http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: RIGOLADES AU PARADIS
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RIGOLADES AU PARADIS

 
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René Berthiaume
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MessagePosté le: Dim 12 Déc 2010 - 13:10    Sujet du message: RIGOLADES AU PARADIS Répondre en citant

RIGOLADES AU PARADIS
ou
DIEU S’AMUSE !

Première partie

Quand Petrov mourut, à la suite d’un stupide accident survenu alors qu’il se trouvait sur la piste d’un cirque, Dieu décida de lui réserver une surprise particulière quand il se présenterait au Paradis. Comment, direz-vous, il faut un certain temps pour y accéder ? Oui, mais cela vous sera expliqué plus tard.
Pour l’instant, revenons à ce pauvre Petrov, qui n’avait que 25 ans au moment où un acrobate qui valdinguait au-dessus de sa tête farineuse s’écrasa littéralement sur lui, conséquence d’une mauvaise manœuvre.
Pour le moment, sa dépouille est exposée dans un salon mortuaire. Après quoi, elle sera incinérée et ses cendres répandues aux quatre vents. Seuls viendront lui rendre visite ses compagnons de travail. Petrov était orphelin.
Comme il était seul, sans aucune ressource, quand il n’était encore qu’un gamin, une congrégation religieuse l’avait pris en charge pour lui procurer gîte, nourriture et éducation.
À l’âge de 16 ans, il s’était rendu à la Foire annuelle de Budapest. La découverte qu’il fit du monde merveilleux du cirque changea sa vie. Un dresseur de chiens savants, qu’il était allé voir pour le féliciter, l’engagea comme assistant pour pourvoir à l’entretien et au transport de ses bêtes. Il avait ainsi l’occasion de voyager dans toute l’Europe, voire même en Amérique. Et celle aussi, peut-être, d’apprendre un métier.
Et c’est ainsi que, pendant cinq ans, il voyagea, d’abord comme assistant du dresseur de chiens. Quand il se trouvait en France, en Angleterre ou en Italie, Petrov en profitait pendant ses après-midi libres pour aller au cinéma, en goûtant particulièrement les comédies que l’on présentait dans des salles.
Et c’est précisément lors de la présentation d’un film qui mettait Louis de Funès en vedette que l’idée se confirma en lui que les clowns ou les acteurs comiques avaient un grand pouvoir : celui de dérider les autres tout en leur faisant oublier leurs tracas quotidiens. S’ils avaient la capacité de faire rire, pourquoi pas lui ?
De retour à Budapest, il s’en alla voir Krougi, un clown retraité, qui accepta de lui enseigner les règles de base du métier : tours de magie, maîtrise du corps, gestuelle, etc, le reste étant une affaire d’imagination.
Petrov s’avéra un élève doué, car il avait toujours gardé en tête les leçons prodiguées malgré eux par les grands maîtres du rire sur le grand écran. Il espérait bien accéder lui aussi, un jour, au rang de ces grandes vedettes, ce qui lui assurerait fortune et gloire.
Jerry Lewis, Buster Keaton, Red Skelton, Laurel et Hardy, du côté américain , Mister Bean et Charlie Chaplin, du côté anglais, et Louis de Funès, Bourvil et Fernandel du côté français étaient devenus au fil des ans ses idoles. Il en fut un autre, nommé Olivier Guimond, qu’il avait découvert lors d’une tournée au Canada dans une prestation magistrale non pas au cinéma (le grand mime qu’il était n’en a jamais fait), mais sur la scène d’un théâtre. Il était, avec Louis de Funès, celui qui l’avait le plus impressionné au plan de l’expression faciale et corporelle.
Quand il entreprit sa carrière comme clown soliste, Pétrov se sentait solidement armé. Il disposait d’un avantage que les autres n’avaient pas eu dans leur pays, à savoir celui d’avoir vu à l’œuvre les plus grands comiques de l’époque et d’avoir ainsi beaucoup appris d’eux.
Quelques mois avant sa mort tragique, il avait mis au point un numéro inédit et époustouflant. Mais, au grand dam de ceux qui l’embauchaient, d’une tournée à l’autre, ses tours de piste ne faisaient rire que les adultes. Les enfants s’y ennuyaient, parce qu’ils ne comprenaient que dalle. Et, pour cette raison, ils devenaient turbulents et dérangeants.
Pétrov avait tissé son numéro de nombreux éléments empruntés à des gags, gestuels et mimiques de ses idoles. Il les avait tous évidemment façonnés à sa manière… mais tant de subtilité échappait à la plus forte portion de l’auditoire : les enfants !
Il eut été fort improbable que sa carrière aurait pu se prolonger ainsi, à moins de l’adapter à un public plus jeune. À moins… à moins encore d’aller tenter sa chance ailleurs, du côté est du continent européen, au Japon aussi peut-être. C’était là la géniale idée qu’il avait eue quelques jours plus tôt, mais ce bête accident ne lui avait pas laissé le temps de la mettre à exécution.

