. On ne va pas mourir inchallah. »   
Un silence de plomb se répandit au fond. Plus personne n'échangea mot.   
                 Zak n'avait pas remarqué que Marouane s'était redressé sur son siège depuis un moment.   
« Tu diras à ma famille si je meurs? Demanda-t-il à Zak, le regard perdu dans le vague.   
_ Personne ne va mourir!    
_ Toi tu t'en moques, t'as pas de famille, personne t'attend à Meknès.   
_ Commence pas à partir comme ça! Ça fait des années qu'on attend ça, souviens-toi! »   
                  Zak se revoyait enfant, à neuf ans, à dix ans, à treize ans, s'amusant avec Marouane dans les rues de Ain Sloughi, courant après les voitures, jouant au football dans l'allée avec une vieille boite de conserve, essayant d'attraper des chats de gouttière terrassés par la faim... Ils regardaient avec envie la voiture bleue de l'oncle de Marouane, cette plaque d'immatriculation avec l'hexagone collé dessus. Ils étaient allés le décoller de sa place pour s'amuser avec. Zak l'avait collé sur son tee-shirt, puis Marouane lui avait arraché l'étiquette pour la poser sur son épaule, bombant le torse, pensant avoir fière allure. Quelle scène ridicule! Et ces deux lettres « FR » qui lui avaient donné tellement envie. L'envie de quitter ce monde pour en découvrir un meilleur. Qu'espérait-il au juste?   
« Viens on se cache dans le coffre? Avait proposé Marouane avec enthousiasme. Je vais demander à mon oncle, je suis sur qu'il voudra bien!   
_ Et comment on va respirer là-dedans? Avait répondu Zak, plus raisonnable à l'époque.   
_ On s'en fou, on respire pas, même si on arrive mort c'est pas grave! Au moins on sera morts en France! S'était esclaffé le garçon.   
_ Oui, ou alors on pourrait se cacher dans le réservoir à essence? Avait alors pouffé son ami, amusé.   
_ Oui, on s'entortillerait pour rentrer dedans!   
_ Avec ton corps tout maigre, t'aurais aucun mal! Avait-il répondu en riant.   
_ Toi non plus! Tu te vois pas! Ou alors, j'ai mieux! On pourrait se cacher dans la montre de mon oncle! Là-bas, personne ne viendrait nous chercher c'est sûr! »   
               Ils avaient tellement ri ce jour là. Ils avaient souvent plaisanté de ce sujet. Zak ne l'avait jamais pris au sérieux. A l'époque, il avait des parents, une famille qui l'aimait, et aucune réelle raison de s'en aller. Il avait cru en l'avenir, il avait vu une réussite à l'horizon. Puis tout s'était effondré, et plus rien.    
Le garçon jeta un regard à son ami, qui avait été si réticent à le suivre finalement. Lui qui avait sa famille qui ne cesserait jamais de penser à lui, et qui l'attendrait à Sidi Amar.   
« Tu regrettes d'être venu? » Lui demanda-t-il.   
               Marouane parut interloqué. Mais il répondit :    
« Bien sûr que non, c'est notre rêve, on l'a toujours voulu. »   
              Zak acquiesça, rassuré. Il se demanda un instant s'il serait allé au bout de l'aventure sans Marouane. Il ne l'avait jamais imaginée sans lui. Ils étaient deux âmes en peine voguant vers leur destin.   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   

   


Dernière édition par yasmina le Jeu 2 Déc 2010 - 22:30; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim 28 Nov 2010 - 20:53    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 30 Nov 2010 - 17:09    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 17) Répondre en citant

Le chapitre 19 avait déjà été posté. A-t-il changé ? 

Par contre un petit résumé n'aurait pas fait de tort...
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yasmina
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MessagePosté le: Jeu 2 Déc 2010 - 22:23    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 17) Répondre en citant

Oups! J'ai du me tromper en copiant le chapitre! :-S
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yasmina
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Inscrit le: 06 Juil 2008
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Balance (23sep-22oct)

MessagePosté le: Jeu 2 Déc 2010 - 22:30    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 17) Répondre en citant

J'ai résumé ce qu'il s'est passé précédemment Smile
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:32    Sujet du message: Zak et Lehla (suite 17)

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