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LES ÉLUS FONT LA NOCE

 
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René Berthiaume
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MessagePosté le: Sam 18 Déc 2010 - 11:04    Sujet du message: LES ÉLUS FONT LA NOCE Répondre en citant

Chacun d’entre nous, après sa mort, se retrouve au Paradis. Quand ce fut au tour de Paul et de Marie de s’y présenter, après avoir péri ensemble dans un tragique accident routier, ce fut pour y apercevoir d’abord, debout devant la porte, un vieil homme très digne à la longue barbe blanche.
Comme ll l’avait fait avant eux pour des millions de gens, il déclina son nom, expliqua son rôle et sa fonction, leur souhaita la bienvenue et leur fit part des règles d’usage et des règlements édictés par le maître céans de la maison, c’est-à-dire Dieu lui-mème.
Il leur demanda ensuite de se dévêtir, car au Paradis on vivait nu, comme Adam et Eve au début de la Genèse, dans l’Éden que Dieu avait créé spécialement pour eux. La nudité des corps était obligatoire pour une autre raison : c’était pour signifier qu’ici on était tous sur le même pied et qu’il n’y avait pas de distinction sociale, raciale, culturelle ni sexuelle. Et on pouvait tous, si on le désirait, retrouver ses vingt ans et l’éclat de sa beauté.
Deux anges prirent ensuite Paul et Marie sous leurs ailes pour les conduire devant une maison coquette qui sera désormais leur demeure. On y trouvait aussi à proximité un grand jardin où ils pourraient cultiver des légumes, si le cœur leur en disait. Car chacun était libre ici de travailler ou pas, de faire la farniente ou d’effectuer des voyages sidéraux. Les deux anges les conduisirent ensuite parmi une grande assemblée générale d’informations réservée aux derniers arrivants, alors fort nombreux.
Chaque jour débarquaient en effet au Paradis pas moins de 100 000 mille individus, et ce nombre ne cessait de croître d’une année à l’autre. Parfois même, ce chiffre explosait, quand se produisaient sur la Terre des guerres ou bien des désastres naturels.
Un grand archange, haut perché sur une tribune, répétait à la foule que chacun était libre de disposer de son temps à sa guise, et de faire l’amour avec la personne de son choix, à la seule condition de le faire avec des sentiments partagés fondésa saur l'amour.
À la suite de quoi, il leur faisait part du Programme des activités quotidiennes collectives : compétitions sportives, concerts gratuits à la belle étoile offerts par des orchestres formés d’anges et de chœurs de chérubins, qui interprétaient des œuvres des plus grands compositeurs terrestres connus.
Pour se nourrir et s’abreuver, on avait dressé de grandes tables où s’étalaient pains, fruits, viandes, poissons et des plats de toutes les gastronomies. Et les boissons avaient été remplacées par une seule et unique liqueur : le nectar.
On vivait dans une ambiance festiv’, entouré d’oiseaux exotiques et de parterres de fleurs odoriférantes et captieuses.
Si Dieu avait décidé que l’amour serait une préséance dans son Paradis, il en était ainsi de la paix. Aussi avait-il pris soin de séparer les Noirs d’avec les Blancs, les Palestiniens d’avec les Juifs et les musulmans des chrétiens. Il leur avait réservé d’immenses territoires pour que chaque peuple et chaque race puissent vivre dans l’harmonie sociale.
Il avait aussi aménagé un parc pour les bêtes domestiques et une jungle pour les animaux sauvages. Pour la faune aquatique, il avait mis à sa disposition un bassin aussi grand qu’un océan.
Dieu, dans sa grande mansuétude, avait octroyé à chacun le privilège de choisir l’âge correspondant à celui de ses plus belles années et, par conséquent, de choisir le visage et le corps qu’il aurait désormais. La plupart, bien sûr, optaient pour leur vingtaine. D’autres pour l’âge adulte. Plus rares, un million peut-être, pour leur soixantaine, l’âge auquel ils avaient déjà atteint une grande sagesse et, parce qu’ils avaient tout reçu de la vie, ils n’en demandaient pas plus.
À tous, Dieu prêtait alors volontiers oreille. C’était généralement pour lui demander encore une fois son pardon pour les fautes consciemment commises et les péchés involontaires qu’ils avaient pu avoir faits. Comme il était toujours partout, étant omniprésent, on pouvait le voir à tout moment; et si vous aviez observé toutes les consignes, il vous accordait à peu près tout ce que vous lui demandiez.
Paul et Marie ont eu le bonheur de revoir leurs parents respectifs, leurs grands-parents, des oncles des tantes, des cousins, des cousines. De nouvelles alliances familiales pouvaient ainsi se reconstituer.
On pouvait aussi croiser, au hasard de ses promenades, des stars de cinéma et des vedettes de la chanson. Elvis Presley était le plus couru par les femmes, et il était impossible à la fin de la journée de calculer le nombre d’autographes qu’il avait signés. La plantureuse actrice Marylin Munroe, même si elle s’était suicidée, était aussi fort populaire, celle-là auprès des hommes auxquels elle distribuait les baisers de sa main, car on lui avait interdit de le faire avec sa bouche. Les mâles, le sexe dressé, s’agglutinaient autour de sa personne comme des mouches, mais personne n’avait le droit de la toucher, et on comprendra aisément pourquoi. On eut par la suite l’occasion de voir la star américaine faire l’amour avec le célèbre chanteur de rockn’roll.
Elvis s’était mis à donner des spectacles et d’autres grands chanteurs avaient emboité le pas : Bécaud, Sinatra, Fer, Félix Leclerc, Brel, Édith Piaf, Pavoretti, John Lennon, etc.
Dieu, comme il se doit, avait un visage doux, bon, et des yeux bleus comme son firmament, naturellement, mais personne ne pouvait le toucher, car il était incorporel, tout comme les anges.
Ne pouvant connaître l’amour charnel entre les bras d’une fée, quand il était bien à l’abri des regards, il jetait sa semence à tous vents dans l’espace pour que naissent de nouvelles étoiles et, sur la terre, des arbres nouveaux et de nouvelles fleurs. Pour se reposer, Dieu dormait sur des matelas de nuages.
Ici, personne n’était jamais malade. Aussi on n’y trouvait pas d’hôpitaux. Dieu n’avait plus besoin de faire des guérisons. Il n’y avait pas non plus d’églises, de cathédrales et de temples. Et comme tout le monde était devenu honnête, il n’y avait pas de prison. Pas de maisons closes non plus. Dieu faisait face à une seule difficulté : comment satisfaire le besoin charnel que pouvait avoir un ado ?
Un jour, un gamin de 14 ans s’était approché d’un chérubin pour le séduire. Celui-ci l’avait repoussé gentiment, et lui avait suggéré de s’en remettre à Dieu, s’il avait des problèmes sexuels. Dieu lui avait alors dit que, s’il se montrait patient et chaste, il aurait à 18 ans entre les bras une femme pour le combler. Quatre ans plus tard, il lui présentait l’une des plus belles filles encore disponibles au Paradis.