Deuxième partie

Pour le défunt, le temps n’existe pas. Mais pour Dieu, si. N’a-t-il pas mis six jours pour créer le monde ? Trois autres jours à laisser souffrir et mourir son fils Jésus ? La raison en est simple. La terre étant toujours en mouvement, dans sa rotation autour du soleil, lui-même au cœur d’une galaxie en mouvement, elle crée ainsi une durée. Ainsi également, quand un individu meurt, son esprit, qui est son âme, ne retrouvera son point d’origine, le Cosmos, que lorsque l’enveloppe charnelle qui le contenait aura complètement disparu.
C’est ainsi que Pétrov arriva au ciel trois jours après sa mort, soit dès que ses cendres furent éparpillées. C’est à ce moment précis que Dieu songea à réunir l’aéropage des dix comiques que notre bon Polonais avait adulés au cours de sa brève existence. L’un d’eux n’était pas mort. C’était Jerry Lewis. Mais qu’à cela ne tienne : Dieu lui fera faire un voyage austral, le moment venu.

Troisième partie

Quand l’âme toute modeste de Pétrov se présenta au Paradis, une joyeuse bande de lurons sa trouvait déjà sur place pour l’accueuilir.
Le premier à le faire fut Louis de Funès, avec la panoplie des clins d’œil qu’il avait faits à l’agent de police pour lui signaler le danger qu’il était en train de courir, dans l’une des nombreuses séquences tordantes du film Rabby Jacob.
Olivier Guimond s’avança ensuite, en titubant légèrement, feignant d’être ivre, avec cette fameuse grimace qu’il savait si bien faire, une cigarette de travers dans le bec.
S’amena ensuite le duo Laurel et Hardy, bras dessus bras dessous, en fredonnant l’air qui ouvrait chacun de ses films. Vous vous rappelez ? C’est moi, Laurel… c’est toi, Hardy !
Apparition soudaine d’un clown céleste : Red Skelton, cheveux roux, un nez tout rouge, des yeux bleus et mouillés à vous transpercer le cœur.
Avec ses yeux ronds et son air de gamin éternel et perdu apparut derrière l’ineffable Mister Bean.
Sortant d’un nuage s’avança par la suite Fernandel, avec son grand sourire fendu jusqu’aux oreilles pour laisser se découvrir des dents de cheval.
Le huitième fut Buster Keaton, le visage renfrogné, son chapeau plat sur la tête, ses grands yeux de poisson mort. Le plus triste clown que l’on ait jamais vu, mais le plus génial !
Et puis au loin, en retrait, la démarche déhanchée d’un vagabond céleste : Charlot — nippes sur le dos, chapeau melon sur la tête, sourire timide aux lèvres, la moustache frémissante, canne tournoyante à la main, baluchon de misère sur l’épaule —, qui s’approcha des autres.
Et enfin, le dernier mais non le moindre : Jerry Lewis, arrivé en retard. Il surgit en coup de vent, éternel adolescent boutonneux, éclatant d’un éclat de rire si puissant qu’il chassa quelques nuages autour d’eux. Pétrov se tordait de rire.
Il crut un instant être dans un rêve. Mais, quand il vit la lumière incandescente qui enveloppait tous les invités de Dieu, dans un décor d’une telle féerie qu’on ne saurait d’aucune façon décrire, il revit en esprit le moment où un trapéziste lui était tombé dessus, le tuant net, son corps ayant toutefois servi de bouclier pour sauver la vie de l’autre, qui en avait gardé une certaine infirmité.
C’est alors que Dieu s’approcha de Pétrov. Dieu n’avait pas à proprement parler de visage ni de forme. C’était plutôt une présence, qui dégageait une chaleur douce et pénétrante, que l’on percevait par l’esprit. Une sorte d’aura magnétique d’une puissance fulgurante.
Quant aux acteurs qui l’entouraient avec des blagues et des rires, ils avaient tous cependant un corps et un visage réels. Ils étaient tous comme il les avait déjà vus au cinéma. Un phénomène semblable à celui que l’on rencontre dans nos rêves : rien n’est palpable, mais tout est visible. Il était en communion avec leur esprit. Il pouvait les voir, les entendre, leur parler, mais c’était comme dans une représentation mentale.
— Que diriez-vous, demanda Dieu à tout le monde, de participer à une création collective ? Cela fera certainement plaisir à notre ami Pétrov,
— J’ai une idée, dit Red Skelton.
— Moi aussi, surenchérit Charlie Chaplin.
Enfin tous avaient leur petite idée. Dieu dut les interrompre, car ils parlaient tous en même temps.
— Chacun peut avoir une idée. C’est le concept même d’une création collective. L’important est de trouver un fil conducteur.
Or, comme chacun des grands comiques avait pratiquement toujours travaillé en solo en étant l’auteur ou la tête d’affiche d’un scénario écrit par un autre, il leur fut difficile d’avoir une vue d’ensemble du spectacle à créer.
— Avec votre permission, messieurs, leur dit Dieu, j’ai une suggestion à vous faire. Laissons à notre ami Petrov le soin de trouver l’idée maîtresse. Moi, j’assurerai la mise en scène. J’enregistrerai tout et je ferai le meilleur montage de tout ce que j’aurai vu et entendu. En tant que comédiens, vous improviserez, bien naturellement. Il y aura une traduction simultanée pour les voix s’exprimant en français et en polonais.
Ils furent unanimes à trouver le plan génial.
— C’était mon rêve, dit Charlie Chaplin, de réunir dans un même film tous mes collègues comédiens.

