http://ecrire.clicforum.com 2011-07-26 Créations littéraires :: Chapitre III : noces de mariage
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Chapitre III : noces de mariage

 
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Abdel
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MessagePosté le: Mar 28 Déc 2010 - 02:06    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

(Un premier jet écrit en environ  quatre heures d'affilée sur word, sans grandes retouches.)

Chapitre III : noces de mariage


La fête du mariage battait son plein en cette nuit d'un samedi 1973. Touhchi avait loué les services d'un technicien radio  pour installer  deux énormes baffles sur le toit en tuile de la demeure familiale. On pouvait alors entendre de très loin  la musique châabi qui émanait d'un lecteur audio-cassette stéréo. Surtout le discours  de clôture qu'il avait préparé  et enregistré de sa propre voix, pour remercier les convives de leur présence .

Le domaine de presque un hectare était illuminé d'ampoules multicolores en rangées sur les deux allées des portes d'accès. Une grande tente caïdale fut dressée au beau milieu, éclairée à fond, avec le faste de son ameublement en tapis traditionnels et autres sédaris ou salons marocains, et services de thés étincelants.

 Mais elle ne constituait qu'un simple lieu de repos et palabres pour les invités, car la vraie fête se passait au vaste garage situé au coin et en face de la demeure de la mariée. Là, une troupe musicale de chikhates (de danse "orientale" typiquement marocaine) chantait et dansait sur des airs de chaâbi que répercutait un micro vers les grands baffles et vers toute la petite ville.

A l'entrée du domaine, une troupe folklorique du "haït" gharbaoui maniait ses tâarijas (gros tamtams porté à la main sur l'épaule). Une danse lancinante qui emportait une rangée d'hommes face à une rangée de femmes. On dansait en remuant les deux épaules à la fois, rapidement, et en tapant la mesure avec les pieds lorsque les deux rangées se rejoignaient de face.

Au milieu de tout ce tintamarre, Touhchi et Sfia étaient tranquillement assis dans un coin non éclairé du domaine, sous  les branches épineuses d'un acacia, lieu favori des siestes de Touhchi durant les canicules .

Ils observaient , accroupis et se tenant les mains, les visiteurs qui déferlaient sur les lieux et qui riaient de bon cœur. Ils assistaient à quelque chose qui au fond d'eux-mêmes ne les concernait pas, tant les liens affectifs qui les unissaient dépassaient ces cadres artificiels.

-         Mon chéri, dit-elle, surtout ne considère pas que tu vas te marier. Je suis pour toi et tu es pour moi pour l'éternité et peu importe ses solennités. Je ne suis pas ta femme mais ton amour.

Il n'en fallait pas plus pour que Touhchi versa une larme et déposa un baiser sur la main de sa future femme, en pensant justement à ce que lui disait son grand frère : "Tu vas être classé maintenant !".

Pourquoi diable lui avait-il dit cela ? Et pourquoi si tardivement ? Touhchi avait eu le sentiment de devenir bientôt membre d'une catégorie de gens "classés", ayant perdu leur liberté pour toujours. Il avait senti comme une coupure avec sa vie d'avant, tachée de trop d'indépendance, d'insouciance.

Touhchi découvrait une nouvelle étape de vie qui s'ouvrait devant lui, alors que ses 21 ans criaient de toutes leurs forces un besoin de plus de liberté de plus d'expériences en tout genre, féminines en particulier. Sa fragilité d'inexpérimenté fissurait la carapace de son assurance de façade et la fête du mariage l'exposait à une autre réalité qu'il n'évaluait pas à sa juste mesure.

Sfia avait décelé ces interrogations, cette angoisse, sur les traits et la voix de son bien aimé. Rien ne pouvait le calmer, le rassurer que sa voix douce et son contact tactile qui le ramenait à la douce réalité de l'amour.

