http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: l'appeau
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l'appeau

 
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eysseric
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Taureau (20avr-20mai)

MessagePosté le: Ven 3 Déc 2010 - 20:26    Sujet du message: l'appeau Répondre en citant

Ce matin, comme chaque matin depuis un mois maintenant, il s’est assis sur le fauteuil zébré orange et blanc situé le plus en retrait de ce coin de plage privée, encore peu fréquentée à cette heure-là. Un couple âgé, pesamment allongé sur des chaises longues, échange quelques répliques fatiguées. Un jeune homme musculeux s’active à une longue série de pompes bruyante et démonstrative. Quelques baigneurs besogneux alignent des brasses académiques. Le ciel céruléen s’étire à l’infini dans l’attente incertaine d’une griffure d’avion. La mer huileuse s’irise de reflets ardoise, émeraude, violine, outremer.
Une sorte d’avidité se devine sur son visage ou peut-être est-ce une impatience un peu colère, il est difficile de lire sur ces traits à la perfection glacée. La contracture soudaine d’un sourcil charbonneux laisse entrevoir un monde de passions. Par instants, d’une main racée aux longs doigts déliés, il repousse l’indocile mèche brune qui s’obstine à retomber sur l’œil ténébreux dont le regard, précis comme un scalpel, découpe les alentours en autant de planches d’observations. Sa main a sorti de la poche de son short un petit carnet souple qui semble agréable au toucher, d’une couleur chaude hésitant entre l’ocre pâle et le rose saumoné. Il le caresse amoureusement sans le regarder ; son index s’enfonce au centre du carnet qui semble troué de part en part; sa bouche sensuelle grimace un rictus. Et puis, à nouveau, son regard balaie les environs, d’un côté, de l’autre.
Personne ne fait attention à lui. Les serveurs s’affairent à préparer la terrasse qui donne sur la plage ; les plagistes alignent les chaises longues et installent à portée de main les tables basses en teck qu’ils équipent d’un cendrier en métal brossé. Des mouettes piquent sur une espérance de déchet qu’il n’y a pas encore, la nettoyeuse étant passée ratisser le sable, et s’envolent en criaillant leur frustration grinçante. L’air était léger pour un moment encore, se posant comme une caresse, offrande de tous les possibles. Peu à peu, le sable s’étoffe de serviettes bigarrées. Des seaux, des pelles, des râteaux étoilent le rivage, modèles réduits de l’activité industrieuse et mimétique des enfants qui hurlent, s’arrosent, pleurent leur jeune vie exubérante. Des jeunes gens agglutinés en grappes mono-sexuées vont et viennent, languissant paseo de repérage des soirées à venir.
Il attend. De temps à autre, un spasme agite son pied. Il poursuit sa surveillance, le carnet posé sur les genoux. Maintenant il l’ouvre et tourne les feuilles avec une grande précaution. Ses doigts en effleurent la surface veloutée. C’est un curieux carnet. Rien n’est écrit et cependant il semble lire à chaque feuillet une histoire différente et extraordinaire. D’une expression fugitive, son visage exprime tour à tour le contenu du récit qu’il s’offre : joie, jouissance, violence, colère, frustration, rien de tiède au demeurant. Ce recueil d’une vingtaine de pages d’une finesse extraordinaire est très mince. Cependant, la reliure épaisse se constitue de telle sorte qu’il est possible d’en ajouter encore bon nombre. A moins qu’elles n’aient été arrachées, mais le soin qu’il apporte à le consulter chasse cette hypothèse. De plus, l’ensemble de ces feuillets présente la particularité d’une gamme chromatique parfaite allant du bistre au ventre de biche pour le dernier, et tous comportent au centre cet orifice qui toujours le retient.
Des odeurs de friture chaude, d’ambre solaire, de sucreries graisseuses se mêlent dans la chaleur estivale, épais relents nauséeux qui nuagent. Sa bouche esquisse une moue dégoûtée. Le brouhaha est incessant : enfants hurlants, parents hurlants, clients gueulant leur commande, bateaux grondants, scooters pétaradants. Ses yeux se plissent d’exaspération.