Chapitre 4

Assis confortablement aux premières loges, entouré d’archanges, alors que le parterre s’emplissait d’anges et d’autres invités du Paradis — metteurs en scène, scénaristes et d’autres acteurs parmi les plus grands, dont Jean Gabin, James Dean et Peter Ustinov — Pétrov vit apparaître devant lui un vaste décor. C’était l’enceinte où se tiennent les grandes assemblées de l’Organisation des Nations Unies.
L’idée était d’y mettre en présence dix sommités mondiales qui devaient solutionner les grands enjeux de la planète Terre.
Les États-Unis étaient représentés par Buster Keaton, concerné par la question des armements nucléaires; le Canada par Olivier Guimond, responsable du dossier de la paix dans le monde; la France par Fernandel, porte-parole des droits et libertés de l’homme; l’Angleterre par mister Bean, porte-parole des affaires religieuses et ethniques; Israël par Jerry Lewis, qui devait débattre des questions raciales; la Chine par Louis de Funès, qui devra se démêler avec les questions relatives à l’économie mondiale; le Tiers-Monde par Charlie Chaplin, qui parlerait au nom des pauvres et des persécutés. Pour Laurel et Hardy, Dieu avait suggéré la défense la cause des femmes et des droits de l’enfant et de la personne âgée.
Dieu avait confié à Petrov un rôle d’invité d’honneur qui pouvait à tout moment intervenir et qui pouvait aussi s’entretenir avec ses confrères, depuis sa loge, de l’écologie, de l’avenir de la planète et du destin de l’homme.
Chaque acteur pouvait garder les caractéristiques les plus reconnaissables de leur marque de commerce à l’écran. Et il n’en tenaient qu’à eux d’être drôles ou sérieux.
Devant eux, tous les sièges étaient occupés. Plus d’un million de personnes, parmi lesquelles on pouvait aussi reconnaître des politiciens : Churchill, Charles de Gaule, Adolf Hitler, Staline, Abraham Lincoln, Mao, Lénine, René Lévesque et John-F. Kennedy notamment.
L’heure était venue de commencer. Il y eut un long silence qu’allait briser Pétrov, vêtu de son habit de clown. À la surprise générale, même de Dieu, il s’avança vers la tribune, après avoir trébuché sur un fil invisible. Une culbute foudroyante, involontaire, qui déclencha une tempête de rires. Il pensa aussitôt à un clin d’œil de Dieu. L’assemblée de ses confrères autour de la grande table était restée muette.
Retrouvant sa dignité, il s’approcha du micro installé devant lui.
— Dans ce monde merveilleux que les hommes ont rendu invivable, notre mission a toujours été de lui apporter un certain confort avec nos blagues et nos pitreries. Mais, qu’y avons-nous changé, mes frères ?
— À en rire, répond Jerry Lewis.
— À s’en contrefoutre ! d’ajouter Louis de Funès, en bon Français qu’il était.
— À s’en détacher, dit Charlie Chaplin.
— À le rendre absurde, de conclure Buster Keaton.
Ptrov réfléchit un instant.
— Alors, nous avons raté notre mission.
— Je ne crois pas, de lui répondre Mister Bean. Nous avons soulagé bien des gens, effacé bien des peines. Nous avons fait sourire des gens qui avaient le cœur morose et triste.
— Plus ça va mal, plus il y a d’humoristes, crut bon de confirmer Olivier Gimond. Au Québec, où l’on compte six millions de francophones, on compte les humoristes à la pelle. Il n’y en a jamais tant eu. Ce n’est pas pour rien .
— Les films de comédie sont légion aux États-Unis, de surenchérir Red Skelton. Il en est ainsi des séries d’humour à la télévision.
Dieu se frotta les mains, trouvant que le débat devenait de plus en plus intéressant.
Pétrov, après une courte pause :
— Il est quand même curieux de constater que l’humour est plus manifeste dans les pays occidentaux que partout ailleurs dans le monde. J’y vois là un paradoxe. En Afrique et dans certains pays de l’Amérique latine, par exemple, on ne doit pas rire souvent dans les chaumières.