Pourtant, Touhchi avait tout fait pour convaincre sa famille pour ce mariage. Il ne pensait pas au mariage en tant que tel, mais à l'union avec sa bien aimée, peu importait pour lui la perte de liberté, ou plus exactement il n'y pensait même pas. Ses grandes sœurs médisaient sans arrêt sur l'élue de son cœur, la taxant  de mœurs légères, citant des noms de jeunes voisins, allant même jusqu'à interpréter le fond noir sous ses paupières comme un signe d'être…enceinte !

Touhchi avait mené sa propre enquête dans tout cela, et il y avait à boire et à manger … On y reviendra.

Par ailleurs, devant le niet de ses parents, n'avait-il pas saccagé tout dans sa chambre ? N'avait-il pas taillé en pièces les beaux fauteuils qu'il avait achetés de sa bourse de  prof stagiaire ? N'avait-il pas menacé de mort toute personne qui l'empêcherait de se lier à sa bien aimée ? N'avait-il pas poursuivi l'un de ses frères aînés avec un gros gourdin si ce n'était l'interposition des témoins ?

Ce grand frère, à défaut de briser la volonté de Touhchi, s'était mis en tête de disperser toute fête et tintamarre qui viendraient à déranger sa quiétude .

-         Si tu amènes des troupes folkloriques, je les mettrais à la porte, menaça-t-il d'un ton autoritaire. En fait d'autorité, un simple chômeur qui terrorise sa famille à longueur de journée pesait assez lourd devant l'apport financier de Touhchi qui laissait la moitié de sa bourse à ses parents et même les frères et sœurs…

Les parents ne pouvaient rien devant ce dilemme : se soumettre à la raison du plus fort ou donner raison au bailleur de fonds. Toujours était-il qu'a défaut de lui briser les reins avec son gourdin, Touhchi espérait de tout son cœur que son terroriseur soit en "lieu sûr" chez les flics comme cela lui arrivait de temps à autre pour quelques broutilles, afin de fêter son mariage en toute tranquillité. Le hasard, bienfaiteur, exhaussa ses désirs. Les troupes ont pu venir sans inquiétudes.

Des voix interpellèrent les jeunes tourtereaux comme quoi il fallait se préparer pour se présenter devant les invités et procéder aux cérémonies. Sfia regagna son chez-soi pour se prêter aux mains expertes de la maquilleuse-habilleuse et Touhchi se confia aux bons soins de ses deux "ministres".

Dans la tradition, le marié est un sultan, le jour des noces. Il choisit deux "ministres" parmi  ses fidèles amis qui vont se mettre à sa droite et à sa gauche, muni  chacun d'un foulard qu'il va agiter sur la tête du sultan en signe de majesté et de grandeur, accessoirement d'adoucir la chaleur étouffante de l'endroit… Ils vont l'accompagner dans tous ses déplacements, sauf à la chambre nuptiale, of corse.

Touhchi fut habillé d'une belle Djellaba blanche et des babouches jaunes. Sa tête fut couverte par une sebnia (sorte de large fichu  brodé), si bien qu'il ne voyait que le bout de ses babouches. Ses ministres se chargeaient de guider ses pas. Et se fut la promenade en long et en large du domaine sous les ovations des convives et les youyous stridents des femmes.

Ensuite, le cortège se dirigea vers le garage où se trémoussaient les chikhates devant d'autres convives. On le fit asseoir au beau milieu où sa grande sœur était déjà là avec un plat de pâte de  henné .C'était assourdissant. Il ne distinguait que les jambes des danseuses et aurait bien aimé voir leurs corps en mouvements érotiques, vachement  suggestifs. Il regardait des bidons d'huile de cinq litres déposés au pieds des membres de l'orchestre et souriait d'un air entendu. L'orchestre avait exigé des boissons alcoolisées, en catimini, pour imprimer selon ces messieurs-dames une puissance à leurs chants et voix et de la vigueur dans les mélodies et les trépidations.  De la transe, quoi ! Ca se vérifiait : ils se démenaient comme de beaux diables en maniant leurs violons et tamtams avec une virtuosité violente et bien charmante.