Soudain, il frémit. Ses narines se dilatent. Il respire à petites saccades. Il se redresse, remet le carnet dans sa poche tout en tournant la tête dans la direction qui lui apporte ces effluves. Il ne sait pas encore quelle en est la nature exacte, mais il en devine la qualité. Sa patience avait toujours été récompensée, et il sait être si patient. L’excitation monte en lui et lui tire la lèvre supérieure au-dessus d’une canine d’une blancheur aigue. Il se lève en souplesse, fait quelques pas. L’odeur, discrète cependant, lui tapisse les narines et fait éclore des visions de fjords, d’eau glacée, de neige épaisse et immaculée, de volcans sous-marins prêts à émerger. Son instinct lui souffle qu’il sera comblé.
Elle approche à pas songeurs, perdue dans un rêve qui l’isole du flot des vacanciers. Ses longs cheveux platine ruissellent sur des épaules rondes. Sa carnation d’une blancheur éblouissante vulgarise les peaux bronzées qui fourmillent. Sa robe légère effleure languissamment des jambes parfaites. Précieux Tanagra, elle marche avec une élégance aérienne, indifférente aux nombreux regards concupiscents qui visquent le long de son corps.
Il s’avance vers elle. Le Professeur Legrand sait très exactement comment il faut l’aborder. Il sait aussi que sa voix de baryton vibrato ma non troppo fait merveille.
- Hi, Merryl, how are you ?
- ...
- Hey Merryl, are you listening darling?
- Monsieur, vous devez faire erreur. Je m’appelle Sonia. Excusez-moi, je ne vous connais pas.
- Oh Sonia, pardonnez-moi, je suis victime d’une ressemblance troublante et je suis vraiment confus de mon erreur. Je me présente, Marc Legrand.
- Eh bien M. Legrand, le mal n’est pas méchant et le voici réparé. Veuillez m’excuser maintenant. Voyez-vous, je me suis levée tôt pour faire un peu de tourisme, et j’ai besoin de me restaurer et me reposer un peu. Qui sait, peut-être nous croiserons nous à nouveau, on dit que le monde est petit… Au revoir, M. Legrand, bonne journée à vous.
- Permettez-moi d’insister et ne partez pas si vite, je vous en prie. J’ai faim aussi. Ce bistrot ne paie pas de mine, ce n’est pas une usine à touristes, mais leurs fruits de mer sont exquis et d’une fraîcheur irréprochable. Pierre, le propriétaire, est un ami de longue date, il connaît une foule d’anecdotes sur cette station balnéaire et il est très drôle. Et ce qui ne gâche rien, ils ont un petit Picpoul qui ravit le palais. Voulez-vous me faire l’honneur et le plaisir de déjeuner avec moi ? A moins que vous ne soyez attendue, auquel cas, je comprendrais que vous refusiez mais j’en serais désolé.
- Non, personne ne m’attend.
- Alors acceptez-vous ma proposition ? Je vous assure, vous ne le regretterez pas. Dites moi « oui » !
Sonia, indécise un instant, lève le menton crânement.
- Vous me tentez, et votre proposition me met l’eau à la bouche.
- Alors n’hésitons pas davantage. Venez, installons-nous. Et appelez-moi Marc, tout simplement, voulez-vous ?
- Entendu, Marc, et vous savez déjà que je suis Sonia.
- Votre prénom vous sied à ravir, Sonia.
Confortablement assis, ils discutent gaiement de banalités, puis de leurs goûts respectifs, de leur activité professionnelle, elle, interprète à Bruxelles, lui, obstétricien à Lyon, les heures de travail intense, les rares vacances, ce petit coin du Sud qu’ils aiment tous les deux. Les fruits de mer sont délicieux. Pierre avait un rendez-vous d’affaires, a dit la serveuse à Marc. Son absence ne leur pèse pas, leur conversation sautille avec allégresse d’un sujet à l’autre. Le dessert leur trouve des points de ressemblance, le café des affinités. L’après-midi languissait en vagues chaudes. Sonia apprécie son compagnon qui se révèle d’agréable compagnie, cultivé et drôle, d’une gentillesse surannée quelque peu démentie par le regard de braise qu’il ne songe pas à lui dissimuler. Elle en était infiniment troublée. Aussi, lorsqu’il lui a proposé de prendre un rafraîchissement chez lui, tout naturellement elle a acquiescé. Ils sont partis d’un même pas ; il avait posé légèrement sa main sur son épaule, et ce contact l’électrisait et la rassurait à la fois.