— C’est qu’on a dans de nombreux pays des problèmes de survie, de dire Fernandel. Quand ils ne sont pas en guerre, les gens doivent lutter pour un morceau de pain, un verre d’eau potable, un toit de chaume sous lequel se protéger et dormir.
En se grattant la tête, Stan Laurel se dit en lui-même que le spectacle qui se déroule présentement ici est bien plus un forum d’idées qu’un spectacle de vaudeville ou de grand guignol.
— Comment peut-on être pris au sérieux quand on a une balle de ping-pong sur le nez, un chapeau melon sur la tête et des vêtements ridicules sur le dos ? dit-il en s’adressant à tout le monde et en se grattant encore la tête comme on l’a si souvent vu faire au cinéma.
Passant outre, comme s’il n’avait rien entendu, Charlot dit :
—Le fait est qu’en Occident, le rythme avec lequel nous vivons exige que l’on fasse quelquefois le vide. Les grandes questions de l’heure — sur-armement, écologie, terrorisme, pour nommer que celles-là — nous ont forcément poussé à nous réfugier consciemment dans l’humour, l’ironie ou la dérision, comme s’il fallait de cette façon désamorcer la pire bombe qui puisse se trouver en nous : la peur ! D’ailleurs, les médias l’alimentent tous les jours. D’où cette fuite vers l’avant, l’ailleurs. Ou la franche rigolade.
— Mais, ça n’a toujours rien réglé, persista à dire Pétrov.
Celui-ci, dont l’enfance avait été difficile en raison de la pauvreté de ses parents, que la Deuxième guerre mondiale avait cruellement éprouvés, faisant de lui un orphelin, ne lâchait pas prise.
— La situation s’aggraverait donc à l’échelle planétaire. D’après vous, quel serait le problème majeur, primordial, qui devrait être d’abord réglé ?
— J’entrevois de graves problèmes de famine, dit l’obèse Oliver Hardy. Il faudrait une meilleure distribution des richesses.
— Moi, de pauvreté, prophétisa Charlot. Et pour solution, un meilleur partage aussi de nos richesses.
— De déculturation, de dire Fernandel. Mais je n’ai pas la solution.
— De catastrophes naturelles et terroristes, prévoyait l’impassible Buster Keaton. Là non plus, je ne vois pas la solution.
Jerry Lewis s’est levé. Et on ne lui a jamais vu un air aussi sérieux.
— Le vrai et unique problème, proclama-t-il, découle du fait que la communauté humaine est divisée et qu’elle est soumise à une autorité universelle tout à fait secrète qui, depuis un demi-siècle, infiltre et manipule les gouvernements de tous les pays pour asservir leurs populations à son pouvoir absolu, lequel est uniquement fondé sur la puissance économique. Le pouvoir qui gouverne le monde est occulte. Voyez toutes ces sectes, ces familles puissantes, tels les Rotchild, la pègre italienne, ces organisations internationales, ces trusts pétroliers…
Petrov, qui avait décidément pris le plancher, souleva l’épineuse et ultime question.
— La foi en Dieu serait-elle perdue ?
— Pas du tout. C’est en nos institutions religieuses que nous ne croyons plus. Voyez la richesse du Vatican avec ses cathédrales, l’or de tous ces temples hindous ou musulmans, ces cas de prêtres pédophiles... Il en est de même de la non-confiance que nous portons à nos dirigeants politiques... Quand on rit aux éclats lorsque les humoristes osent s’attaquer à ces deux sujets, nous endossons volontiers leurs propos et leurs sarcasmes. Et si nous en rions, c’est pour ne pas en pleurer.
Cette dernière réplique, posée et réfléchie, était celle de Buster Keaton.
— Que doit-on en conclure ? demanda Jerry Lewis.
— Ne rien prendre au sérieux, dit Olivier Guimond, approuvé par l’ensemble de ses collègues. La vraie vie est ailleurs, ajouta-t-il pour mettre un point final au débat. D’ailleurs, nous le savons tous depuis que nous sommes au Paradis.
Et l’auditoire, sur ces dernières paroles, se mit à applaudir à tout rompre, ravi par le spectacle visuel autant que par la qualité des propos échangés.