Sa grande sœur ne cessait de lui enduire les paumes de henné. A un certain  moment, l'orchestre s'arrêtait pour laisser place à son chef qui quémandait à haute voix à l'assistance le dépôt de leurs cadeaux en liquide, selon une litanie mélodieuse dans laquelle revenaient  les termes :

 " ôôô  moulay le sultan , héééé, ôôô moulay le sultan, héééé  ; un cadeau de ton ami X,  d'ici jusqu'à Rabat (ou d'ici jusqu'à n'importe quelle ville d'origine de l'ami), cent dirhams que Dieu le rembourse ! "  Youuuu, youuuu, youuuu répondait en coeur  la gente féminine .

Et ainsi de suite, cents , deux cents dirhams selon les invités. Avec la même litanie, la ville d'origine, remerciements et remboursement par Dieu incha allah. Puis l'orchestre attaquait  une chanson avant de revenir à la litanie du henné.

Touhchi était fortement gêné et aurait préféré être sous terre à ce moment là. Jamais il n'aurait pu imaginer qu'on allait lui jouer ce sale coup de la cérémonie du henné. Un coup préparé par sa grande sœur sans lui en souffler mot, sans doute pour rafler la moitié de la mise devant lui qui ne voyait presque rien. Obliger de la sorte ses convives à déposer des cadeaux en liquide, quelle honte ! Certains allaient certainement regretter d'être venus . C'était comme leur demander le prix du spectacle ou du fastueux repas qui allait être servi. ! D'autant qu'il avait reçu des dizaines de chemises et cravates, de quoi s'habiller pour des années ! ce qui fut bien le cas.

Cette tradition  encore persistante ne plaît pas beaucoup aux convives, mais c'est un moyen pour permettre aux familles de récupérer un peu l'argent gaspillé sans compter. Toujours était-il que Touhchi voyait s'amasser les billets que sa sœur déposait   en face de lui dans une maydouna (large récipient tressé en oseille colorée, de l'oseille dans l'oseille…) mais par un tour de passe-passe le gros tas de billet devint un maigre tas, bien après le dîner au moment où certains amis lui demandèrent de prendre photos avec le récipient à billets. Sans caméra à l'époque, un jeune photographe irradiait des flashs lumineux à tous azimuts. De beaux résultats, noir sur blanc...

Bien tard, la mariée arriva, habillée en cendrillon, et embarqua avec Touhchi dans la voiture de son frère, voiture couverte de guirlande et autres bandeaux en couleur, puis une procession d'une vingtaine de voiture sillonna la ville, tous klaxons en action pendant au moins deux heures. Encore une tradition qui sévit toujours de nos jours et concourt à bloquer la circulation et certaines oreilles fragiles.

Une autre procession avait sévit durant le jour, comme le veut la tradition, en l'absence des mariés. Deux  carrosses, à deux chevaux chacun,  se sont promenés dans toute la ville. L'un transportait le groupe de chikhates et son orchestre, en plein chant et danse , un spectable ambulant gratuit offert par le marié, et l'autre les cadeaux du  mari  : la dot en nature (tissus et autres), (un gros bœuf à la traîne pour les plus nantis).

Le même jour un autre orchestre, à pied celui-là et composé de joueurs de ghaîta ( sorte de clarinette) et tambours, acheminait les cadeaux des voisins , un par un  de chez eux à chez le marié, sur un carrosse : des pains de sucre, des sacs de farine, des tissus…et même des moutons. Avec toujours une ou deux danseuses du ventre bénévoles pour amuser et charmer la galerie attroupée et suiveuse.

Vers quatre heures du matin, on introduisit enfin la mariée dans la chambre de Touhchi et on invita ce dernier à la joindre pour faire ce que vous savez. Des dizaines de femmes se tinrent au pourtour, en chuchotant et clignant de l'oeil, couvertes de la tête au pieds de larges tissus ne laissant voir qu'un oeil narquois, accroupies à même le sol et qui attendaient impatiemment le résultat  avec la soif de vampires : un tissu tâché de sang.