Pendant ce temps, le bon Saint-Pierre, toujours fidèle à son poste, eut la surprise de voir lui apparaître une centaine de nonnes dans leur robe noire et leur capine. Il leur demanda d’abord de se déshabiller. Elles s’y opposèrent formellement mais, il fallait bien se conformer au règlement. Même les anges y étaient contraints, mais comme ils étaient tous asexués… Saint-Pierre leur dit qu’il fermerait les yeux, non sans raison, car leur nudité était désolante.
À leur entrée au Paradis, elles furent scandalisées et poussèrent les hauts cris de voir autant de corps nus qui se promenaient, davantage encore quand elles en voyaient enlacés se rouler dans l’herbe.
Elles tinrent assemblée et déléguèrent trois des leurs auprès de Dieu pour obtenir avant tout réponse à la question suivante : pourquoi avait-il permis qu’elles eussent autant d’épreuves. Elles avaient aussi deux requêtes à lui présenter : retrouver leur habillement terrestre et disposer d’une grande résidence pour continuer à vivre ensemble.
À la première question, Dieu avait répondu que là n’était point sa faute, mais bien celle de Lucifer, lequel avait été, en des temps lointains, son archange préféré, dont il avait fait le chef de tous les anges. Mais il était indiscipliné et rebelle, bien qu’il fut son plus brillant sujet. Lucifer exerçait une influence néfaste autour de lui et était mis au défi de déloger Dieu de son trône. Il avait fomenté un coup d’État, voire une révolution. Mais il échoua lamentablement. Dieu fut contraint de le chasser de son royaume, lui et les anges qui lui étaient resté fidèles. Ils étaient devenus des démons qui, pour se venger, envahirent la Terre pour y répandre le Mal qu’ils avaient créé. Dieu dut expliquer saix nonnes qu’il n’avait aucun pouvoir ni aucune autorité sur les anges.
La seconde demande des religieuses fut de réclamer une résidence assez grande pour les abriter toutes, habituées qu’elles étaient de vivre en communauté. Mais, il ne pouvait agréer à la dernière requête. Elles devaient se résigner à vivre nues. Mais il leur répéta qu’il avait le pouvoir de leur donner beauté et jeunesse. Quand elles apprirent la nouvelle, toutes les soeurs sans exception, surtout les plus âgées et les plus laides, poussèrent des cris de joie.
Tout le monde était heureux, libre. Et Dieu tenait dans ses mains la destinée de chacun comme si elle était un vase précieux. Dieu était fier de sa Création, de ses invités. Il en tirait orgueuil et vanité. Et c’était bien là son seul défaut, qu’on lui pardonnait… sans confession ni pénitence, bien évidemment.