FINALE

De retour dans un autre paysage du ciel, qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais quitté, les dix collaborateurs spéciaux de Dieu firent une ovation à Pétrov. Dieu lui dit :
— C’était mon cadeau de bienvenue. Ma surprise.
Jerry Lewis pria ses semblables de l’excuser. Il devait retourner sur terre, ayant un téléthon à animer au profit d’enfants handicapés. Tous auraient bien voulu l’accompagner, mais Dieu s’opposa au projet.
— Il y aura toujours des gens comme vous sur la Terre pour accomplir ma volonté. Le rire est une grande consolation.
Dieu s’approcha du comédien américain, un Juif comme son fils Jésus, pour lui souhaiter un bon retour et pour lui dire qu’une place lui était déjà réservée dans son ciel.
— Mais, avant que vous ne partiez, j’aimerais vous remettre ceci. C’est l’enregistrement sur vidéocassette du spectacle. Les voix française, québécoise et polonaise ont été doublées en anglais. Vous en disposerez à votre guise, sachant que vous en ferez un bon usage pour le plus grand bien de l’humanité.

Chacun étant retourné dans son appartement céleste, Dieu se demanda si la prochaine fois il ne devrait pas inviter quelques grands philosophes, écrivains et poètes.
On venait de trouver là une autre explication à la création de l‘univers. Si Dieu l’avait créé, ainsi que le paradis, où le temps est souvent bien long, c’était pour ne jamais avoir à s’ennuyer.
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MessagePosté le: Dim 12 Déc 2010 - 13:10    Sujet du message: Publicité

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eysseric
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Inscrit le: 02 Déc 2010
Messages: 215
Taureau (20avr-20mai)

MessagePosté le: Lun 13 Déc 2010 - 18:43    Sujet du message: RIGOLADES AU PARADIS Répondre en citant

tel quel, j'ai eu du mal, désolée, bien que l'idée soit intéressante
mais ça m'a fait réfléchir, ce qui est plutôt bien... ça m'arrive rarement !
je te propose deux hypothèses d'écriture allant dans le sens d'une pièce de théâtre plutôt :
- une 1ère qui serait de faire que les clowns réunis illustrent par leur métier de clown les "théories" qu'ils énoncent, ce qui serait un travail de mise en scène plus particulièrement, le côté comique résidant dans le décalage entre les mimiques ou gestes et le texte pompeux
- une 2ème qui serait de passer les clowns, humoristes, chansonniers en tant que public, et quelques personnalités du monde politique, économique, artistique, sur la scène, chacune défendant son pré carré tel qu'on le connaît, sous les brocards et l'ironie du public, ce qui serait un travail beaucoup plus axé sur les rôles respectifs et la mise en pièces de la langue de bois
euh, t'as compris?
moi, pas tout...
bon allez, c'est pas grave, c'est pour le fun...
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René Berthiaume
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Messages: 84