Touhchi était complètement assommé par les bruits, la fatigue, le stress…et les regards des vieilles mégères qu'il avait croisées assises en entrant. Quand il découvrit le visage de Sfia en levant son voile vaporeux, il eut un léger choc. La maquilleuse l'avait complètement transformée, c'était une autre fille et peu attirante avec ce fardage  à outrance. D'ailleurs, elle était, à vue d'oeil, aussi avachie que lui.

Ce soir là, Touhchi a eu beau gigoter, il ne parvint pas à honorer sa femme pour la première fois. Le désastre avait de beaux jours devant lui chez les vieilles mégères et les grandes sœurs…

(A suivre)
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MessagePosté le: Mar 28 Déc 2010 - 02:06    Sujet du message: Publicité

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Humphrey
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MessagePosté le: Mar 28 Déc 2010 - 15:33    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Je vais imprimer ça pour le lire à mon aise, mais une question me turlupine : pourquoi publier un "premier jet" ? Pourquoi ne pas d'abord le retravailler pour soumettre aux commentateurs un texte qui pourrait être fini ? Le premier jet n'est pas toujours le meilleur en écriture.

Moi, quand je lis "ce texte est un premier jet", je n'ai déjà plus envie de le lire, c'est psychologique.


Dernière édition par Humphrey le Mar 28 Déc 2010 - 18:40; édité 1 fois
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Abdel
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MessagePosté le: Mar 28 Déc 2010 - 16:21    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Un premier jet parce que le style est complètement différent des deux précédents chapitres et sans jeux de mots , parce que le narrateur devient le personnage qui dit tout, parce qu'il n' y a pas de suite logique avec ce qui précède.Et enfin parce que le contenu me parait banal.

Donc :

- je peux être amené selon vos avis à supprimer ce chapitre  et donc suivre le fil conducteur précédent ou,
- revenir à la cohésion du style "jeux de mots" ou,
- faire parler davantage Touhchi ou,
-faire supprimer le narrateur ou,
- continuer sur ma lancée et passer avec le même style à la suite des évenements en passant du coq à l'âne selon les cas saillants à raconter (le chapitre suivant serait consacré aux enquêtes de Touhchi, son impuissance passagère, l'appel au  sorcier pour s'en sortir, ensorceler son élue également, etc. Donc si ces histoires valent la peine d'être lues ou pas à la lumière justement du chapitre présent !!!)
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MessagePosté le: Mar 28 Déc 2010 - 16:35    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

N'oublions pas aussi qu'à part ta réaction et celle de Eysseric, je considère l'absence d'avis  des autres comme une légitime désapprobation de mon présent exercice d'écriture, ainsi que les rares autres textes.

Je ne suis pas obligé de m'exercer à écrire, je peux tout juste me complaire à décortiquer les textes des autres, ce qui me paraît bien plaire à ce que je constate. Si mes tentatives d'écriture  ne plaisent pas, le silence en est une preuve parlante, je ne vois pas de problème à ne plus jouer les apprentis sorciers de l'écriture.

J'écrirais là où "j'excelle" selon les avis concordants : le commentaire.
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Humphrey
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MessagePosté le: Mar 28 Déc 2010 - 19:08    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Que penser de ce texte ?

Ce n'est pas facile de répondre sincèrement, puisque je sais que l'ami Abdel risque de profiter de la première critique pour annoncer qu'il renonce à ses vélléités d'écrivain.

Tant pis, j'y vais quand même.

Pour moi, l'unique intérêt de ce texte réside dans la description qu'il donne des coutumes mariales marocaines. J'ai appris des choses que j'ignorais, et j'ai pensé au roman de Yasmina où un mariage (plus récent) est également décrit.

Mais contrairement au roman de Yasmina, ici je ne parviens pas à entrer dans la danse et à vivre le mariage avec les protagonistes. Tout me paraît distant, j'ai l'impression de lire un documentaire plus qu'un roman.