Quand à son tour Caroline se présenta au Paradis, on lui redonna sa beauté d’antan et son ange gardien la conduisait jusqu’à Marie-Madeleine. Les deux femmes devirent aussitôt de grandes confidentes et amies, mais elles ne pouvaient s’aimer comme elles l’auraient souhaité. Un certain matin cependant, ne pouvant plus y tenir, elles s’enfuirent du Paradis. On les vit longtemps qui volaient, main dans la main, en direction de la planète Vénus, où elles pourraient s’aimer librement et à leur manière. Dieu encore une fois, devant tant d’amour, avait fermé les yeux.
Un jour débarqua au Paradis Poker, le bouledogue d’un précédent roman du même auteur. Et on l’avait conduit, après qu’il eut remercié son créateur de lui faire vivre encore d’incroyables aventures, dans un grand parc réservé à des chiens et des chats, où il renoua amitié avec Frisette, son grand et impossible amour.
Vinrent ensuite Joseph-Aimé Latour et d’autres personnages qui avaient été façonnés dans d’autres ouvrages par leur créateur, René Berthiaume, alias Auguste.
Les arrivées qui faisaient le plus plaisir aux enfants étaient les personnages des contes de fée : Cendrillon, Alice, le Petit poucet, Blanche-neige, le Petit chaperon rouge, etc.
Ce furent ensuite les arrivées successives, dans un intervalle de quelques années, de Sylvie, suivie d’Antoine puis de Félix et Mireille, et enfin beaucoup plus tard de Natacha.
Au bout d’un siècle, le Petit prince s’en fut voir Dieu pour lui demander une faveur spéciale : celle de retourner voir sa petite planète. Permission accordée. Félix s’y rendit donc pour aller voir sa petite fleur, encore intacte et toujours jolie, qui avait ajouté quelques pétales à sa robe pour accueillir son visiteur. Celui-ci l’avait cependant trouvée fort triste.
Il retourna au Paradis, pour prier Dieu cette fois de lui donner l’autorisation d’y déménager avec tous les siens. Permission encore une fois accordée. Prévenu par un ange, l’auteur du conte Le Petit prince, Antoine de Saint-Exupéry, transporta tout le monde à bord de son avion personnel. Après les présentations d’usage, le Petit prince prit en charge d’aller chercher la petite Marie, premier amour de son enfance; Natacha, le premier amour de son adolescence; monsieur de Saint-Ex, son bienfaiteur parisien; Me Sage; Jules (son premier ami, qui n’était plus paraplégique); et enfin l’archéologue Michel Chaloult, son père, qui ne tarda pas à se mettre à pied d’œuvre pour effectuer des premiers travaux d’explorations souterraines. Ils se fixaient donc à demeure pour l’éternité.
Quand l’envie les prenait de prendre des vacances, ils reprenaient la route du Paradis. Et Félix invitait alors des habitants du Paradis à se rendre les visiter sur leur planète pour y découvrir surtout la plus belle fleur qu’ils n’avaient encore jamais vue et qui avait retrouvé son sourire printanier.
De temps à autre, Félix écrivait de belles lettres qu’il envoyait, pliées en deux, comme des billets doux, qu’il lançait dans l’espace pour se rendre, transportées par des colombes, escortées d’éperviers, les déposer à la porte des gens de la Terre pour leur faire part qu’un monde merveilleux les attendait tous à la fin de leurs jours.
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MessagePosté le: Sam 18 Déc 2010 - 11:04    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 21 Déc 2010 - 22:59    Sujet du message: LES ÉLUS FONT LA NOCE Répondre en citant

J'ai eu un peu le tournis, mais ce n'est pas grave.

Participer à un rêve grandeur nature, c'est pas tous les jours.
Même "René Berthiaume, alias Auguste " était dedans. C'est vous dire la "véracité" de la chose.

En tout cas, je loue Dieu de nous avoir donné cette formidable force de l'imagination et du rêve. On peut distordre le temps et les lieux comme on veut. Mais pas à l'extrême quand même. Il faut rester dans les proportions du plausible, de l'agréablement irréel ou du comique renversant.

Il y a un peu de tout cela dans le texte, avec une projection de ses propres angoisses.
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