MessagePosté le: Lun 13 Déc 2010 - 19:15    Sujet du message: RIGOLADES AU PARADIS Répondre en citant

MERCI POUR LES DERNIERS COMMENTAIRES. Pour Rigolades au paradis, ç"aurait pu être mieux fait. Pour Un destin fabuleux, le condensé est un résumé d'une histoire qui fait près de 300 pages. Enfin, pour RANTANPLAN, disons que je me suis amusé. Et pour finalement faire KO aux créateurs de la BD, l'idée me vient à l'instant d'écrire un nouveau chapitre sur ce que pourrait être l'enfance de quatre bébés Dalton. Si tu as des idées, elles seraient les bienvenues.
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Abdel
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Inscrit le: 08 Aoû 2008
Messages: 1 314

MessagePosté le: Lun 13 Déc 2010 - 21:43    Sujet du message: RIGOLADES AU PARADIS Répondre en citant

Je crois que ce procédé permet de faire passer ses idées et autres convictions, et les défendre aussi. Un peu comme les romans des philopsophes.

Je crois que ce texte est basé sur la contradiction et qu'il suggère d'aller chercher ces contradictions.

- Le choix des  grands comiques pour réfléchir sur les maux du monde, de façon bien sérieuse.

- Le fait qu'ils soient tous au paradis implique que tous les dirigeants malhonnêtes doivent être en enfer. Mais non, ils sont au paradis, y compris Hitler...

Remarquer que les hommes politiques présents ne prennent pas la parole ! Ils l'ont si tant prise pour rien sur terre !

- Le paradis, lieu intemporel de repos éternel  et sans "problèmes" une bonne fois pour toute, sert de lieu à discuter des affaires temporelles.

- l'enfer n'est nullement cité. Sa conception même est écartée car personne ne mérite d'y être. Comme l'enfer c'est les autres, il est présent partout sans l'être, même au paradis...

- Les affaires graves de la terre sont "discutées" au paradis et un messager va en informer les vivants  (Jerry  Lewis)

- Dieu est présenté comme n'ayant aucune prise sur la destinée de l'humanité. Celle-ci s'est mal débrouillée et on va lui délivrer, pour l'aider à s'en sortir, un "compte rendu" des cogitations des...grands comiques. Avec la perspective d'un autre compte rendu de poètes et philosophes.

- Deux langues seulement pour  transmettre ce "message": l'anglais et le français, avec la bénédiction céleste (et le chinois pour les 1,5 milliards de l'empire céleste ?)

- A croire finalement que tout est par la faute de Dieu, pour ne pas s'ennuyer.

Mais alors, si  le compte rendu "descendu" par Jerry  sauve le monde et que celui-ci règle  ses problèmes et grands maux, alors tout le monde va se retrouver au paradis jusqu'au dernier et il n'auront à discuter, en haut, de RIEN ! Il n'y aura pas de débats à transmettre à une terre devenue elle-même paradis ! Et les hommes des Dieux !

Finalement, il faut que l'enfer existe et que chacun assume ses responsabilités et que de funestes personnes comme Hitler ou Staline ne viennent pas nous emmerder en plein paradis...

Mais je dis tout ça à Pétrov bien sûr, à condition qu'il me prenne au sérieux ou que je le fasse rire. Ce qui sera un comble pour un comique.
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MessagePosté le: Lun 13 Déc 2010 - 23:33    Sujet du message: RIGOLADES AU PARADIS Répondre en citant

... ou alors, il faut que ni l'enfer ni le paradis n'existe si ce n'est dans notre imagination, ce qui n'est sans doute pas la moins crédible des hypothèses, mais bien sûr il y en a d'autres...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:11    Sujet du message: RIGOLADES AU PARADIS

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