Le style n'est pas mauvais mais très inégal. C'est bien un premier jet, tout cela devrait être retravaillé. Il y a très peu de fautes d'orthographe - normal, c'est du Abdel quand même ! - mais j'ai noté une dizaine d'erreurs de français, principalement des problèmes de temps.

Certes c'est moins décousu que les premiers chapitres mais c'est aussi nettement moins drôle et nettement plus banal comme façon d'écrire.

Bref, je reste mitigé face à ces diverses tentatives. Je pense qu'il faut continuer à chercher le ton qui te convient, le ton "Abdel", qui ne plaira jamais à tout le monde bien sûr, mais qui aura le mérite d'être unique. Renoncer complètement à l'humour ne me paraît pas une bonne idée, mais je peux me tromper.

Maintenant j'espère que tous les autres membres vont lire ce texte (et les chapitres précédent également) et donner leurs commentaires avec la même sincérité.
Abdel mérite bien ça !
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MessagePosté le: Mer 29 Déc 2010 - 00:08    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Décidément j'aime beaucoup Touhchi et le regard qu'il porte sur la vie, la sienne bien sûr, mais pas seulement. La dérision et le dérisoire (le sexe des mouches...) permettent de dire des choses très profondes.

Ce nouveau chapitre en effet n'a rien à voir, dans le style et la forme, avec les deux précédents.
Comme Humphrey, je dirais que ça ressemble plus à un documentaire qu'à une partie de roman. L'humour de Touhchi eut été salutaire : il a sûrement son mot à dire sur toute cette tradition, à la fois plaisante et pesante. Le parti pris de traduire systématiquement les mots arabes dans le cours du récit gêne ma lecture; un système d'astérisques avec renvoi en bas de page est moins dérangeant. Je continue de croire que le contexte permet de "deviner" de quoi il s'agit et n'ai pas besoin d'en savoir plus, mais les puristes pourraient y trouver aussi leur compte.

Le dilemme est le suivant (à mon humble avis): garder le narrateur - qui, par ses interventions, permet d'introduire une certaine distance et de mettre en perspective - mais alors, quid de ce narrateur?
ou supprimer le narrateur et laisser Touhchi se débrouiller, mais le pourra-t-il? englué qu'il est dans le cul des mouches au vin aigre...
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MessagePosté le: Mer 29 Déc 2010 - 14:11    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Voilà deux avis qui me permettent déjà de me faire un début d'idée determinant sur mes exercices .

Merci du fond du coeur Humphrey et Eysseric !

J'ai besoin de deux avis supplémentaires au moins , si c'est possible et si ce n'est pas trop demander aux autres membres !
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MessagePosté le: Jeu 30 Déc 2010 - 02:43    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Chapitre III, suite et fin.
 
Je me suis allongé sur un seddari et laissé le lit nuptial à Sfia. A défaut de mes bras, elle était bientôt dans ceux de Morphée.
 
Tard dans la matinée, on frappa à notre porte. C'était la mère de Sfia accompagnée d'un vieux monsieur à barbe et djellaba blanches. Je fus interloqué car je le connaissais bien celui-là ! Mais lui semblait ne pas me reconnaître. C'était le fkih sorcier du quartier.
 
Au plus fort de ma passion pour Sfia et ne décelant que quelques rares signes d'approbation de sa part à l'égard de ma maladroite drague, je pris le parti de l'obliger à m'aimer en l'ensorcelant tout bonnement.
 
Cette idée "lumineuse" me fut inspirée par un jeune "concurrent" en matière d'amour de notre quartier. Nous étions trois "couples célèbres" en ce domaine. Le premier "couple" s'affichait en public et on ne ratait pas un jour sans les voir enlacés, à l'écart, sous un arbre. Le second, le nôtre, était nettement le plus romantique et le plus discret, le troisième était l'anti couple par excellence. Mon jeune ami ensorceleur aimait à sens unique et jamais, au grand jamais, il n'a pu approcher sa dulcinée. Il souffrait tout seul devant la compassion de tous .
 