Elle ne se souvenait pas d’avoir passé la porte du loft luxueux. Elle ne se souvenait pas de s’être déshabillée. Elle se souvenait de ce poids d’homme sur elle, de leur faim dévorante. Elle se souvenait des paroles qu’il a prononcées à la montée du plaisir, les yeux fous, une main autour de son cou qu’il serrait d’une poigne de fer : « toi aussi, j’aurai ta peau ». Elle se souvenait de la panique qui l’avait submergée et de ce froid qui l’avait saisie. Elle avait voulu crier, il l’en avait empêchée. Elle s’était débattue, avait agrippé un objet lourd et minéral que sa main aveugle cherchait désespérément. Elle l’en avait frappé de toutes ses forces. Il gisait maintenant sur le lit, un filet de sang coulait de son oreille et ses yeux vitreux la menaçaient encore.
Elle s’est levée, chancelante, cherchant un souffle qui tarde à revenir. Le sang martèle ses tempes. Elle a bu à grandes goulées au robinet de la salle de bains, s’est massé la nuque sous l’eau fraîche de ses deux mains tremblantes. Elle est revenue dans la pièce, s’est rhabillée mécaniquement. Elle n’ose plus le regarder mais elle a compris qu’elle n’a plus rien à craindre de lui. Une statuette d’obsidienne était tombée, brisée, maculée de sang et de cheveux. Ses yeux photographient la pièce comme pour en imprimer le décor derrière sa rétine. Elle a repéré un carnet posé sur une commode ancienne. Elle l’ouvre avec appréhension. Le contact en est étrange. Des frissons montent le long de son dos. Elle est fascinée. Rien d’écrit et pourtant chaque feuillet semble hurler. A la dernière page, un mince bout de papier dépasse d’une fente aménagée dans la couverture. Elle l’extrait de son logement, les doigts tremblants. Une écriture violente le perce à certains jambages appuyés. Elle a peur. Ses mains tremblent plus fort encore. Elle lit cependant.
« A toi mon double perdu retrouvé
Un soir où elle avait bu plus que de raison, nous nous sommes disputés, je ne la supportais plus, elle me faisait tant honte et je la détestais. Elle m’a raconté. Elle avait vingt ans, s’était fait engrosser sans même le savoir. Nous étions deux. Je suis né le premier. Toi elle ne t’a pas voulu. Alors elle t’a déposé dans la poubelle. Elle m’a dit qu’on t’avait trouvé vidé de ton sang par le cordon qu’elle n’avait pas noué. Elle m’a dit qu’elle buvait pour oublier Jérôme, car elle t’aurait appelé Jérôme. Ce soir-là, je l’ai tuée, c’est si facile. J’ai compris enfin ce manque qui me dévorait depuis toujours et qu’il fallait que je comble. Je le comble, Jérôme, grâce à toi. Je le comble avec toutes les femmes que tu me fais rencontrer, toutes ces garces bonnes à écarter les cuisses sans comprendre ce qu’elles font. On s’amuse bien tous les deux les soirs « poubelles ».
A toi, mon frère bien-aimé, ce carnet : comme tu me le demandais, j’ai prélevé sur chacune le même morceau de peau, celui marqué du noeud de la vie qu’elle t’a volée et que je te rends. J’en fais une œuvre d’art et toutes les « pages » en sont un hymne à l’amour. Il est notre gloire à tous les deux.
Marc »
Comme brûlée, elle a laissé échapper le feuillet qui a couvert le carnet déjà tombé à ses pieds. Bouche ouverte, tétanisée, elle sent un cri monter en elle, sauvage, primitif, le cri de toutes les terreurs, de toutes les horreurs. Elle s’est mise à hurler, un hurlement aigu à faire tomber les murs, à l’emporter dans ce monde qu’elle croyait connaître mais qu’il faudrait apprivoiser. Peu à peu elle s’est calmée et a commencé à pleurer, des flots de larmes intarissables. Le miroir de l’entrée lui a renvoyé son image déformée. Une marque autour de son cou gracile violaçait vilainement qu’elle a essayé de cacher de ses cheveux mouillés par paquets. Le téléphone était là, posé sur son socle, à portée de sa main.
- Allo, police ? Je viens de tuer un homme.
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MessagePosté le: Ven 3 Déc 2010 - 20:26    Sujet du message: Publicité