Il m'invitait chez lui et me montrait des tas de livres de magie, des recettes abracadabrantes qu'il avait, affirmait-il, expérimentées, montrant des preuves à l'appui : du smak (encre noire spéciale pour la magie noire), des plumes à écrire en tête de roseau, des étuis en cuivre pour y mettre les talismans, un tas de poils de rats et autre bestioles et même des morceaux asséchés de crapauds. Il m'assurait avec le plus grand sérieux avoir appelé des Djins, les avoir rencontrés et avoir reçu des promesses de leur part de faire de leur mieux pour qu'elle vienne se jeter dans ses bras. Un brillant garçon, un matheux, que la passion avait rendu complètement siphonné.
 
Fort de ces "affirmations" de mon collègue en amour, je suis allé voir le fkih qui était accessoirement sorcier et principalement enseignant de coran aux gamins du quartier dans sa petite bâtisse tenue à l'écart. Un talisman en bonne et due forme me fut délivré (contenant des brins de cheveux de ma dulcinée que je n'avait pas manqué de ramener après les avoir arrachés à son insu) après les psalmodies d'usage, du charabia incompréhensible, et la remise d'une modique somme de dix dirhams. L'amour ne coûtait pas cher, surtout aux pauvres d'esprit. Il me conseilla de grimper sur un arbre et de nouer le talisman sur le bout d'une solide branche. "Comme cela, me disait-il, son cœur va battre pour toi à chaque coup de vent qui agiterait le talisman".
 
La cachottière Sfia, m'avait avoué, plus tard qu'elle m'aimait autant mais qu'elle ne pouvait pas le faire paraître pour moult raisons. Ce qui taillait en pièce ma conclusion que le talisman avait fait son effet. Allez savoir ! Je ne lui ai avoué mon "forfait" que bien plus tard encore et même l'endroit de l'arbre. Celui qui, plus tard, abritera les tombes de mes parents au cimetière. On ne manquait pas  de sourire à tous les coups tous les deux, malgré le "sérieux" des lieux, lorsque devenus mari et femme puis parents , nous rendions visites aux tombes de mes défunts.
 
 Sfia avait confiance en mon amour. Elle me savait l'avoir ensorcelée avec ou sans talisman. Je lui avais jeté un sort d'amour qu'elle avait saisi au vol pour me le renvoyer du tact au tact. Un contact et une (réciproque) électrocution  du tonnerre, bien plus puissant que celui de Brest.
 
La mine déconfite de la mère de Sfia me renseigna qu'elle était au courant de ma panne sèche, elle avait couru parmi  les commérages comme le fait une tache d'huile, à défaut d'autre chose, sur un tissu. Elle n'avait pas l'ombre d'un soupçon sur la santé  virginale de sa fille bien qu'entre mariage et premier contact, beaucoup de saisons pluviales avait inondé l'entourage. On avait pris exemple sur la pluie.
 
Le fkih baragouina son rituel de circonstance, atténuante pour moi, lut des trucs en silence en me tenant la tête et promit monts et merveilles.
 
Les monts ne s'entourèrent de merveilles que trois jours plus tard. Impossible pour Touhchi de faire du mal à l'être qu'il chérissait le plus au monde ( qui se réduisait au village) mais vous chassez de jour le naturel, il revient aux galopades de nuit. Les mégères vampires, qui avait veillé toute l'hypothétique nuit du crime eurent droit à leur tissu tacheté tant désiré, la mode ancestrale le voulait, et les grandes sœurs en eurent pour leur frais de médisance gratuite.
 
On promena, alentours, le trophée de ma victoire piteuse avec une troupe musicale et danseuses. La publicité devait se faire pour clouer le bec aux racontars, les rendre écarlates de honte d'avoir osé douté, et faire perdurer la barbarie .
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Humphrey
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MessagePosté le: Jeu 30 Déc 2010 - 13:44    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Je ne comprends pas bien le paragraphe qui parle de "trois jours plus tard" ? Qu'est-ce qui s'est passé alors pendant trois jours ? J'ai beau lire et relire, c'est confus (sans doute à cause de ma méconnaissance de votre culture, j'en conviens).