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René Berthiaume
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Messages: 84

MessagePosté le: Dim 5 Déc 2010 - 15:40    Sujet du message: L'APPEAU (commentaire) Répondre en citant

Quelles magistrales descriptions ! L'histoire, qui me semble un brin tirée par les cheveux. nous accroche néanmoins. On ne se savait pas en plein polar, jusqu'à...L
Plus difficile est de cerner les absses humaines.
J'ai cru comprendre que vous étiez nouvellle sur ce site. J'ai grande hâte à lire votre prochaine création littéraire.
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Humphrey
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Messages: 703
Vierge (24aoû-22sep)

MessagePosté le: Dim 5 Déc 2010 - 17:12    Sujet du message: l'appeau Répondre en citant

Je viens de lire ce texte et je me réjouis de constater que je ne m'étais pas trompé : c'est bien un écrivain de talent qui vient de débarquer sur notre site.

L'histoire n'est certes pas d'une orginalité époustouflante - le tueur en série qui exorcise un problème d'enfance, c'est un classique des thriller et autres polars - mais ce qui me plait dans ce récit, c'est qu'il est magistralement construit. Vous maîtrisez parfaitement les règles du genre.

En plus, vous avez du style. Votre vocabulaire riche et précis sert merveilleusement votre talent de narratrice. On aime ou on n'aime pas la légère surabondance des adjectifs - personnellement j'en enlèverais quelques-uns, mais ceci est de l'ordre du goût personnel.

Il y a bien aussi l'un ou l'autre choix de mot moins heureux, tel l'usage du verbe "se constituer" dans la phrase "la reliure épaisse se constitue de telle sorte que..." que je trouve un peu lourde, mais il s'agit de détails par rapport à l'ensemble du texte.

Ma seule véritable réserve (je vous ai prévenu qu'il était rare que je n'en aie pas) concerne l'usage des temps. Le présent me semble convenir parfaitement à cete histoire. Mais voilà qu'au beau milieu du troisième paragraphe, un imparfait assez étonnant fait son apparition : "L'air était léger pour un moment encore..." J'ai du mal à en voir la justification, d'autant que le présent reprend ses droits dès la phrase suivante.

Tout rentre ensuite dans l'ordre jusqu'à la fin du texte, le paragraphe commençant par "Confortablement assis", où vous semblez soudain hésiter entre le présent, l'imparfait, le passé composé. Passer du présent aux temps du passé ou l'inverse est un procédé courant en littérature et cela ne me dérange nullement. Par contre l'hésitation entre deux temps de narration me semble moins heureuse, même si dans le cas présent, cela n'a pas gêné gravement ma lecture.

En résumé, je dirais que vous avez écrit là un très bon texte mais qui est - à mon avis, que je n'oblige personne à partager - encore perfectible.
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eysseric
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Taureau (20avr-20mai)

MessagePosté le: Dim 5 Déc 2010 - 17:52    Sujet du message: l'appeau Répondre en citant

Je suis d'accord, René, c'est complètement tiré par les cheveux; mais si l'on considère que la réalité dépasse la fiction... tant que la perruque ne reste pas dans la main, tout va bien!
Merci pour ta lecture attentive, j'essaierai d'être aussi généreuse et te proposer autre pitance.
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eysseric
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Messages: 215
Taureau (20avr-20mai)

MessagePosté le: Dim 5 Déc 2010 - 18:16    Sujet du message: l'appeau Répondre en citant

Merci Humphrey pour ce retour très circonstancié et dont les critiques pointues qu'il contient montre assez la qualité de la lecture qui précède.
Pour ce qui est des adjectifs : j'ai beaucoup élagué déjà... Etant donné que dans la vie "réelle" je serais un piètre témoin du fait de ma myopie, dans la vie fictionnelle "policière", j'essaie d'être précise, on ne sait jamais...
"La reliure se constitue" : il me semblait intéressant d'opposer une certaine "technicité" de l'objet livre à son contenu...
'L'air était léger pour un moment encore" : cet imparfait est volontairement "lourd" pour interpeler le lecteur sur une légèreté fallacieuse...
Les divers temps de conjugaison traduisent bien en effet une indécision : celle que j'ai eue à entrer dans la peau de ce personnage masculin et davantage encore, à entrer véritablement dans la peau de l'auteur qui écrit des horreurs pareilles !!!
Alors perfectible, sans aucun doute et bien évidemment : 100 fois sur le métier... mais pas tout de suite siouplaît
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:11    Sujet du message: l'appeau

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