A part ça, cela reste du même tonneau que l'essai précédent. J'attends toujours le retour de l'humour Abdellien.

NB : "Je me suis allongé sur un seddari et j'ai laissé le lit nuptial à Sfia"
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eysseric
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MessagePosté le: Jeu 30 Déc 2010 - 16:02    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

il ne s'est rien passé justement
d'où la venue du fkih pour dénouer l'aiguillette
enfin c'est ce que j'ai compris

un peu plus d'humour que dans le passage précédent, mais il en manque encore, en effet

cela dit, c'est très intéressant sur le plan humain (les amours adolescentes...) et culturel (le poids de la tradition dans ce qui est d'ordre intime et privé...); j'aime bien la dernière partie de la dernière phrase... qui appelle la question logique que voici : pour tes enfants, restes-tu dans la tradition? (euh, tu as parfaitement le droit de ne pas répondre)
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MessagePosté le: Jeu 30 Déc 2010 - 16:29    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Humphrey, merci encore et encore.

Tu vois bien que je ne suis pas vexé par  tes commentaires attendus avec joie. Au contraire, je suis tout ouïe pour toute critique qui me fasse avancer.

Il ne s'est rien passé pendant trois jours puisque Touhchi ne peut pas faire du mal à Sfia. Mais même s'il chasse le naturel, il revient au galop.

Pour l'humour, je croyais en avoir distillé une dose. Il paraît qu'elle est insipide ou moins forte.

Pour l'histoire un peu "documentaire" , je suis conscient que je ne raconte pas une histoire à noeud, avec personnages clés, trames et rebondissements. Je crois avoir l'impression d'être devant l'antichambre d'une histoire, d'un roman.

Ce sont les premiers échauffement avant de trouver les moyens d'en faire une histoire. Un magma qu'il faut poser d'abord et remodeler ensuite, si j'en ai la capacité. Autrement, j'abondennerai le projet à contre coeur.
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MessagePosté le: Jeu 30 Déc 2010 - 16:50    Sujet du message: Chapitre III : noces de mariage Répondre en citant

Eysseric, merci infiniment de me prêter main forte à déblayer le terrain d'une histoire qui n'arrive pas à tenir les rails. Merci de me confirmer au moins l'importance de certains aspects que je sous-estime inconsciemment : les plans humain et culturel et leurs poids

Pour les trois jours sans rien, c'est en effet cela.

Pour l'humour, merci de confirmer qu'il faudrait y recourir, sans quoi ce serait encore plus plat que prévu.

Pour la tradition, si j'étais resté dans le petit village, le poids des "anciens" aurait pris le dessus. Heureusement que j'habite dans une grande ville depuis plus de trente ans, donc loin des vieilles mégères locales. Ma solution est en quelque sorte intermédaire : une bonne éducation respectueuse des traditions positives (préserver son honneur, respect des parents, respect de la parole donnée, respect des principes religieux les plus élémentaires) et respectueuse du développement humain (plus de liberté, ouverture sur le monde et l'entourage, éducation académique, habillement selon les tendances actuelles, liberté de mouvements et d'expression... dans le respect de sa dignité et de celle des autres). Chez moi, c'est toujours un auditorium à l'ancienne Rome où chaque membre est un orateur de talent qui essaie de convaincre avec son point de vue et est coinvaincu par les autres.

Parfois ça m'agace, mais on me répond : c'est ta faute papa, tu nous a habitué aux débats démocratiques.

Le premier mariage de mes enfants (une fille) n' a pas tenu compte d'une large partie de ces traditions pesantes, surtout celle dont on parle. Encore qu'elles persistent même en grande ville. Mais de moins en moins, c'est sûr.
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